Après deux ans d’arrêt et sept mois de révision, le groupe G1 de la centrale de Darsalam a été remis en service jeudi. Il injecte six mégawatts supplémentaires sur le réseau de la capitale. Un chantier mené, selon ses équipes, avec l’implication directe du directeur général d’Énergie du Mali, dont la remise en état des centrales à l’arrêt figurait parmi les premières priorités.
Le groupe G1 de la centrale thermique de Darsalam, à Bamako, a été remis en service jeudi 24 septembre, vers 14 heures, après deux années d’arrêt et sept mois de travaux, rapporte Le Challenger dans son édition de ce lundi. Le coup d’envoi a été donné par la secrétaire générale d’Énergie du Mali (EDM-SA), Kané Ramatou Kamissoko, représentant le directeur général, Madani Dravé, entourée des ingénieurs et techniciens de la société. Cette remise en marche permet à EDM-SA d’injecter six mégawatts supplémentaires sur son réseau afin d’améliorer la desserte de Bamako.
Le groupe était à l’arrêt en raison du dépassement de sa visite des 30 000 heures de fonctionnement, a expliqué le chef de la centrale, Mahamadou Traoré. Les travaux de révision, engagés le 3 février 2026, ont consisté à démonter puis à réviser complètement l’équipement. Le démontage a été réalisé avec l’appui d’un partenaire ; le remontage et le reste des interventions ont été assurés par l’équipe de la centrale elle-même. « Ma fierté est grande parce que les travaux ont été exclusivement exécutés par le personnel de la production de Darsalam. C’est un soulagement de plus pour la population et pour EDM », a déclaré la secrétaire générale au nom du directeur général.
Ma fierté est grande parce que les travaux ont été exclusivement exécutés par le personnel de la production de Darsalam. C’est un soulagement de plus pour la population et pour EDM
Une priorité affichée dès l’arrivée, une implication saluée sur le terrain
Ce redémarrage prolonge une orientation que Madani Dravé avait présentée dès son arrivée. Nommé directeur général d’EDM-SA en Conseil des ministres le 4 septembre 2025, cet officier, ingénieur de formation en génie électrique et informatique, qui était auparavant conseiller technique au secrétariat général de la Présidence de la République, avait indiqué, lors d’un entretien à la télévision nationale, avoir « engagé aussitôt des travaux sur les centrales de 12 mégas de Dar Salam et de 110 mégas de Sirakoro qui étaient à l’arrêt ». Dans son entretien, il faisait de la remise en service complète des infrastructures existantes la première de ses priorités, avant l’accélération de la diversification énergétique, notamment à travers les centrales solaires de Safo, Tiakadougou Dialakoro et Sanankoroba.
engagé aussitôt des travaux sur les centrales de 12 mégas de Dar Salam et de 110 mégas de Sirakoro qui étaient à l’arrêt
À Darsalam, l’implication du directeur général est saluée par ceux qui ont mené le chantier. Mahamadou Traoré a remercié Madani Dravé « en particulier pour son implication personnelle dans le processus », soulignant qu’il ne s’était pas contenté d’initier la réhabilitation des infrastructures existantes dès son arrivée, mais avait suivi de près l’évolution des travaux, par des contacts permanents avec les équipes sur le terrain. Les difficultés rencontrées, notamment sur la disponibilité des pièces, ont été surmontées rapidement, a-t-il précisé, grâce à la célérité des commandes effectuées avec l’appui de la direction générale.
Six mégawatts de plus, et un second groupe à réparer
Les travaux concernent les deux groupes du site, G1 et G2, qui totalisent douze mégawatts. En attendant la réparation complète du G2, la remise en marche du G1 apporte donc la moitié de cette capacité au réseau, un gain qui prendra tout son sens lorsque le second groupe reviendra à son tour en service. Le reportage du Challenger ne précise pas de calendrier pour le G2, et n’évoque pas l’état d’avancement de la centrale de Sirakoro, citée dans les mêmes priorités.
Le contexte donne à ces six mégawatts un relief particulier. Madani Dravé est le cinquième directeur général d’EDM-SA depuis 2020, à la tête d’une entreprise qui a traversé, ces dernières années, de sévères crises d’approvisionnement, avec des coupures ayant pu atteindre vingt heures par jour dans certaines zones en 2023, ramenées à cinq ou six heures dans les semaines précédant sa nomination. Dans ce paysage, la remise en marche d’un groupe, réalisée en interne, envoie le signal d’une politique de remise en état du parc existant, engagée avant les grands projets de diversification et qui commence à produire des mégawatts. La secrétaire générale a d’ailleurs invité les équipes de la centrale à redoubler de vigilance dans l’exploitation et l’entretien des équipements, « afin de préserver les acquis et d’éviter de nouvelles interruptions ».
Oumarou Fomba
