En 2024, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont marqué l’histoire : un premier sommet de l’Alliance des États du Sahel à Niamey, une visite stratégique d’Assimi Goïta en Chine, et des avancées sécuritaires et économiques majeures. Retour sur une année charnière pour le renouveau sahélien.
L’année 2024 s’achève sur un bilan riche en évènements pour le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ces nations sahéliennes, unies par des défis communs, ont su renforcer leur coopération régionale et leurs relations internationales tout en réaffirmant leur souveraineté. Entre réalisations diplomatiques stratégiques, succès économiques et avancées sécuritaires, elles ont jeté les bases d’un renouveau durable et ambitieux.
L’Alliance des États du Sahel : un premier sommet fondateur
Le 6 juillet 2024, les chefs d’État du Mali, du Niger et du Burkina Faso se sont réunis à Niamey, au Niger, pour le premier sommet de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce rendez-vous historique, intervenu après la décision des trois pays de sortir de la CEDEAO, a été une étape majeure dans l’intégration régionale de ces trois pays. Sous la présidence du général de brigade Abdourahamane Tiani, président de la transition au Niger, le sommet avait pour thème : « L’Alliance des États du Sahel : un espace souverain, de sécurité et de prospérité ».
Lors de cette rencontre, les dirigeants ont proclamé la naissance officielle de la Confédération des États du Sahel (CES), une structure visant à renforcer la coopération politique, militaire et économique. Cet évènement a confirmé la volonté de ces nations de bâtir une alliance durable pour répondre aux défis sécuritaires et promouvoir un développement inclusif. Des projets d’infrastructure régionaux ont également été annoncés, témoignant de l’ambition collective des trois États.
La visite d’Assimi Goïta en Chine
En septembre 2024, le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, a effectué une visite officielle en Chine. Arrivé à Beijing le 1ᵉʳ septembre, il a participé au 9 ᵉ sommet du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC), qui s’est tenu du 4 au 6 septembre 2024. Ce sommet, placé sous le thème « S’associer pour promouvoir la modernisation et construire une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de haut niveau », a rassemblé plusieurs dirigeants africains et chinois pour discuter de la coopération économique et technologique.
Lors de sa visite, le président Goïta a signé des accords majeurs avec la Chine, portant notamment sur des projets d’infrastructures dans les secteurs des transports, de la sécurité et de l’énergie. Ces partenariats stratégiques illustrent la volonté du Mali de diversifier ses alliances et de bénéficier de nouvelles opportunités de développement. Cette visite a également marqué un jalon dans les relations sino-sahéliennes, renforçant l’autonomie du Mali face aux pressions extérieures.
Réponse coordonnée et efficace à la crise sécuritaire
Sur le plan sécuritaire, 2024 a été marquée par des avancées significatives grâce à la coordination militaire entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso dans le cadre de l’AES. Les opérations conjointes, menées avec succès, ont permis de reprendre plusieurs zones stratégiques contrôlées par des groupes terroristes. Ces victoires ont restauré la sécurité dans des régions clés et redonné confiance aux populations locales.
La création de la Confédération des États du Sahel lors du sommet de Niamey a également renforcé la coopération militaire entre les trois pays. Cette structure a introduit des mécanismes de coordination plus efficaces et des partages de ressources, rendant leurs actions sécuritaires plus cohérentes et impactantes.
L’année 2024 a été marquée par des réalisations économiques majeures dans le Sahel, témoignant de la résilience et de l’ambition du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Malgré un environnement mondial complexe et des contraintes locales importantes, ces trois pays ont su investir dans des projets porteurs d’avenir, renforçant leur souveraineté économique et améliorant les conditions de vie de leurs populations.
Des avancées économiques porteuses d’espoir
Au Mali, les accords signés avec la Chine lors de la visite du président Assimi Goïta en septembre 2024 ont ouvert la voie à des projets structurants. Parmi ces initiatives, la construction de centrales solaires, dont les premières pierres ont été posées par le chef de l’État. Ce qui représente un tournant décisif pour le développement énergétique du pays. Ces infrastructures visent à réduire la dépendance du Mali aux énergies fossiles et à fournir une énergie propre et durable aux populations.
Parallèlement, des travaux de modernisation des infrastructures de transport ont été lancés, notamment la construction de routes reliant les zones rurales aux grands centres économiques. Ce qui devrait stimuler le commerce intérieur et faciliter l’accès aux marchés.
Au Niger, l’accent a été mis sur la valorisation des ressources naturelles, notamment l’uranium, qui constitue une source majeure de revenus pour le pays. Le gouvernement a négocié des contrats plus équitables avec des partenaires internationaux, permettant de maximiser les retombées économiques pour les Nigériens. Dans le même temps, un Fonds de solidarité a été créé pour soutenir les populations les plus vulnérables, affectées par les crises économiques et sécuritaires. De plus, le Niger a investi dans l’installation de centrales solaires à Zinder et Agadez, un projet ambitieux qui devrait fournir une énergie propre à des zones longtemps marginalisées tout en favorisant la création d’emplois locaux.
Au Burkina Faso, sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, des réformes institutionnelles ont été entreprises pour moderniser les administrations publiques et les rendre plus efficaces. Ces réformes ont été accompagnées d’investissements dans le secteur agricole, un pilier de l’économie burkinabè. Des programmes ont été mis en place pour soutenir les petits agriculteurs et renforcer la sécurité alimentaire, notamment par la construction de nouvelles infrastructures d’irrigation. En parallèle, la pose des premières pierres de centrales solaires dans les régions de Kaya et de Bobo-Dioulasso marque une avancée majeure vers l’autosuffisance énergétique et l’accès universel à l’électricité.
Visite à Sikasso et Bougouni
Ces avancées économiques, portées par des projets innovants et des choix stratégiques, reflètent une volonté commune des trois nations de bâtir un avenir plus résilient et plus prospère. Les initiatives dans les énergies renouvelables, les infrastructures et l’agriculture illustrent non seulement leur engagement en faveur d’un développement durable, mais aussi leur détermination à répondre aux attentes de leurs populations dans un contexte de transformation globale.
Le 22 juin 2024, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, s’est rendu à Sikasso pour poser la première pierre d’une université polyvalente. Un évènement qui marque l’engagement fort du Chef de l’État en faveur de l’éducation et du développement régional. Il faut noter aussi l’inauguration de l’échangeur de Sikasso ainsi que de plusieurs autres voies en plus du stade Babemba Traoré, rénové.
Par ailleurs, le 15 décembre 2024, le président Goïta a inauguré la mine de lithium de Goulamina, située dans la région de Bougouni. Cette mine, considérée comme l’une des plus grandes d’Afrique en termes de capacité de production, positionne le Mali comme un acteur clé sur le marché mondial du lithium, essentiel pour les technologies vertes et les batteries de véhicules électriques.
2024, une année de renouveau pour le Sahel
Au-delà des réalisations gouvernementales, les populations sahéliennes ont démontré une résilience exceptionnelle tout au long de l’année. Face à des conditions de vie difficiles, elles ont joué un rôle actif dans la mise en œuvre des projets de développement et la reconstruction des communautés affectées par les conflits.
Les jeunes générations se sont particulièrement illustrées par leur esprit entrepreneurial et leur engagement dans des initiatives locales, telles que la création de petites entreprises et des projets environnementaux. Cet élan populaire a été un moteur essentiel pour le succès des réformes engagées par les gouvernements.
Ces réalisations, portées par une vision commune et une résilience populaire, ouvrent la voie à un Sahel plus fort, plus uni et plus souverain. Si le chemin reste semé d’embûches, les fondations posées en 2024 laissent entrevoir une transformation durable pour cette région longtemps marginalisée.
Chiencoro Diarra






