World Athletics a désigné, mardi à Budapest, la capitale kényane pour organiser l’édition 2029 des Championnats du monde d’athlétisme, une première historique pour le continent africain. Munich accueillera, elle, l’édition 2031, dans une séquence qui verra les trois prochains Mondiaux se dérouler successivement en Asie, en Afrique et en Europe.
C’est un instant que l’athlétisme africain attendait depuis la création des Championnats du monde en 1983. Réuni à Budapest à l’occasion de sa 242ᵉ session, le Conseil de World Athletics a désigné, mardi, Nairobi pour accueillir l’édition 2029 de la compétition reine du calendrier de la discipline. La toute première organisée sur le continent africain en plus de quatre décennies d’existence de l’épreuve. Munich, en Allemagne, a de son côté été retenue pour l’édition 2031, marquant le retour des Mondiaux sur le sol allemand après vingt-deux ans d’absence.
« Nous avons eu la chance de recevoir quatre candidatures de grande qualité pour 2029 et 2031, et la décision n’a pas été facile pour le Conseil », a indiqué le président de World Athletics, Sebastian Coe, lors d’une conférence de presse, précisant que Londres et Rome figuraient également parmi les villes candidates recalées. « Organiser nos Mondiaux pour la première fois en Afrique est historique », a-t-il ajouté, saluant la manière dont Nairobi avait « démontré de manière éclatante que le moment était venu d’insuffler un nouvel élan au développement de notre sport au Kenya et à travers l’Afrique ».
Nous avons eu la chance de recevoir quatre candidatures de grande qualité pour 2029 et 2031, et la décision n’a pas été facile pour le Conseil
Une candidature mûrie après un premier échec
La capitale kényane n’en était pas à sa première tentative : elle avait déjà porté sa candidature pour l’édition 2025, finalement attribuée à Tokyo. Forte de cet échec, l’équipe organisatrice nairobienne s’est appuyée sur près d’une décennie d’expérience dans l’accueil de grands rendez-vous internationaux d’athlétisme pour présenter, cette fois, un dossier renforcé : les Mondiaux de cross-country de Mombasa en 2007, les Mondiaux U18 de 2017 et U20 de 2021, tous deux organisés à Nairobi, ainsi que les Championnats d’Afrique de 2010. Le stade Kasarani, actuellement en travaux de rénovation en vue de la Coupe d’Afrique des nations de football que le Kenya coorganisera l’an prochain, constituera l’enceinte principale de cette édition 2029.
Sebastian Coe a par ailleurs indiqué qu’une étude interne de World Athletics avait identifié le Kenya comme le marché le plus passionné par l’athlétisme parmi l’ensemble des pays sondés. Une ferveur populaire déjà éprouvée lors des Mondiaux U18 de 2017, où le stade Kasarani avait fait le plein tout au long de la compétition. Le pays organise par ailleurs, chaque année depuis 2020, le Kip Keino Classic, meeting intégré au circuit World Athletics Continental Tour Gold, l’un des plus prestigieux du calendrier international.
Une consécration pour la nation reine du fond
Sur le plan sportif, l’attribution des Mondiaux 2029 au Kenya s’apparente à une forme de justice historique pour l’un des plus grands réservoirs de talents de la discipline. Le pays, qui occupe la deuxième place du tableau historique des médailles mondiales d’athlétisme derrière les seuls États-Unis, s’est bâti une réputation planétaire sur les courses de fond et de demi-fond, produisant des générations entières de champions olympiques et mondiaux du 800 mètres au marathon. Parmi eux, le double champion du monde du 800 mètres Emmanuel Wanyonyi aura, en 2029, l’occasion rare de courir un titre mondial devant son propre public.
Au-delà du symbole sportif, cette attribution s’inscrit dans une séquence particulièrement favorable au continent : Gaborone, au Botswana, avait déjà accueilli en 2026 les tout premiers World Athletics Relays jamais organisés en Afrique, tandis que la Confédération africaine d’athlétisme multiplie, ces dernières années, l’organisation de compétitions continentales de jeunes, d’Abidjan à Abeokuta en passant par Ndola.
Oumarou Fomba
