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Coopération Suisse-Mali : un nouveau programme de 80 millions de francs suisses pour 2026-2029

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La Suisse et le Mali ouvrent un nouveau chapitre de leur coopération. Lancé le 16 septembre 2026 à Bamako, le Programme de coopération Suisse-Mali 2026-2029 mobilisera une enveloppe indicative de 80 millions de francs suisses, soit environ 56 milliards de FCFA. Héritier d’un partenariat engagé depuis 1977, le programme ciblera notamment la gouvernance, la protection des populations, la prévention des conflits, la cohésion sociale, l’emploi des jeunes, la formation professionnelle et l’adaptation au changement climatique.

Le nouveau programme s’inscrit dans la continuité d’un partenariat engagé depuis 1977, soit près de cinquante ans entre le Mali et la Suisse. Il prend en compte des défis politiques, sécuritaires, économiques, sociaux, humanitaires et climatiques qui nécessitent des réponses souples, coordonnées et adaptées aux réalités locales. L’ambition affichée est de contribuer à un Mali plus résilient et inclusif, en renforçant les capacités des acteurs locaux, la protection des populations et les opportunités de développement.

Des priorités définies avec les autorités et partenaires maliens

Dans son intervention, l’ambassadeur Pietro Mona a indiqué que l’action suisse se veut proche de la population malienne, des personnes en situation de besoin et des institutions. Il a précisé que la coopération s’inscrit dans les priorités définies par les autorités maliennes pour leur pays et leur population. Abordant la migration irrégulière, il a évoqué les personnes qui se sentent parfois forcées d’emprunter des chemins dangereux, tout en réaffirmant cette orientation.

Pour sa part, Claude Wandeler a présenté les grandes lignes du programme, en insistant sur l’inscription des interventions dans les priorités du Mali. Il a relevé la volonté de maintenir une présence au Nord, au Centre et au Sud, ainsi qu’à Bamako. Il a également cité la gouvernance, la protection des civils, la prévention des conflits, la promotion de la paix et la cohésion sociale parmi les principaux axes retenus.

Gouvernance, protection et résilience au cœur des interventions

Le Programme de coopération intervient prioritairement dans sept régions et le District de Bamako. Les zones concernées sont Sikasso, Mopti, Tombouctou, Bougouni, Koutiala, Douentza et Bandiagara. Cette répartition doit permettre de déployer des activités dans différentes parties du pays. Elle traduit également la volonté de prendre en compte la diversité des réalités territoriales et de renforcer l’ancrage local des interventions, à travers des partenaires présents dans ces espaces.

Le premier domaine prioritaire porte sur la gouvernance et la protection. Il prévoit de renforcer la gouvernance locale et la participation citoyenne, d’améliorer l’accès équitable aux services essentiels, de prévenir et gérer les conflits et de renforcer la cohésion sociale. La protection des populations les plus vulnérables figure également parmi les objectifs. Les collectivités territoriales occupent une place particulière dans la définition et la mise en œuvre de cet axe d’intervention.

Des perspectives économiques renforcées pour les jeunes

Le second domaine concerne la résilience et les opportunités économiques. Il vise à renforcer les moyens d’existence, soutenir l’adaptation au changement climatique, développer les compétences et la formation professionnelle. L’entrepreneuriat et l’emploi sont également ciblés, notamment pour les jeunes et les femmes. Une nouvelle orientation consiste à accorder davantage d’attention à l’insertion des jeunes dans le tissu économique, avec un accent sur le lien entre le secteur privé et cette jeunesse.

La culture figure parmi les thèmes intégrés de manière transversale, aux côtés de l’égalité de genre, de l’inclusion sociale, du climat, de la digitalisation et de l’innovation. Elle n’est toutefois pas présentée comme le principal axe du programme. La richesse de l’histoire et de la culture maliennes est considérée comme pouvant contribuer aux dynamiques de cohésion sociale et de développement économique, au sein des différentes interventions prévues.

Une mise en œuvre fondée sur plusieurs partenaires

La mise en œuvre du programme reposera sur plusieurs catégories de partenaires : institutions étatiques, collectivités territoriales, services techniques déconcentrés, organisations de la société civile, organisations communautaires, secteur privé, ONG locales, nationales et internationales, institutions financières internationales, ainsi que des acteurs culturels et économiques. Les collectivités de Mopti, Tombouctou et Sikasso sont notamment citées. La Banque mondiale pourra également contribuer à la mise en œuvre de certaines actions.

L’enveloppe financière indicative du Programme de coopération Suisse-Mali 2026-2029 s’élève à 80 millions de francs suisses, soit environ 56 milliards de FCFA. Le nombre précis de personnes susceptibles d’être touchées n’a pas été avancé, les données étant encore en cours de consolidation. L’accent est plutôt mis sur la qualité et la durabilité des interventions, ainsi que sur leur appropriation par les populations et les institutions bénéficiaires dans les territoires ciblés.

Le programme repose enfin sur une approche articulant l’aide humanitaire, le développement et la promotion de la paix. Il entend répondre aux besoins immédiats tout en agissant sur les causes structurelles de la vulnérabilité. Les actions doivent être co-créées avec les autorités et mises en œuvre avec les partenaires concernés. La collaboration est ainsi présentée comme un moyen de favoriser les résultats et de renforcer les capacités locales sur la durée au Mali.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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