Home A la Une Or, lithium, uranium, phosphate : les richesses minières que l’AES veut désormais valoriser ensemble

Or, lithium, uranium, phosphate : les richesses minières que l’AES veut désormais valoriser ensemble

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Du Mali au Niger, en passant par le Burkina Faso, l’espace de la Confédération des États du Sahel dispose d’un potentiel minier et énergétique considérable. La première Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES, ouverte à Ouagadougou, met désormais sur la table un enjeu majeur : passer d’une exploitation principalement nationale des ressources à une approche davantage coordonnée, fondée sur leur sécurisation, leur transformation locale et une meilleure valorisation des retombées.

C’est par une coupure de ruban que le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a donné mardi le coup d’envoi de la première Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), couplée à la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (Samao), sur le site du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). La cérémonie s’est déroulée en présence des ministres en charge de l’Énergie, des Mines et du Pétrole du Mali et du Niger, ainsi que d’une forte délégation gouvernementale burkinabè.

« L’espace AES possède, à des degrés divers, de l’or, du lithium, de l’uranium, du fer, du phosphate, du pétrole et un potentiel énergétique important, notamment solaire », a résumé le chef du gouvernement burkinabè, avant de préciser ce qui constitue, selon lui, le véritable enjeu pour les trois pays confédérés : « les connaître, les sécuriser, les transformer et en répartir équitablement les retombées ». Cette énumération, loin d’être un exercice de style, correspond assez fidèlement à la géologie réelle des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont les sous-sols comptent parmi les plus richement dotés du continent.

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L’espace AES possède, à des degrés divers, de l’or, du lithium, de l’uranium, du fer, du phosphate, du pétrole et un potentiel énergétique important, notamment solaire

Un inventaire géologique impressionnant

Le Niger, à lui seul, se classe quatrième producteur mondial d’uranium avec environ 7 % du marché et détiendrait la sixième réserve mondiale de ce minerai, principalement concentrée dans le massif de l’Aïr. Le pays a déclaré, en 2025, un stock disponible de 1 800 tonnes d’uranium sous forme d’uranate, valorisé à environ 380 millions de dollars, ainsi que plus d’un milliard de tonnes de réserves de phosphate, dont 7,3 millions de tonnes rien que dans la région de Tahoua. Ses réserves de lithium, identifiées dans la zone de Téra, sont quant à elles estimées entre 300 000 et 350 000 tonnes. Une ressource stratégique pour la transition énergétique mondiale, à laquelle s’ajoutent des gisements de fer jugés par les autorités nigériennes susceptibles de compter, à terme, parmi les plus importants au monde.

Le Burkina Faso, quatrième producteur d’or du continent africain, tire aujourd’hui près de 20 % de ses recettes publiques du seul secteur minier, selon l’Institut français des relations internationales et stratégiques. Le pays dispose par ailleurs d’un potentiel gisement de manganèse jugé de niveau mondial, ainsi que de ressources en nickel, phosphate, fer, graphite, plomb et antimoine. Le Mali, de son côté, s’est imposé ces dernières années comme l’un des gisements de lithium les plus prometteurs du continent, aux côtés de réserves historiques de fer dans la zone de Kayes-Koulikoro, de manganèse près d’Ansongo et de phosphate dans la vallée du Tilemsi. À eux trois, les pays de l’AES avaient produit 126 tonnes d’or en 2023, selon les données compilées par Mines Actu Burkina.

De l’extraction à la transformation locale

Le mot d’ordre martelé par Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, « connaître, sécuriser, transformer, répartir », trouve déjà des traductions concrètes, bien qu’encore dispersées entre les trois capitales. Le Burkina Faso construit sa première raffinerie d’or, en partenariat avec la société Marena Gold, pour une capacité d’affinage annuelle de 145 tonnes. Le Mali a de son côté annoncé la construction de sa propre raffinerie d’or, avec des partenaires russes. Le Niger, enfin, projette la construction d’une raffinerie de pétrole et d’un complexe pétrochimique, ainsi que la création d’un Institut du pétrole et du gaz destiné à former une expertise nationale dans ce secteur naissant pour le pays.

C’est précisément la mise en cohérence de ces initiatives, aujourd’hui menées séparément par chaque État, que la SEMH-AES ambitionne d’amorcer. Pendant cinq jours de travaux, décideurs publics, experts, investisseurs, chercheurs et représentants de la société civile doivent échanger sur ces préoccupations communes, dans un format détaillé par le président du comité d’organisation, Doulaye Sanou, comme « un programme riche et varié, articulé autour de panels, de sessions techniques, de rencontres B2B, d’expositions et de visites de terrain ».

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un programme riche et varié, articulé autour de panels, de sessions techniques, de rencontres B2B, d’expositions et de visites de terrain

A.D

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