À Kati, la Polyclinique des armées franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son offre de soins. Inaugurés le 17 septembre par le général d’armée Assimi Goïta, les nouveaux locaux disposent notamment d’une IRM, d’un scanner, d’une centrale de production d’oxygène, de trois salles opératoires, d’un service de réanimation et d’un laboratoire rééquipé. Entièrement financée sur le budget national, cette modernisation doit renforcer la prise en charge des blessés de guerre et élargir les capacités de soins accessibles aux populations civiles.
Le président de la Transition, chef de l’État et chef suprême des armées, le général d’armée Assimi Goïta, a inauguré, jeudi 17 septembre, les nouveaux locaux de la Polyclinique des armées de Kati, au terme d’une cérémonie de coupure de ruban réunissant le Premier ministre, le président du Conseil national de Transition, le ministre délégué à la Défense, le général Oumar Diarra, ainsi que la ministre de la Santé et du Développement social, le médecin-colonel-major Assa Badiallo Touré.
Entièrement financée sur le budget national, cette rénovation a permis l’installation d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique, d’une centrale de production d’oxygène dotée d’un booster capable, au-delà des besoins de la polyclinique elle-même, d’approvisionner d’autres sites en cas de nécessité, ainsi que d’équipements complémentaires pour les blocs opératoires et le service de réanimation. Le scanner, la radiographie télécommandée et la mammographie sont désormais pleinement opérationnels, tandis qu’un troisième bloc opératoire doté d’un traitement d’air adapté, un service de stérilisation moderne et un laboratoire entièrement rééquipé ont été achevés. L’ensemble de l’écosystème du site a par ailleurs été repensé : nouvelle morgue, poste de sécurité, château d’eau de 20 m³, transformateur électrique dédié, sans compter les travaux de peinture et l’aménagement des espaces extérieurs.
« Un ouf de soulagement » pour le personnel et les blessés
« Nous venons d’inaugurer le service des urgences de la Polyclinique des armées. Elle a pour vocation de recevoir les blessés de guerre et d’autres blessés aussi. Avoir un tel joyau, c’est vraiment un ouf de soulagement, non seulement pour ces blessés de guerre, mais pour le personnel soignant », a déclaré la ministre Assa Badiallo Touré à l’issue de la cérémonie, insistant sur le fait que « la santé militaire, la santé civile, c’est la même santé » et que l’ensemble des populations maliennes pourraient être soignées sur ce site, conformément, selon elle, à la volonté du président Goïta que « tous les Maliens aient la santé la plus proche d’eux ».
Nous venons d’inaugurer le service des urgences de la Polyclinique des armées. Elle a pour vocation de recevoir les blessés de guerre et d’autres blessés aussi. Avoir un tel joyau, c’est vraiment un ouf de soulagement, non seulement pour ces blessés de guerre, mais pour le personnel soignant
Le ministre délégué à la Défense, le général Oumar Diarra, a pour sa part inscrit cette réalisation dans la vision présidentielle de « montée en puissance des forces armées maliennes », qu’il a résumée en trois axes : l’amélioration des conditions de vie et de travail des personnels, le renforcement des capacités de prise en charge des blessés de guerre comme des militaires et civils malades, et la professionnalisation d’ensemble des forces armées. « La prise en charge, la chaîne médicale depuis le théâtre [des opérations] jusqu’à des niveaux vraiment très avancés comme ça, renforce le moral de nos hommes », a-t-il souligné, ajoutant que chaque soldat pouvait désormais être « sûr et certain que quand tu es blessé en opération, tous les mécanismes sont là » pour assurer sa prise en charge.
La prise en charge, la chaîne médicale depuis le théâtre [des opérations] jusqu’à des niveaux vraiment très avancés comme ça, renforce le moral de nos hommes
Des équipements inédits, même par rapport à Bamako
C’est toutefois le directeur de la Polyclinique, le médecin-colonel Adamou Kanté, qui a livré le témoignage le plus concret de cette montée en gamme technique. Détaillant un bloc d’urgence avec service de réanimation, un bloc chirurgical à trois salles opératoires permettant aux traumatologues, neurochirurgiens et chirurgiens généralistes d’opérer « tranquillement » et « en temps réel », ainsi qu’un bloc d’imagerie médicale complet, de la radiologie numérique à l’IRM, il a précisé que cette dernière comportait « beaucoup de spécificités que nous n’avons pas encore à Bamako ». Un constat qui illustre l’ampleur de l’investissement consenti pour cet établissement militaire. « Nous avons la possibilité de réagir dans le temps, on gagne dans le temps. Tout ce qu’on devrait faire dans les différents hôpitaux ou bien même à l’étranger, ça va nous permettre de pouvoir réaliser ça ici, à temps réel », a-t-il ajouté, se disant « comblé », tout comme l’ensemble du personnel et les blessés de guerre pris en charge par l’établissement.
Survenue le mardi 15 septembre, l’inauguration de l’état-major du Bataillon autonome des forces spéciales et des centres d’aguerrissement, à Sénou, avait déjà témoigné de cette même dynamique de modernisation de l’outil de défense malien. Ces deux réalisations en faveur des Forces de défense et de sécurité interviennent ainsi à quelques jours de la commémoration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays, célébré le 22 septembre. Elles constituent, à ce titre, une nouvelle preuve de l’engagement des autorités de la Transition à défendre la souveraineté du Mali, tout en assurant l’amélioration continue des conditions de vie et de travail de ses forces armées.
Chiencoro Diarra
