À Niamey, les ministres de la Culture du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont dressé un premier bilan de la Politique culturelle commune de l’AES, signée en février 2025 à Ségou. Qualifié de « satisfaisant », ce point d’étape porte notamment sur la circulation des artistes et des œuvres, les industries culturelles et créatives, ainsi que la valorisation du patrimoine et des identités sahéliennes. La rencontre confirme la volonté des trois États de faire de la culture un pilier de leur intégration confédérale.
C’est à l’Hôtel Radisson de la capitale nigérienne que se sont retrouvés, lundi 14 septembre, les ministres en charge de la Culture des trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES). La réunion, présidée par le ministre nigérien de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, a réuni son homologue malien, Mamou Daffé, ainsi que le ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Précédée d’une réunion d’experts tenue le 12 septembre, la rencontre a permis aux trois ministres, réunis à huis clos, d’examiner et de valider les travaux et recommandations issus de ces travaux techniques, avant de conclure la cérémonie par un échange de présents entre les délégations.
Cette réunion s’inscrit dans le suivi direct de la Politique culturelle commune de l’AES, signée le 4 février 2025 à Ségou, au Centre culturel Kôrè, par les trois mêmes ministères, alors représentés, côté nigérien, par le colonel Abdourahamane Amadou. La signature de ce texte, préparé lors d’un atelier technique tenu à Bamako en décembre 2024, s’était déroulée en marge de la 21ᵉ édition du festival Ségou’Art – Festival sur le Niger, couplée pour l’occasion au lancement de la toute première Semaine de la fraternité de l’AES, un événement ayant rassemblé plus de 400 exposants venus d’une trentaine de pays et environ 350 000 visiteurs sur la thématique « Diversité, paix et unité ».
Circulation des œuvres et industries culturelles au menu
Selon le communiqué diffusé à l’issue de la rencontre, les experts des trois États ont concentré leurs travaux sur plusieurs axes. La mise en œuvre opérationnelle de la politique commune, le renforcement de la coopération culturelle, la circulation des artistes et des œuvres entre les trois pays, le développement des industries culturelles et créatives, ainsi que la valorisation du patrimoine et des identités culturelles sahéliennes. Autant de chantiers qui recoupent directement plusieurs initiatives déjà engagées séparément par les trois pays ces dernières semaines, de la Foire des industries culturelles du Niger, elle aussi organisée cette semaine à Niamey, au futur Marché national de l’art contemporain prévu en novembre à Bamako, en passant par la Semaine nationale de la culture du Burkina Faso.
Le choix d’un bilan qualifié de « satisfaisant » par les organisateurs, sans plus de détails chiffrés rendus publics à ce stade, illustre la méthode désormais habituelle des trois États confédérés : mesurer, secteur après secteur, les progrès de leur intégration régionale, qu’il s’agisse de la culture, de l’économie ou de la sécurité, et en faire à chaque fois l’objet d’une communication institutionnelle coordonnée entre Bamako, Ouagadougou et Niamey.
La culture, troisième pilier assumé de l’intégration confédérale
Au-delà du seul contenu technique de cette réunion, cette rencontre confirme la place que les trois États de l’AES entendent accorder à la culture dans la construction de leur ensemble confédéral, aux côtés des chantiers plus médiatisés de la force militaire unifiée et de la banque d’investissement commune, tous deux mis en place fin décembre 2025.
Oumarou Fomba
