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Paix positive : au Sahel, la libre circulation de l’information résiste mieux

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Dans son rapport annuel, l’Institute for Economics and Peace classe le Mali, le Burkina Faso et le Niger parmi les pays à faible niveau de paix positive. Mais le détail des huit piliers mesurés par l’indice révèle un fait moins commenté. Chez les trois pays de la Confédération des États du Sahel, c’est la libre circulation de l’information qui constitue, structurellement, le pilier le plus solide, et c’est le Mali qui y affiche le meilleur score des trois.

L’institut de recherche australien Institute for Economics and Peace (IEP) a publié son rapport annuel « Positive Peace Report », consacré cette année à une analyse décennale, de 2015 à 2024, des facteurs structurels qui sous-tendent une paix durable. Construit à partir de plus de 20 000 indicateurs répartis en huit piliers, à savoir le bon fonctionnement du gouvernement, la répartition équitable des ressources, la libre circulation de l’information, le capital humain, les relations de bon voisinage, l’environnement des affaires, les faibles niveaux de corruption et l’acceptation des droits d’autrui, l’indice couvre 163 pays. Le Mali s’y classe 142ᵉ avec un score de 3,814 sur une échelle de 1 à 5 où le chiffre le plus bas est le plus favorable, le Niger 137ᵉ avec 3,758, et le Burkina Faso 126ᵉ avec 3,608.

Au-delà du seul classement général, le détail par pilier, publié en annexe du rapport, permet une lecture plus fine des forces structurelles propres à chaque pays. Or ce détail fait apparaître une convergence notable entre les trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Dans les trois cas, c’est le pilier consacré à la libre circulation de l’information qui obtient le meilleur score, devançant nettement les sept autres piliers mesurés.

Le Mali, meilleur score des trois pays de l’AES sur ce pilier

Le Mali y obtient un score de 3,114, sensiblement meilleur que ses scores sur les autres piliers, qui s’échelonnent tous entre 3,655 et 4,002. C’est également le meilleur résultat des trois pays de l’AES sur ce pilier précis : le Niger y affiche un score de 3,354 et le Burkina Faso de 3,209. Autrement dit, si l’on isole cette seule dimension structurelle, parmi les huit retenues par l’indice, c’est le Mali qui s’en sort le mieux au sein de la confédération. Un résultat qui tranche avec le classement général, où le pays occupe pourtant la position la moins favorable des trois.

Ce résultat s’inscrit dans un constat plus large dressé par le rapport à l’échelle mondiale. Sur la décennie 2015-2024, les progrès structurels en matière de santé, d’éducation, des infrastructures, d’inclusion économique, se sont poursuivis dans la plupart des pays du monde, y compris dans des contextes de fortes turbulences politiques. L’IEP souligne que ces tendances de fond « opèrent largement indépendamment des événements de court terme ». Sur la période, 112 des 163 pays étudiés ont amélioré leur score global de paix positive, contre 49 en dégradation, une dynamique portée notamment par les progrès quasi universels des infrastructures de télécommunications, en hausse dans 158 pays sur 163.

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opèrent largement indépendamment des événements de court terme

Une résilience structurelle à consolider

Le rapport rappelle par ailleurs que les pays dotés de fondations de paix positive plus robustes ont tendance à se redresser plus rapidement après un choc. Entre 2021 et 2024, dans la phase de reprise post-pandémie, les pays situés dans le tiers supérieur de l’indice ont amélioré leur score de 2,1 % en moyenne, contre 0,6 % pour le tiers inférieur, où se situent les trois pays de l’AES. 

Ce constat donne un relief particulier au score obtenu sur la libre circulation de l’information. Dans une région où la reconstruction de la confiance entre États et populations reste un enjeu central des processus de réconciliation en cours, disposer d’un pilier structurel relativement mieux préservé que les autres constitue, selon la propre grille de lecture de l’institut, une base sur laquelle des progrès plus larges pourraient s’appuyer dans les prochaines années.

A.D

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