Près de deux ans après l’attaque qui avait cloué au sol l’appareil de commandement de la présidence malienne, Bamako a présenté ce mercredi 29 juillet son nouvel avion présidentiel, un Boeing 737 acquis pour 15,6 milliards de FCFA. Un investissement que les autorités présentent comme une opération financièrement avantageuse pour le Trésor public.
Le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alfousseyni Sanou, accompagné du secrétaire général de la présidence de la République et du coordinateur du Groupement aérien de la présidence de la République (GAPR), a effectué ce mercredi une visite guidée du nouvel avion de commandement de l’État malien, un Boeing 737 modernisé. Cette présentation officielle intervient près de vingt-deux mois après l’attaque terroriste complexe du 17 septembre 2024, qui avait gravement endommagé l’ancien aéronef présidentiel.
Un appareil immobilisé pendant quinze mois
Selon le secrétaire général de la présidence, le Dr Alfousseyni Diawara, les inspections menées après les événements du 17 septembre 2024 avaient révélé des dommages significatifs sur l’ancien appareil. Des failles au niveau de la structure ainsi qu’au niveau d’un moteur, rendant l’aéronef inexploitable.
« Après les événements du 17 septembre 2024 qui ont immobilisé l’ancien appareil présidentiel, les autorités maliennes présentent officiellement le nouvel avion de commandement de la République. Une acquisition jugée indispensable pour garantir les déplacements officiels des plus hautes autorités en toute sécurité et affirmer la souveraineté du pays. », a expliqué Dr Alfousseyni Diawara, secrétaire général de la présidence de la République.
Le responsable a précisé que le contexte géopolitique actuel, marqué par des difficultés particulières dans l’acquisition d’aéronefs, a fini de convaincre les autorités de la nécessité d’acquérir un avion neuf plutôt que de réparer l’ancien appareil.
Même carcasse, avionique entièrement rénové
Sur le plan technique, le nouveau Boeing 737 est présenté comme reposant sur la même architecture que l’appareil endommagé en 2024, mais avec une avionique entièrement remplacée et une cabine repensée.
« Cet avion est exactement le même avion que l’ancien qui a subi l’attaque du 17 septembre 2024. La particularité de cet avion, c’est que tout l’avionique a été complètement changé et rénové. Une grande partie du panneau supérieur a été complètement modifiée, et l’intérieur de la cabine a également été modifié. », selon les précisions du Colonel-major Lassina Togola, PDG des Aéroports du Mali. Il poursuit : « Nous avons une autonomie de 11 500 kilomètres, soit environ 14 heures de vol. Si l’on veut aller à Moscou, c’est un vol direct. Pour la Chine, il suffit de se poser à une position intermédiaire, de prendre un peu de carburant, et de continuer directement. », a expliqué le patron des aéroports du Mali.
Cet avion est exactement le même avion que l’ancien qui a subi l’attaque du 17 septembre 2024. La particularité de cet avion, c’est que tout l’avionique a été complètement changé et rénové. Une grande partie du panneau supérieur a été complètement modifiée, et l’intérieur de la cabine a également été modifié.
L’appareil affiche une vitesse de croisière moyenne de 950 km/h et évolue à une altitude de croisière de l’ordre de 40 000 pieds, soit environ 12 300 mètres, selon les précisions apportées par le colonel-major Togola.
Une opération jugée avantageuse pour le Trésor public
Au-delà des aspects techniques, c’est le bilan financier de l’opération que le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alfousseyni Sanou, a tenu à mettre en avant. Selon lui, l’acquisition de ce nouvel aéronef est plus économique pour l’État malien que ne l’aurait été la remise en état de l’ancien appareil, au regard des surcoûts constatés pendant les quinze mois d’indisponibilité de ce dernier.
« Il est important d’indiquer que l’acquisition de cet aéronef est plus économique pour nous. Pendant quinze mois d’indisponibilité de l’ancien aéronef de commandement, suite aux attaques du 17 septembre 2024, nous avons vu quelles pouvaient être les dépenses occasionnées à l’occasion des déplacements importants des délégations d’État. », selon les précisions de Alfousseyni Sanou.
Le ministre a par ailleurs précisé que l’avion présidentiel, assuré même en cas d’acte de terrorisme, a permis à l’État malien de percevoir une indemnisation de 6 milliards de FCFA, versée dans les caisses du Trésor public. Des discussions sont par ailleurs très avancées pour la revente des pièces de rechange et accessoires de l’ancien appareil. Une opération susceptible de rapporter entre 3 et 4 milliards de FCFA supplémentaires.
En cumulant ces recettes, le gouvernement évalue à 9 à 10 milliards de FCFA les économies déjà réalisées, ramenant le décaissement net du Trésor public à environ 5,6 à 6 milliards de FCFA pour un appareil affiché à 15,6 milliards de FCFA. Un montant que les autorités maliennes mettent en perspective avec le coût de l’ancien aéronef, acquis pour un peu plus de 20 milliards de FCFA selon les chiffres annoncés à l’époque par les autorités concernées.
« C’est un aéronef qui offre le même confort que l’ancien, que ce soit au niveau de la cuisine, de la chambre VIP ou des équipements. Compte tenu du contexte actuel, nous ne pouvons que nous réjouir de l’excellente affaire que nous venons de réaliser. », s’est réjoui le ministre des Finances.
C’est un aéronef qui offre le même confort que l’ancien, que ce soit au niveau de la cuisine, de la chambre VIP ou des équipements. Compte tenu du contexte actuel, nous ne pouvons que nous réjouir de l’excellente affaire que nous venons de réaliser.
Oumarou Fomba
