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Mali : à Hérémakono, la douane saisit 37 kilos de mercure destiné à l’orpaillage clandestin

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La douane malienne a intercepté 37 kilogrammes de mercure au poste frontalier de Hérémakono, dans la région de Sikasso. Le produit, dissimulé sous le siège du chauffeur d’un véhicule, était destiné aux circuits de l’orpaillage artisanal. Cette saisie met en lumière la persistance du trafic transfrontalier de ce métal toxique utilisé dans l’extraction artisanale de l’or.

L’opération s’est déroulée le 12 septembre, aux alentours de 19 h 15, au poste frontalier de Hérémakono, dans la région de Sikasso. Selon un communiqué de la Direction générale des douanes, les agents du bureau secondaire local ont procédé à la fouille d’un véhicule de marque Toyota, immatriculé dans un pays voisin, dont le conducteur avait franchi la barrière douanière pour solliciter un simple laissez-passer touristique. La vigilance des agents a permis de détecter une cache aménagée sous le siège du chauffeur, où était dissimulée une bonbonne contenant 37 kilogrammes de mercure. Le conducteur, présenté par la douane comme un garagiste et clairement identifié sur ses documents d’identité, a été appréhendé dans le cadre de cette saisie.

Si le volume intercepté à Hérémakono reste, en apparence, modeste au regard de l’ampleur du phénomène, il s’inscrit dans un trafic transfrontalier documenté de longue date par les autorités maliennes et plusieurs organismes spécialisés. Selon les estimations du gouvernement malien lui-même, relayées par l’Institut d’études de sécurité (ISS), environ 33,3 tonnes de mercure entreraient chaque année illégalement sur le territoire national. N’ayant pas d’accès à la mer, le Mali s’approvisionne en la matière par contrebande depuis plusieurs pays voisins, notamment le Bénin, le Togo, le Burkina Faso et le Sénégal, empruntant des filières clandestines que la porosité des frontières, parfois aggravée par des complicités locales, contribue à entretenir.

Un produit interdit, mais massivement utilisé sur les sites aurifères

Le mercure demeure, en dépit de son interdiction, l’un des intrants les plus recherchés par les orpailleurs artisanaux maliens, qui l’utilisent pour amalgamer et extraire l’or du minerai. Selon les autorités, ce procédé, à la fois rudimentaire et dangereux pour la santé des travailleurs comme pour l’environnement, reste employé sur plus de 80 % des sites d’orpaillage du pays, la région de Kayes concentrant à elle seule l’essentiel de cette activité informelle, qui pèse pourtant plusieurs centaines de millions de dollars par an dans l’économie locale. Conscientes des risques sanitaires et écologiques associés à ce produit, les autorités maliennes ont mis en œuvre, depuis novembre 2019, un Plan d’action national sur le mercure, dans le cadre des engagements pris au titre de la convention de Minamata, le traité international qui encadre, depuis 2013, la circulation de ce métal lourd à l’échelle mondiale. 

Cette saisie de Hérémakono, aussi limitée soit-elle en volume, illustre ainsi la persistance d’une économie souterraine que la seule interdiction légale ne suffit pas à démanteler, tant que la demande des sites d’orpaillage artisanal, elle, reste aussi soutenue. Les services douaniers maliens ont indiqué poursuivre leurs opérations de surveillance le long des différents postes frontaliers du pays, dans le cadre plus large de la lutte contre la fraude et les trafics illicites.

A.D

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