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Malgré ses propres défis, le Mali continue d’accueillir plus de 300 000 réfugiés

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Le dernier rapport trimestriel du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés dresse le bilan de l’action humanitaire menée au Mali entre avril et juin 2026 : enregistrement biométrique, cartes d’identité, soutien scolaire, initiatives agricoles. Une réponse multisectorielle freinée par un financement international très en deçà des besoins.

Un pays confronté à des déplacements massifs sur son propre sol, mais qui continue, dans le même temps, d’accueillir plus de 300 000 réfugiés venus des pays voisins. C’est le visage à double face du Mali que dessine le dernier rapport trimestriel du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), consacré à la période avril-juin 2026. Un document qui, au-delà des chiffres bruts du déplacement forcé, met en lumière la persistance de l’action publique malienne en matière de protection et d’assistance aux populations vulnérables, en dépit d’un contexte sécuritaire éprouvant.

Le Mali, pays d’accueil autant que pays touché

Le rapport dénombre 306 315 réfugiés présents sur le sol malien à la fin du mois de juin, selon les chiffres du gouvernement malien et de la Commission nationale pour les réfugiés (CNCR). Une réalité qui contraste avec l’image d’un pays uniquement générateur de déplacés, largement diffusée à l’étranger. Le pays comptabilise par ailleurs 414 524 personnes déplacées internes et 338 369 réfugiés maliens dans les pays d’asile, mais aussi 153 132 déplacés internes déjà retournés dans leurs localités d’origine. Un mouvement de retour qui témoigne d’une stabilisation progressive dans certaines zones.

Sur le seul deuxième trimestre, les autorités maliennes et le HCR ont enregistré et enrôlé biométriquement 4 950 personnes, et distribué 17 806 cartes d’identité de réfugiés, un outil essentiel pour l’accès aux droits, aux services de base et à la liberté de circulation. Le dispositif national d’asile a par ailleurs enregistré 13 nouveaux demandeurs. Preuve que les mécanismes maliens de protection continuent de fonctionner malgré la pression exercée sur les capacités de l’État.

Éducation, santé, moyens de subsistance 

Le rapport détaille une série d’actions concrètes menées sur le terrain. Dans l’éducation, 532 élèves réfugiés ont bénéficié d’un appui financier pour leurs frais scolaires et 82 étudiants d’une aide pour leurs frais universitaires, tandis que le premier centre d’apprentissage numérique (E-Learning Center) du pays a été inauguré au Lycée sportif de Kabala, à Bamako. Une avancée présentée comme structurante pour l’inclusion numérique des jeunes réfugiés et des communautés qui les accueillent.

Dans le cercle de Koro, particulièrement touché par un afflux de réfugiés entre fin mai et mi-juin, le HCR et ses partenaires ont soutenu des initiatives agricoles concrètes. Dix motoculteurs remis à quatre coopératives et à une association de réfugiés, cinquante producteurs dotés de semences, 630 planches maraîchères aménagées et une campagne agricole lancée sur 35 hectares. Sur le plan de la protection de l’enfance, 169 actes de naissance ont été établis pour des enfants à risque d’apatridie, et plus de 1 050 enfants ont pu bénéficier d’activités récréatives et psychosociales.

La coopération régionale s’est également poursuivie, avec la tenue à Bamako, le 14 avril, de la 14ᵉ session de la Commission tripartite Mali-Burkina Faso-HCR, ainsi que des réunions bilatérales régulières entre les représentations du HCR des deux pays. Un cadre de dialogue qui illustre la capacité du Mali à maintenir une coordination transfrontalière active sur les questions de déplacement forcé.

Un financement très en retrait des besoins

Reste un point sombre, qui ne concerne pas l’action malienne elle-même mais la réponse internationale. Au 30 juin, seuls 20 % des 90,4 millions de dollars requis par le HCR pour ses opérations au Mali en 2026 avaient été mobilisés. Un déficit de financement qui contraint mécaniquement l’ampleur de l’assistance pouvant être apportée aux populations déplacées et aux communautés d’accueil maliennes, et qui appelle logiquement les bailleurs internationaux à amplifier leur soutien à un pays qui, en dépit de ses propres difficultés, continue d’assumer sa part d’un fardeau humanitaire largement régional.

A.D

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