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ÉducationSécurité

Insécurité/Afrique occidentale et centrale : plus de 12.400 écoles fermées l’an dernier

by Chiencoro 8 septembre 2022
written by Chiencoro 2 minutes read

L’insécurité persistante et croissante dans la région africaine du Sahel, dans le bassin du Lac Tchad et en République démocratique du Congo a contraint des milliers d’écoles dans huit pays d’Afrique de l’Ouest et centrale à fermer leurs portes ou à cesser de fonctionner, selon une organisation onusienne.  

« À la fin de l’année scolaire 2021-22, plus de 12.400 écoles ont été fermées au Burkina Faso, au Cameroun, en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo (RDC), au Mali, au Niger et au Tchad », a précisé le fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), dans un nouveau rapport publié le 7 septembre. Ces fermetures d’écoles en Afrique de l’Ouest et Centrale sont la conséquence directe de la recrudescence des attaques et des menaces de violence contre les écoles, les élèves et les enseignants dans toute la région.

« Soit les enseignants ont fui, ne laissant personne pour enseigner, soit parce que les parents ont trop peur pour envoyer leurs enfants à l’école ou sont eux-mêmes dans un processus de déplacement forcé à répétition vers des zones plus sûres », a indiqué le fonds onusien.

Le Burkina Faso en tête

C’est au total, 57 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes qui sont ainsi privés d’école dans ces deux régions. Ce qui  représente près d’un enfant non scolarisé sur quatre dans le monde. « Ce chiffre est d’autant plus alarmant qu’il représente le double de la part de la région dans la population mondiale des enfants de l’âge correspondant (6 à 18 ans – 12,05%) », a souligné l’Organisation des Nations unies.

Le Burkina Faso demeure le pays le plus touché, avec près de 4.258 écoles fermées. Il est suivi par  le Cameroun (3.285), le Mali (1.730), la RCA (999), le Nigéria (934), le Niger (890), la RDC (307) et le Tchad (10).

Le rapport onusien précise que dans les pays du Sahel central, Burkina Faso, Mali et Niger, les fermetures d’écoles attribuables aux attaques et aux menaces de violence ont été multipliées par six en un peu plus de deux ans à peine.

Les Nations Unies invitent les gouvernements, toutes les parties au conflit et la communauté internationale « à prendre des mesures concertées pour mettre fin aux attaques et aux menaces contre les écoles, les étudiants et le personnel scolaire en Afrique de l’Ouest et Centrale ».

C.D

8 septembre 2022 0 comments
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Goïta et Doumbouya
A la UnePolitique

Mali-Guinée : Goïta et Doumbouya regardent dans la même direction

by Chiencoro 8 septembre 2022
written by Chiencoro 2 minutes read

Animés par un élan panafricaniste, les présidents maliens et guinéens de la transition travaillent à redynamiser les relations entre leurs pays. Les deux chefs d’État regardent dans la même direction.

« Le Mali et la Guinée sont deux poumons dans un même corps », avait déclaré Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne et premier président de la Guinée indépendante. Un passage qui témoigne de la vitalité des relations de bons voisinages qui ont toujours existé entre ces deux États.  

Depuis leur arrivée au pouvoir, à travers des coups d’État, les présidents Goïta et Doumbouya travaillent à redynamiser cette relation historique, dans « l’intérêt de leurs peuples ».

L’élan panafricaniste  

« Avant la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations Unies, il y a ce qu’on appelle le voisinage immédiat. La Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal sont des pays à voisinage immédiat », a expliqué Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération internationale, de l’intégration africaine et des Guinéens de l’Étranger. Et de rassurer en ajoutant : « Les deux présidents veulent redynamiser, dépoussiérer ces relations et les mettre au service de nos peuples ».

Le 4 août 2022, au palais Mohammed V de la Guinée, cinq ministres maliens avaient pris part au Conseil des ministres, présidé par le colonel Mamady Doumbouya. Une session qui était placée sous le signe du renforcement de l’axe de coopération guinéo-malienne.

Les deux colonels à la tête de ces pays sont animés par cet élan panafricaniste. « Nos deux chefs d’État se situent dans l’héritage historique de l’engagement panafricain qui a été tissé entre nos deux pays », a précisé Addoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, lors d’une visite de son homologue guinéen au Mali, le 7 septembre, au palais de Koulouba.

Domaines de coopération

Si depuis 2012, des contingents guinéens participent aux côtés des militaires maliens dans la lutte contre le terrorisme, il convient de souligner aujourd’hui que la coopération entre les deux pays dans le domaine sécuritaire se renforce davantage. Ils se donnent la main en vue de mieux contrôler leurs frontières.

Les colonels Goïta et Doumbouya ainsi que les gouvernements maliens et guinéens ont donc la responsabilité de donner un contenu économique concret aux échanges entre ces deux peuples afin de permettre d’avoir des projets structurants, exhorte M. Diop.

Le diplomate guinéen rassure que d’ores et déjà il y a un immense chemin sur lequel les deux pays peuvent s’engager : les routes, les chemins de fer, les voies aériennes et même le transport fluvial.

Parmi les pays membres de la Cédéao, la Guinée était le seul à refuser de fermer ses frontières avec le Mali, lorsque celui-ci subissait les sanctions de cette organisation ouest-africaine.

Grâce à la vision de ces deux soldats, la Guinée et le Mali se réveillent et mettent en œuvre la volonté des pères des indépendances.

Chiencoro Diarra

8 septembre 2022 0 comments
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Collectif de la société civile burkinabè
Politique

Ouagadougou : un Collectif déclare la « mort de l’emblème français » en Afrique

by Sahel Tribune 7 septembre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Ce mercredi 7 septembre 2022, lors d’une conférence de presse tenue à Ouagadougou (capitale burkinabè), le Collectif des organisations de la société civile pour le Sahel (COSC-Sahel) a, à travers un coq agonisant, annoncé la « mort de l’emblème français » en Afrique, rapporte Faso7.

Pour annoncer ce décès, indique notre source, ce collectif de la société civile burkinabè a brandi la dépouille mortelle d’un coq, dont le plumage est peint aux couleurs du drapeau français.

« Le COSC-Sahel, présente au monde entier la dépouille mortelle de cet emblème qui se change en prédateur des emblèmes des pays africains », a déclaré Larda Lompo, porte-parole du collectif, en montrant un coq mort. Lorsque la France intervient dans la défense d’un pays africain, estime M. Lompo, son emblème (coq) change et prend le nom du prédateur de l’emblème du pays africain concerné.

Pour le COSC-Sahel, la « force d’entrée de la France en tant qu’État prédateur se trouve dans le nom qu’il donne » à ses forces d’intervention dans les pays africains. À titre d’exemple, le collectif cite notamment le cas de la Libye, avec « Harmattan », et celui du Mali « Serval et Barkhane ».

Au cours de cette conférence, faut-il rappeler, le COSC-Sahel n’a pas manqué de manifester son mécontentement face à la lenteur de la tenue de la réunion d’urgence du Conseil de Sécurité des Nations Unies, demandée par le Mali.

La Rédaction

7 septembre 2022 0 comments
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Mobilisation au monument de l'indépendance
Opinion

Patriotes, soyez bénis ! (Éditorial)

by Sahel Tribune 7 septembre 2022
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Défendre la patrie est un devoir sacré opposable à tous les citoyens. Les Maliens, dans leur écrasante majorité, sont admirables. S’ils ne s’étaient pas levés résolument, leur pays serait encore sous les rênes courtes et prédatrices des sectes politiciennes successives qui l’ont précipité dans un cul-de-sac d’une profondeur abyssale d’où il n’aurait jamais pu remonter.

Pour ne considérer que la dernière oligarchie carnassière qui a fait saigner la patrie plus que tout, non seulement nous risquions tout ce qui restait de notre pays, mais il était fort probable que le nom Mali devienne même une pièce à rechercher dans les musées de l’histoire, en dépit du glorieux empire qu’il a incarné. Dieu merci, les Maliens ont l’amour de leur pays vissé à l’âme. Le pronunciamiento du 18 août 2020 leur a permis, depuis deux ans, à reprendre l’initiative historique inscrite dans l’exigence de recouvrer la souveraineté totale et entière de leur pays. La marche est irrésistible, on le voit à longueur de temps, malgré les crocs-en-jambe sans fin.

Bonne nouvelle pour une école performante

L’Armée nationale a relevé la tête, elle se dote régulièrement d’équipements efficaces propices à l’accomplissement de ses missions de défense du territoire, des populations et de leurs biens; elle traque les forces du mal, qui voient le spectre de leurs crimes se rétrécir. Le Mali s’est doté d’une vraie école de guerre, d’un hôpital militaire haut de gamme en construction.

Dans cinq ans, nous aurons notre Complexe numérique à Dialakorobougou et il sera comme la Silicon Valley, en tout cas pas si loin. Pour la première fois, nous allons disposer d’une société pour la recherche et l’exploitation des ressources minérales de notre pays, avec la particularité de l’État comme actionnaire unique. Le 11 mai 2022, le conseil des ministres a annoncé l’audit des mines du Mali, qui permettra à l’État d’empocher désormais des milliards qui lui échappaient du secteur durant des décennies.

Quant aux examens du DEF et du Baccalauréat de cette année, ils ont donné l’occasion de savoir que les fraudes en milieu scolaire ne sont pas des monstres invincibles, bonne nouvelle pour une école performante apte à produire des citoyens bien formés et moralement aptes.

A la fois de l’Économie et des Finances

Ce n’est pas tout, mais la liste ne peut pas être exhaustive. Malgré un embargo injuste, illégal, illégitime, cruel et criminel qui lui a été imposé par les instances sous régionales, africaines et internationales, le pays n’a pas croulé, preuve de la résilience des nôtres. Bref, l’avenir, si les tendances actuelles sont maintenues et renforcées en dépit du rebondissement cyclique des tares d’hier, s’annonce radieux.

Pour en arriver à ces bons comptes, il a fallu l’émergence des patriotes que le Ciel en sa magnanimité a permise pour sauver le pays martyrisé. De jeunes officiers, conscients de leur devoir, témoins sur les théâtres d’opération des perfidies multiples et inadmissibles des cliques de gouvernants inconscients, ont pris les rênes de l’État. Mais l’affaire n’est pas que militaire. Des patriotes de bonne moralité ont fait preuve d’intelligence et d’engagement.

Gouverner, c’est prévoir, c’est aussi agir pour préserver les intérêts de la patrie. Dès que les premières opérations militaires d’envergure ont commencé contre les terroristes couverts par l’ennemi pour, dit-il, nous sortir des difficultés, Alousséni Sanou, ci-devant ministre de l’Économie et des Finances, avec l’intelligence du banquier, a vu venir les sanctions. Il a conséquemment réussi à retirer une importante partie de nos avoirs à la BCEAO. L’on comprend pourquoi, le 10 juin dernier, au cours de l’enregistrement de l’émission « Mali Kura Taasira« , Dr. Choguel K. Maïga, a dit de lui que c’est la première fois dans notre pays qu’un ministre chargé de ce portefeuille fait à la fois de l’Économie et des Finances.

« Plus dures seront les épreuves »

Hommage singulier qu’il convient de relever. Le ministre Sanou, qui a réussi à épurer les créances du Mali vis-à-vis des débiteurs moins de 45 jours après la levée des sanctions, se trouve présentement à Lomé avec Abdoulaye Diop, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, dont les prouesses ne tiendront dans ce modeste éditorial, afin de lever des écueils que posent la BCEAO et l’UEMOA à certaines de nos opérations financières.

On peut multiplier les bons exemples avec les ministres Sadio Camara, Lamine Seydou Traoré, général Daoud, etc. Patriotes maliens, soyez bénis ! Le Mali vaincra, nous dit dans cette édition le colonel à la retraite Ousmane Bakary Diarra, patriote jusqu’à la moelle de ses os. Mais il nous dit ceci : « Retenons toujours que plus notre peuple s’approche de la victoire, plus dures seront les épreuves ».

Amadou N’Fa Diallo

Source : journal Le National, n° 483 du mercredi, 07 septembre 2022.

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Situation des PDI au Burkina Faso, après l'attaque de Seytenga
Sécurité

Burkina Faso : 35 civils tués dans l’explosion d’un engin artisanal

by Sahel Tribune 7 septembre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le lundi 5 septembre 2022, une attaque visant un convoi de ravitaillement dans le nord du Burkina Faso, a fait 35 morts et 37 blessés (tous civils), annonce le gouvernement burkinabè.

Il s’agit d’un convoi, accompagné d’une escorte et se rendant à Ouagadougou (capitale burkinabè), qui a été frappé entre Djibo et Bourzanga, dont un des véhicules a sauté sur une mine artisanale, précise-t-on.

« Cette énième attaque lâche et barbare est la preuve que nous devons continuer le combat contre tous ceux qui refusent la main tendue », affirme dans un message de compassion, le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président du Faso.

Toutefois, le chef d’Etat burkinabè indique avoir « la ferme conviction » de pouvoir convaincre, dans les meilleurs délais, tous les combattants qui hésitent encore à franchir le pas, et à faire confiance à l’État. Un appel qu’il avait lancé à l’endroit de ceux-ci, dans son adresse à la Nation du 4 septembre dernier.

Pour rappel, depuis 2015, le Burkina Faso est la cible d’attaques terroristes, qui ont fait de nombreuses victimes et de milliers de déplacés, selon les autorités burkinabè.

La Rédaction

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Emmanuel Macron en Algérie
Politique

Vers une réconciliation franco-algérienne ?

by Sahel Tribune 6 septembre 2022
written by Sahel Tribune 9 minutes read

La visite du président Macron en Algérie du 25 au 27 août 2022 a eu pour but de reconstruire du lien avec ce pays qui occupe une place à part dans l’histoire française.

La relation bilatérale s’était en effet nettement dégradée ces dernières années, en dépit des nombreux gestes mémoriels accomplis par Paris à la suite des préconisations du rapport Stora, la France ayant notamment reconnu des faits de torture et de disparitions forcées pendant la guerre d’Algérie, ainsi que le massacre des Algériens à Paris lors de la manifestation du FLN du 17 octobre 1961.

Cette dégradation s’expliquait notamment par des propos tenus par Emmanuel Macron le 30 septembre 2021 sur l’inexistence de la nation algérienne avant la colonisation française, qui avaient entraîné le rappel de l’ambassadeur algérien à Paris pendant plusieurs mois et l’interdiction du survol du territoire algérien par les avions militaires français pour se rendre au Mali ou au Niger.

Il reste que la France et l’Algérie ont toutes deux intérêt à protéger cette relation privilégiée.

Une émancipation partielle de l’Algérie vis-à-vis de la France

Rappelons d’abord que la perte d’influence de la France en Algérie est un phénomène que l’on observe depuis longtemps et qui n’est pas imputable au président Macron.

La France est depuis maintenant des décennies concurrencée en Afrique et, en particulier, en Algérie, par des puissances émergentes. La deuxième puissance mondiale, la Chine, l’a supplantée comme premier partenaire commercial de l’Algérie. La Turquie s’affirme également en Algérie, elle qui est héritière de l’Empire ottoman, qui avait exercé sa domination en Algérie avant la conquête française en 1830. Quant à la Russie, elle est le principal fournisseur d’armes de l’Algérie depuis 1962. Mais elle vend aussi des armes au Maroc, notamment des chars et des véhicules blindés.

Les Français ont perdu de gros contrats. Suez ne gère plus l’eau à Alger. Aéroports de Paris a perdu le contrat de management de l’aéroport d’Alger, qui s’est récemment agrandi. La RATP n’est plus en charge du fonctionnement du métro d’Alger. Le français comme langue étrangère est également en perte de vitesse en Algérie par rapport à l’anglais.

Toutefois, l’Algérie ne peut se passer de la France et de l’Union européenne. Le pays subit actuellement un relatif isolement. Alger a quand même des alliés dans la région, notamment en la personne du président tunisien Kais Saïed, qui affiche de plus en plus son adhésion au nationalisme arabe. Mais elle voit d’un mauvais œil les ingérences en Libye de l’Égypte et des Émirats arabes unis, qui sont des soutiens importants du maréchal Haftar, très puissant en Cyrénaïque. L’Algérie est en effet trés soucieuse de protéger ses vastes frontières, et cherche à les défendre tout en maintenant sa doctrine traditionnelle de non-intervention en dehors de son territoire.

Son relatif isolement actuel a été suscité par les accords d’Abraham du 15 septembre 2020, qui ont entraîné une normalisation des relations entre Israël et certains pays arabes, dont le Maroc, qui a reconnu l’État israélien.

En contrepartie, les États-Unis ont reconnu la marocanité du Sahara occidental, ce qui va à l’encontre de la position de l’Algérie, qui soutient le combat du Front Polisario pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Madrid a également reconnu la marocanité du Sahara occidental, ce qui a fortement déplu à Alger qui a cessé ses livraisons de gaz à l’Espagne à travers le gazoduc Maghreb Europe, qui transite par le Maroc.

Alors que, du fait de la guerre en Ukraine, les livraisons de gaz russe aux pays de l’UE devraient baisser significativement, l’Algérie peut-elle prendre le relais de Moscou en la matière ? Pour l’heure, 8 % à 9 % du gaz consommé en France provient d’Algérie. Le gaz algérien arrive en France soit par gazoduc via des interconnexions gazières avec des pays européens, soit par transport maritime via le GNL (gaz naturel liquéfié). Un certain nombre de problèmes techniques doivent être réglés entre Français et Algériens pour permettre l’augmentation de ces livraisons.

Emmanuel Macron ne semble pas être un partisan du gazoduc Midcat,

qui relierait l’Espagne à la France et qui permettrait d’augmenter les livraisons de gaz algérien transitant actuellement par le gazoduc Medgaz. Une solution envisageable passerait par la construction d’un terminal flottant de gaz liquéfié au Havre. Les choses sont plus faciles avec l’Italie : Alger a augmenté ses livraisons de gaz aux Italiens via le gazoduc Transmed qui va de Hassi R’Mel en Algérie jusqu’à Bologne en transitant par la Sicile et la Tunisie.

Le rôle de l’Algérie dans le conflit malien et les intérêts stratégiques français

Le partenariat renouvelé entre la France et l’Algérie revêt dans ces conditions un caractère stratégique. Les Français ont besoin d’Alger du fait des enjeux sécuritaires de la bande saharo-sahélienne, surtout après le départ de leurs troupes du Mali dont la présence suscitait le rejet de l’opinion publique malienne.

En effet, Alger a patronné les accords d’Alger signés en mai 2015 entre le gouvernement algérien et la rébellion touareg de la Coordination des mouvements touaregs de l’Azawad, qui n’ont d’ailleurs pas permis de ramener la paix dans la région en raison de la prolifération des milices, de leur désarmement différé et de la distinction artificielle entre rebellions touaregs séparatistes et djihadistes.

Les Algériens entretiennent aussi de très bonnes relations avec la junte malienne au pouvoir à Bamako, qui est très hostile à la France, préférant les mercenaires russes à la force Barkhane.

Les Français ont besoin des Algériens pour redéfinir leurs relations avec le Sahel et ont un ennemi commun les djihadistes du GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), dirigé par le chef touareg radicalisé Iyad Ag Ghali, ancien milicien au service du colonel Kadhafi. Il a fait allégeance à Al-Qaida au Maghreb islamique, dirigée par l’Algérien Abou Oubaïda Yousef al-Annabi, un ancien du GIA (Groupement islamique armé). Iyad Ad Ghali s’est allié aux djihadistes peuls de la katîba Macina. Le GSIM, désormais actif dans le centre du Mali, avec des possibilités de frappe dans le sud du pays, représente une menace pour toute l’Afrique de l’Ouest où la France conserve des intérêts, et une menace moindre – pour le moment – pour l’Algérie.

Concernant l’approfondissement des relations économiques, l’Algérie est demandeuse d’investissements plus productifs des entreprises françaises et de transferts de technologies, notamment dans le secteur énergétique, dans le domaine des énergies renouvelables avec l’énergie solaire et dans les hautes technologies. Elle souhaite une diversification des investissements français en Algérie.

Le poids du passé colonial

Les relations franco-algériennes sont évidemment aussi une affaire intérieure en France. Emmanuel Macron a annoncé durant son séjour la transition vers une immigration algérienne choisie de travailleurs qualifiés et d’étudiants. Cette immigration choisie a déjà commencé dans les faits avec l’installation en France de nombreux médecins généralistes algériens et ingénieurs informaticiens issus de grandes écoles et d’universités algériennes.

Cette politique d’immigration sélective peut entraîner des effets négatifs pour le développement algérien du fait de la fuite des cerveaux qu’elle représente pour le pays de départ. Paris ne semble plus vouloir des anciennes migrations algériennes de travailleurs peu qualifiés. Pourtant, ces populations ont bien participé à la construction de la France depuis la Première Guerre mondiale jusqu’à nos jours.

Approfondir la relation franco-algérienne nécessite d’aplanir les maux hérités du passé colonial et de la guerre qui sont à l’origine de notre relation si forte et si particulière avec l’Algérie. Pendant sa visite à Alger, les présidents Macron et Tebboune ont annoncé la création d’une commission mixte d’historiens français et algériens pour établir ensemble les faits. À noter que le rapport Stora de 2021 ne recommandait que la nomination d’une commission d’historiens sur les massacres d’Oran, et pas une commission d’historiens compétente globalement.

Les travaux produits par cette nouvelle commission d’historiens, si elle voit effectivement le jour, pourraient légitimer la reconnaissance par la France des crimes de la colonisation – même s’il est peu probable que le président français réitère les propos qu’il avait tenus en 2017 en tant que candidat, quand il avait évoqué les crimes contre l’humanité commis par la France en Algérie.

S’il refuse la repentance et ne veut pas prononcer les excuses officielles demandées par l’Algérie, une telle reconnaissance forte du passé par le pouvoir politique français, légitimée par un travail historique commun, pourrait toutefois être fondatrice d’une nouvelle relation avec l’Algérie, en levant les blocages à la coopération entre nos sociétés et en permettant aux jeunesses de nos deux pays d’envisager pleinement un avenir commun sans haine et sans rancune. Cette initiative est probablement une des dernières chances du président Macron, qui voudrait rester dans l’histoire comme le réconciliateur de la France et de l’Algérie.

Regarder la vérité historique en face, dans toute sa complexité

Si on ne peut que se réjouir de la prise de conscience du pouvoir politique français et algérien de la nécessité de passer de la mémoire à l’histoire, un processus d’ailleurs largement entamé dans les travaux de plusieurs générations d’historiens – qu’ils portent sur l’histoire des Algériens avant 1830, la conquête de l’Algérie, l’histoire de la colonisation française, la guerre d’Algérie et sa fin tragique avec les essais nucléaires français en Algérie, le massacre du 17 octobre 1961, l’abandon des harkis, les massacres d’Oran… –, une telle commission sera amenée à évoquer la douloureuse question des responsabilités étatiques au plus haut sommet de l’État.

Elle ne peut éluder la séquence de la fin de la guerre d’Algérie et devra affronter le regard de la statue de commandeur du général de Gaulle, le dernier grand homme d’État français du XXe siècle, sans oublier les non-dits de la mémoire officielle algérienne. Cette prise en compte globale de l’histoire franco-algérienne est indispensable pour deux nations condamnées dans tous les cas par cette même histoire traumatique à avoir un avenir commun.

Emmanuel Alcaraz, Docteur en histoire, Agrégé d’histoire géographie, Enseignant à Sorbonne Université, Chercheur associé à Mesopolhis(Sciences Po Aix UMR 7064)et à l’IRMC(Institut de recherches sur le Maghreb contemporain, CNRS), Sorbonne Université

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
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Damiba
Sécurité

Lutte contre le terrorisme : nouvelle structuration du dispositif militaire au Burkina Faso

by Bakary FOMBA 6 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Dans une Adresse à la Nation, dimanche 4 septembre 2022 à Dori, une localité à haut défi sécuritaire, le président du Faso, le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a fait le point de la progression dans la lutte antiterroriste au Burkina Faso.

Le Burkina Faso, à l’instar d’autres pays du Sahel, est confronté à un problème d’insécurité depuis plus d’une décennie. Pour lutter efficacement contre ce phénomène, le pays des « hommes intègres » envisage d’emprunter une nouvelle voie plus adaptée aux réalités du terrain. Il s’agit notamment de la mise en place d’une « nouvelle structuration » de son Armée. Le Lt-Col. Damiba annonce une réorganisation profonde du dispositif opérationnel de l’armée burkinabè, en vue de mettre en place un maillage territorial adapté à l’évolution de la menace terroriste dans le pays.

Dans son adresse à la Nation, consacrée au bilan des cinq derniers mois dans la lutte contre le terrorisme dans ce pays sahélien, le président Damiba a fait un diagnostic sans état d’âme de la Nation burkinabè. Il reconnait ainsi la responsabilité de tous, y compris de l’armée dans son délitement. « À commencer par nous, Forces de défense et de sécurité chargées de défendre le territoire et de protéger nos populations. Les divisions internes nous ont fragilisés. Certaines actions des nôtres ont malheureusement plus contribué à attiser le feu, plutôt qu’à l’éteindre », a-t-il déploré. Toutefois, le Lt-Col. Damiba rappelle à une prise de conscience collective et un sursaut patriotique des Burkinabè.

Poursuivre et intensifier les actions militaires

Cinq mois après le dernier discours, tenu le 1er avril dernier, les premiers signes de la restauration et de la refondation sont perceptibles, se réjouit le président Damiba. Pour preuve, Paul Henri Sandaogo Damiba cite entre autres, la multiplication des actions militaires offensives menées par les Forces de Défense et de Sécurité burkinabè et les VDP (les volontaires pour la défense de la patrie) au moral retrouvé. Selon ses précisions, l’acquisition d’équipements militaires performants a permis une désorganisation du dispositif de l’ennemi, réduit désormais à des actions d’éclat. Ce n’est pas tout. Le Lt-Col. Damiba souligne également le programme de démobilisation, déjà en marche.

Il s’agira notamment de poursuivre et d’intensifier les actions militaires, afin de réduire les capacités de nuisance des forces du mal. Toute chose qui permettra de « restreindre davantage et de façon décisive la liberté de manœuvre des groupes qui refusent toujours la main tendue de la Nation ».

Le Lt-Col. Damiba réitère son appel à tous les combattants qui hésitent encore à franchir le pas, et à faire confiance à l’État.

Pour rappel, ce discours, qui donne espoir à nombre de Burkinabè, s’est tenu à Dori, ville située au nord-est du Burkina Faso, dans la région du Sahel. Une localité prise en étau par les groupes armés terroristes.

Bakary Fomba

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