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Vacances à Bamako : Pourquoi les bibliothèques restent désertes ?

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Les vacances scolaires sont souvent perçues comme une période de détente et de loisirs, mais pour beaucoup, elles représentent également une opportunité précieuse pour l’apprentissage et le développement personnel. À Bamako, plusieurs bibliothèques et centres de lecture jouent un rôle crucial en offrant des programmes spéciaux pour encourager la lecture et l’acquisition de connaissances pendant cette période. Notre équipe de reportage a sillonné quelques bibliothèques et centres de lecture de Bamako pour découvrir ces initiatives qui transforment les vacances en une opportunité d’épanouissement intellectuel.

De l’Institut français de Bamako en passant par la Bibliothèque nationale, l’École Normale Supérieure, et le Centre Djoliba, chaque établissement propose une variété de programmes innovants. Mais malheureusement, les lecteurs sont souvent peu nombreux à profiter de ces ressources et programmes. Les bibliothèques et centres de lecture offrent des ateliers, des lectures publiques, des clubs de lecture, et des formations, mais beaucoup de ces initiatives peinent à attirer une large audience. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : manque de sensibilisation, accessibilité limitée, et une culture de lecture qui pourrait être renforcée. Des campagnes de promotion et des partenariats avec les écoles et les médias locaux pourraient aider à améliorer la fréquentation et l’engagement.

Au Centre culturel français de Bamako, appelé aussi l’Institut français, ils sont de tous âges à venir profiter des diverses ressources et programmes offerts. Les enfants, les adolescents et les adultes fréquentent la bibliothèque pour découvrir de nouveaux livres, participer à des ateliers de lecture, et s’engager dans des activités culturelles. Les initiatives spéciales pendant les vacances, telles que les clubs de lecture, les séances de contes, et les cours de langue, attirent particulièrement un public varié, faisant de la bibliothèque un lieu incontournable pour l’apprentissage et la détente. Rappelant la citation de Nelson Mandela qui dit : « Une nation qui lit est une nation qui gagne », le responsable de la Médiathèque de l’établissement, M. Gabriel Annaye Togo, a souligné que l’importance de la lecture ne doit pas être sous-estimée. « Dans notre médiathèque, nous mettons en place plusieurs stratégies pour encourager la lecture. Nous renouvelons régulièrement notre collection avec des livres attrayants et actuels, en lien avec les sujets étudiés à l’école », confie-t-il, indiquant que les élèves et les étudiants sont ainsi incités à venir consulter ces ouvrages. « Nous avons également un site internet sur lequel nous présentons notre catalogue de livres, ce qui stimule l’intérêt des visiteurs et les encourage à se rendre à la médiathèque. », précise-t-il. 

Un refuge pour les amoureux de la lecture

Dans un monde de plus en plus dominé par les technologies numériques, les bibliothèques et centres de lecture offrent un refuge pour ceux qui cherchent à s’évader dans le monde des livres. À Bamako, plusieurs établissements se distinguent par leurs programmes innovants. Les bibliothèques et les centres de lecture du Mali proposent un programme estival riche en activités pour les jeunes et les adultes. Des ateliers de lecture, des séances de contes et des clubs de lecture sont organisés pour susciter l’intérêt pour la littérature. Un espace dédié aux enfants permet aux plus jeunes de découvrir le plaisir de la lecture à travers des animations ludiques et éducatives.

Au Centre culturel français de Bamako, nombreux sont les amoureux de la lecture qui y trouvent refuge. C’est le cas des sœurs Kipré que nous avons rencontrées. Pour elles, la lecture est importante, car elle permet de s’instruire, de découvrir de nouvelles choses et d’explorer de nombreux horizons. « Par exemple, les livres offrent une variété infinie de sujets, allant des cultures différentes aux contextes historiques. Il existe une grande diversité de livres, y compris ceux sur des cultures étrangères ou des genres variés. Les livres sont importants, et il est souvent préférable d’avoir un livre à la main plutôt qu’une tablette ou un téléphone », a indiqué Dorcas Kipré, lycéenne.

Sonia Kipré, étudiante, estime quant à elle que la lecture peut être à la fois divertissante et éducative. « Elle permet d’apprendre de nouvelles langues, de découvrir d’autres cultures, et de s’immerger dans des récits captivants, que ce soit à travers des romans ou des mangas. Pour les amateurs de lecture, cela permet de mieux comprendre des aspects culturels variés, comme la culture japonaise, et d’enrichir ses connaissances personnelles », développe-t-elle.

À la bibliothèque nationale du Mali, Amadou Traoré, étudiant, et Oumou Sidibé, gestionnaire, pensent que la lecture permet de s’occuper, de s’épanouir et de se former. Pour M. Traoré, la lecture, surtout pendant les vacances, est d’une grande importance. « Selon moi, elle permet non seulement de comprendre, mais aussi d’élargir ses horizons. En lisant, on voit comment notre réflexion peut dépasser nos propres limites. Ainsi, la lecture aide les étudiants à renforcer leur capacité à se ressourcer et à donner du sens au monde », explique-t-il.

Par ailleurs, Oumou Sidibé nous explique qu’elle n’aimait pas du tout lire. « Un ami m’a fait découvrir le plaisir de la lecture. Il m’a conseillé de m’y intéresser, et cela a coïncidé avec un projet que j’avais. Pendant la préparation de ce projet, j’ai commencé à lire et à me préparer. Maintenant, j’adore lire. Ces conseils ont été très bénéfiques. Avant, il était difficile pour moi de m’exprimer, mais plus maintenant », se réjouit-elle.

« Les Maliens ne lisent pas ! »

« Il est crucial que les parents et les enseignants incitent les enfants à lire en les orientant vers les bibliothèques et les centres de lecture. Un enfant ou un étudiant qui n’est pas guidé vers ces lieux aura du mal à développer l’habitude de la lecture pendant les vacances. Il est donc essentiel de créer cette habitude dès l’école et à la maison, avec le soutien des parents », exhorte Gabriel Annaye Togo du Centre culturel français.

Selon lui, son établissement a établi des partenariats avec plusieurs écoles. « Ces écoles empruntent des livres que nous leur fournissons, habituant ainsi les enfants à fréquenter la médiathèque même pendant les vacances. Les parents prennent alors le relais des enseignants en amenant leurs enfants à la médiathèque pour emprunter des livres », explique-t-il.

M. Diadié Koné, chef de division de la Bibliothèque nationale du Mali, déplore que les documents de son établissement ne soient pas exploités par les usagers. Pour lui, la principale raison pour fréquenter la bibliothèque est de réaliser des devoirs à domicile. « Certains y vont également pour préparer des cours ou pour effectuer des travaux privés, car ils ne peuvent pas se concentrer à la maison. D’autres fréquentent la bibliothèque non pas pour utiliser les ressources de la bibliothèque, mais parce qu’ils se sentent plus à l’aise dans cet environnement que chez eux, où ils ont du mal à se concentrer. Ils viennent alors utiliser leurs propres ordinateurs, livres, et autres documents, mais profitent de l’espace et du cadre propice au travail », regrette-t-il.

Pour Youssouf Magassouba, Enseignant à l’Ensup, département Langues (Anglais), tout le monde sait que le problème des Maliens, c’est la lecture. « Les gens ne lisent pas. Même si on distribue des brochures de 3 ou 4 pages, on constate que 80 % des destinataires ne les ont pas lues. Je ne comprends pas pourquoi cela se passe ainsi. Il y a donc un problème culturel, un manque de culture de la lecture dans ce pays », dit-il.

Au Centre Djoliba de Bamako, à part quelques retraités en pleine discussion, le réceptionniste, la secrétaire particulière du directeur général et quelques employés sous un arbre dans la cour, la bibliothèque reste inexploitée. Aucun lecteur n’était présent. Toutes les ressources étaient disponibles, mais il n’y avait pas d’usagers pour les exploiter. En tentant d’en savoir plus sur la faible fréquentation de la bibliothèque par les jeunes, l’administration n’a pas souhaité réagir en l’absence du principal responsable de l’établissement.

Les bibliothèques et centres de lecture jouent un rôle crucial dans le développement intellectuel et social des enfants et des jeunes, surtout pendant les vacances. Cependant, peu d’entre eux saisissent cette opportunité. Ces établissements, qui sont des havres de connaissance où la lecture et l’apprentissage sont encouragés dans un cadre ludique et éducatif, sont de moins en moins fréquentés par les enfants et les jeunes.

Ibrahim K. Djitteye

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