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Mali : une école pour les mines, une agence pour le sous-sol

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Le Conseil des ministres a adopté, mercredi, la création d’une École des mines et du pétrole et d’une Agence pour la recherche sur les ressources minérales, aux côtés du renouvellement de onze permis de recherche d’or gelés depuis la suspension générale décrétée en décembre 2022. Un même mouvement de normalisation, après plus de deux ans de gel du secteur.

Réuni mercredi 30 septembre sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté, sur le rapport du ministre des Mines, les textes portant création de l’École des mines et du pétrole, chargée de la formation initiale et continue des cadres de ces secteurs, ainsi que de l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales. Cette dernière structure se substitue au Programme pour le développement des ressources minérales, créé par une loi de 1990, érigé en établissement public à caractère scientifique et technologique afin de corriger, selon le communiqué officiel, des insuffisances relatives à son statut, à l’évolution du cadre juridique du secteur minier, aux procédures de mobilisation de ressources financières, et à l’absence de volet consacré à la recherche pétrolière et gazière.

Onze permis de recherche sortis du gel

Le même Conseil des ministres a par ailleurs adopté onze décrets de renouvellement de permis de recherche d’or et de substances minérales du groupe 2, répartis entre les cercles de Kéniéba, Kayes, Kangaba, Sikasso, Yanfolila et Bougouni, au bénéfice de sept sociétés minières : Company Mines and Career, Hongda Liujiu Mali, Ressources Robex Mali, Dansoko Gold Mine, Wagadou Explore, Yong Xin Mines et Africa Mining, cette dernière bénéficiant exceptionnellement d’un deuxième renouvellement. 

Selon le communiqué, ces permis, attribués entre 2017 et 2022, avaient tous été affectés par la suspension du renouvellement des titres miniers intervenue entre décembre 2022 et mars 2025, les sociétés concernées ayant sollicité leur remise en vigueur après que leurs travaux de recherche eurent mis en évidence des anomalies géologiques justifiant la poursuite des activités.

Cette décision n’est pas isolée. Le 2 septembre déjà, le Conseil des ministres avait adopté quatre décrets similaires, concernant les sociétés Hongda Liujiu, A.NA.DI.S et L’Horizon sur des permis attribués entre 2019 et 2022 dans les cercles de Bougouni, Sikasso et Kangaba. Ces deux séries de décrets, intervenues à moins d’un mois d’intervalle, dessinent les contours d’un traitement méthodique, société par société et permis par permis, du stock de dossiers accumulé durant plus de deux années de gel.

Un secteur minier en phase de normalisation progressive

Ce gel remontait à un audit du secteur minier mené en 2022, à l’issue duquel le gouvernement avait suspendu, en décembre de la même année, l’attribution de tout nouveau titre minier, en vue de réformer un secteur dont l’État estimait ne pas percevoir une part suffisante des retombées. Cette suspension avait été suivie, en août 2023, de l’adoption d’un nouveau code minier portant notamment la participation possible de l’État dans les projets miniers jusqu’à 30 %, contre 20 % auparavant. La levée partielle de la suspension, annoncée à partir du 15 mars 2025, n’avait rouvert que les demandes de renouvellement et de transfert de permis d’exploitation, ainsi que les passages de la phase de recherche à celle d’exploitation, l’attribution de nouveaux permis et le transfert de permis de recherche demeurant, eux, toujours suspendus.

Près de dix-huit mois après cette levée partielle, les renouvellements de permis de recherche se poursuivent donc par vagues successives, tandis que la création simultanée d’une école de formation et d’une agence de recherche scientifique dédiées témoigne d’une transition. Celle d’un secteur minier passé de la phase de l’audit et du gel à celle, plus structurelle, de la construction d’outils pérennes de formation et de connaissance géologique, dans un pays qui reste l’un des principaux producteurs d’or du continent africain.

Chiencoro Diarra 

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