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Revitalisation de la culture malienne : Mamou Daffé au cœur de la refondation culturelle

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Depuis son arrivée à la tête du département, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, défend une approche où la culture devient un instrument de cohésion, de transmission et de développement. Cette orientation s’inscrit dans la vision du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, qui place les valeurs sociétales, l’identité nationale et la souveraineté au cœur de la construction du Mali nouveau. La culture apparaît ainsi comme un levier essentiel de cette dynamique.

L’Année de la Culture 2025 a constitué un cadre privilégié pour concrétiser cette orientation. À travers « Culture Mali 2025 », le ministère a engagé des actions autour des réformes, de la revitalisation culturelle des territoires, de la promotion des talents, du développement des industries culturelles et de la valorisation de l’image du Mali. Les États généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ont également débouché sur 89 recommandations destinées à refonder le secteur.

La culture au cœur de la refondation nationale

La revitalisation recherchée dépasse les manifestations artistiques. Elle concerne les langues, les récits, les traditions, les savoir-faire, les pratiques communautaires et les mécanismes de transmission. Dans cette perspective, le département accorde une place croissante aux valeurs endogènes. L’honneur, la dignité, l’intégrité, la solidarité, le respect de la parole donnée et le sens de la communauté sont remis au centre du débat sur l’avenir culturel et social du Mali.

Cette orientation explique l’attention portée aux légitimités traditionnelles. Chefs de quartier, autorités coutumières, familles fondatrices et détenteurs de savoirs sont considérés comme des acteurs essentiels de la transmission. Les échanges avec les Danbé Kolosibaw, la Fédération Lada Kôrô et les autorités traditionnelles ont permis de renforcer cette démarche. L’inauguration du Vestibule des Autorités et des Légitimités Traditionnelles de Ségou participe également à la reconnaissance de leur rôle dans la construction du Mali nouveau.

Des territoires remis au centre de l’action culturelle

La revitalisation passe aussi par les territoires. Avec Siguida-Nièta et les Initiatives locales de Promotion du Patrimoine, le ministère entend faire des collectivités des espaces de conservation, de création et de transmission. Les projets Faso Baro Kènè, Faso Sifinso et Danbedondaw vont dans le même sens. Cette démarche rapproche la politique culturelle des communautés et offre davantage de visibilité aux expressions locales, aux savoir-faire et aux acteurs culturels.

La promotion des talents constitue un autre volet de cette politique. Le programme Maliden Kura vise notamment à accompagner la création artistique et à mieux structurer les parcours. Parallèlement, le Plan Mama Dinga, ainsi que les orientations autour de MALIWOOD et MALIJAW, cherche à donner une dimension industrielle aux productions culturelles. L’enjeu consiste à transformer la créativité malienne en activité économique durable, capable de créer des emplois et de renforcer l’autonomie du secteur.

Patrimoine, création et rayonnement du Mali

Le patrimoine matériel bénéficie parallèlement d’une attention renouvelée. La revitalisation du Musée national du Mali vise à en faire un espace vivant de conservation, d’éducation, d’innovation et de dialogue. Les expositions, les activités pédagogiques et la valorisation des collections doivent permettre de rapprocher davantage les populations de leur patrimoine. La culture contemporaine trouve également sa place dans cette dynamique, avec le soutien aux artistes et aux initiatives favorisant la création.

La Biennale artistique et culturelle de Tombouctou a constitué l’un des temps forts de cette politique. La participation des régions et du District de Bamako a permis de mettre en avant la diversité des expressions maliennes. La tournée des lauréats doit prolonger cette dynamique dans les territoires. Le SIAMA, les festivals culturels et les initiatives de diplomatie culturelle contribuent également à renforcer le rayonnement du Mali et à soutenir ses créateurs.

De la renaissance culturelle à la souveraineté

La dynamique engagée se poursuit en 2026 avec l’Année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027, décrétée par le Président de la Transition. Elle offre un nouveau cadre pour renforcer la transmission des valeurs auprès de la jeunesse et consolider la culture comme levier de cohésion et de souveraineté. Le ministère travaille également à la structuration du secteur, au développement des partenariats public-privé et à la consolidation des réformes engagées depuis 2025.

Les prochaines échéances donnent une idée des ambitions affichées. Le Marché national de l’Art contemporain, prévu du 26 novembre au 5 décembre 2026 à Bamako, doit offrir une nouvelle vitrine aux artistes et contribuer à structurer le marché de l’art. La poursuite de la revitalisation des musées, la sauvegarde du patrimoine immatériel, l’implication des légitimités traditionnelles et la circulation des œuvres constituent autant de chantiers appelés à renforcer cette politique culturelle.

Au fil de ces différentes initiatives, le ministre Mamou Daffé cherche ainsi à installer la culture au cœur de la refondation nationale. De la sauvegarde du patrimoine aux industries culturelles, en passant par les territoires, les talents, les valeurs endogènes et les légitimités traditionnelles, son département multiplie les fronts d’action. Le défi reste désormais de consolider les acquis, d’assurer la continuité des programmes et de donner aux acteurs culturels les moyens nécessaires pour inscrire cette renaissance dans la durée.

Ibrahim Kalifa Djitteye

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