La ministre de la Santé, Assa Badiallo Touré, a salué cette semaine l’avancement des travaux de modernisation de l’hôpital régional de Tombouctou. Un chantier engagé depuis 2022, prolongé cet été par décret, qui s’ajoute discrètement à la liste déjà longue des signes de retour des services publics dans une région longtemps associée, dans l’actualité, à la seule crise sécuritaire.
C’est un chantier qui ne fait pas la une, mais qui compte, patiemment, ses années. En marge d’une visite à Tombouctou, la ministre de la Santé et du Développement social, le médecin-colonel-major Assa Badiallo Touré, s’est rendue sur le site de l’hôpital régional pour constater l’état d’avancement des travaux d’extension et de modernisation de l’établissement, après des échanges avec les autorités administratives et les responsables régionaux. « Les travaux avancent dans de bonnes conditions », a-t-elle constaté, saluant la qualité de l’ouvrage et les efforts engagés pour doter la région d’une infrastructure sanitaire à la hauteur des besoins de sa population.
Ce chantier n’a rien d’une annonce improvisée. Le marché portant sur l’extension et la modernisation de l’hôpital de Tombouctou, confié à l’entreprise Anta Construction, avait été signé dès 2022. Face aux défis logistiques propres à cette région du nord malien, le gouvernement a dû, le 3 juillet dernier, faire adopter en Conseil des ministres un avenant prolongeant de vingt-quatre mois le délai d’exécution des travaux, sans incidence sur le montant initial du marché. Une décision présentée par les autorités comme la garantie d’un achèvement conforme aux normes techniques retenues, plutôt que comme un simple retard.
Une amélioration graduelle, documentée depuis plusieurs années
L’histoire récente de cet hôpital dessine, par petites touches, la trajectoire d’un établissement progressivement renforcé. Dès décembre 2022, le conseil régional de Tombouctou, avec l’appui de la coopération suisse, avait doté l’établissement d’équipements médicaux d’une valeur de 9 millions de francs CFA, dont des extracteurs d’oxygène, pour renforcer son plateau technique. En 2025, le président de la délégation spéciale du conseil régional, également président du conseil d’administration de l’hôpital, Issaka Nazoum, avait effectué une visite de suivi du chantier d’extension, y constatant des « progrès significatifs ». La visite ministérielle de cette semaine s’inscrit ainsi dans la continuité d’un suivi resté constant, sur plusieurs années, malgré le contexte sécuritaire difficile qui a longtemps pesé sur la région.
Ce chantier hospitalier régional s’inscrit par ailleurs dans un effort budgétaire national bien plus large? La loi de finances 2026 prévoit une enveloppe de 198,1 milliards de francs CFA pour le secteur de la santé, en hausse par rapport aux 160,9 milliards de la loi de finances rectificative 2025, dans un pays qui a par ailleurs lancé, en novembre dernier, un vaste projet présidentiel d’urgence hospitalière prévoyant la construction de quinze nouvelles infrastructures sanitaires à travers le territoire.
Un signe parmi d’autres du retour des services publics au nord
Au-delà du seul enjeu sanitaire, cette visite s’ajoute à une série d’indices, observés ces dernières années, d’une présence étatique renouvelée dans le septentrion malien. L’organisation, en décembre dernier à Tombouctou, de la première Biennale artistique et culturelle nationale tenue dans le nord depuis 1963, ou encore la mobilisation, ce mois-ci, des forces vives régionales pour le Mois du tourisme, avec une tournée d’une douzaine de sites emblématiques de la ville. Un hôpital modernisé ne possède certes pas le même retentissement symbolique qu’une biennale culturelle, mais il répond, à sa manière plus discrète, à la même logique : démontrer, chantier après chantier, qu’une région longtemps identifiée à la seule insécurité retrouve, aussi, l’attention ordinaire que l’État doit à l’ensemble de son territoire.
Pour la ministre Assa Badiallo Touré, cette réalisation « s’inscrit pleinement dans la dynamique impulsée » par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, en faveur du renforcement des infrastructures sanitaires et du rapprochement des services de santé avec les citoyens, « en particulier » pour la prise en charge des urgences.
A.D
