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Loin des réalités, près des dorures : les conseils « d’ami » de Ouattara à Macky Sall

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Alors que l’Afrique s’éveille à une nouvelle ère de souveraineté, certains de ses anciens dirigeants semblent toujours attachés aux privilèges d’antan. Entre intrigues feutrées et conseils d’esquive, Alassane Ouattara et Macky Sall orchestrent, à distance, des manœuvres pour fuir les responsabilités que leurs peuples exigent enfin.

On dirait presque une mauvaise pièce de théâtre. Entre coups de téléphone et rencontres discrètes à Abidjan, le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue sénégalais à la retraite, Macky Sall, jouent une drôle de partition. Tous deux s’affairent en coulisses, échafaudant des stratégies, des plans de sauvegarde et des échappatoires pour se protéger des regards critiques de leur peuple. Alassane Ouattara, dont le ballet avec les puissances étrangères est un secret de polichinelle, vient de franchir une nouvelle étape dans sa quête d’influence régionale : conseiller Macky Sall sur la manière de se maintenir à flot dans les eaux agitées de la politique sénégalaise.

L’enjeu de ce duo improbable ? Empêcher le Pastef, le mouvement de l’opposition sénégalaise, de remporter la majorité à l’Assemblée nationale lors des prochaines législatives. Alassane Ouattara ne s’en cache pas : bloquer tout vent de changement dans les nations voisines devient presque un impératif personnel. Après tout, mieux vaut rester entre « amis » de longue date que de prendre le risque de voir émerger une nouvelle génération de leaders décidée à secouer les vieilles alliances et à renouer avec la souveraineté nationale.

Ouattara, le conseiller des élites menacées

Alassane Ouattara, fidèle à sa réputation de fin stratège — ou d’intrigant, selon les points de vue —, a jugé bon d’offrir ses conseils à son ami Macky. Et quels conseils ! « Reste loin de Dakar », lui a-t-il soufflé. La meilleure solution pour Macky Sall serait de ne pas revenir pour l’instant au Sénégal, où le vent de contestation pourrait bien le rattraper. Les rues de Dakar résonnent de mécontentements, mais pourquoi s’en soucier quand on peut profiter du confort d’un palais étranger ? Quant à ce poste d’envoyé spécial du « Pacte de Paris pour les peuples et la planète », Ouattara le voit comme un rempart d’immunité potentielle. Une élégante protection pour éviter les ennuis judiciaires.

Quelle ironie ! Macky Sall, celui-là même qui, autrefois, prônait transparence et justice pour son peuple, se laisse aujourd’hui séduire par les promesses de sécurité offertes par un titre honorifique en terre étrangère. Et Ouattara, en parfait entremetteur, le pousse à chérir ce petit poste, espérant que l’éloignement et les distractions internationales puissent protéger son ami des conséquences d’une gouvernance douteuse. Le peuple sénégalais, pendant ce temps, regarde avec une impatience grandissante. Les discours de Macky Sall et ses retours annoncés sont attendus… pour enfin solder les comptes laissés ouverts après ses années de règne.

L’ombre de la « haute trahison » plane

Mais le véritable enjeu ne s’arrête pas à quelques téléphones bienveillants entre vieux amis. Ce que Macky Sall redoute par-dessus tout, c’est cette accusation de « haute trahison » qui semble planer comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Il le sait : si le Pastef, parti d’Ousmane Sonko, l’actuel Premier ministre du Sénégal, parvient à obtenir la majorité des trois cinquièmes à l’Assemblée nationale, les portes du tribunal pourraient bien s’ouvrir devant lui. Et cela, Alassane Ouattara ne saurait le tolérer. Voir son vieil ami traîné devant la justice pour des années de politique douteuse, cela ferait désordre. Alors, à défaut de rétablir sa réputation, autant lui prodiguer les bons conseils pour se faire oublier.

Ce duo de présidents apparaît comme un étrange symbole des politiques africaines en quête de survie à tout prix. Un chef d’État qui conseille un ancien homologue, comme dans une scène de complot, pour échapper aux foudres du peuple et de la justice. Où est la dignité ? Où est la responsabilité envers leurs nations ? Les générations qui suivent ne retiennent que les stratégies de fuite et d’évitement, tandis que les jeunes leaders qui aspirent à la transformation et à la justice sont mis à l’écart.

La fuite comme seul horizon ?

Pendant qu’Ouattara et Macky Sall échangent stratégies et conseils en terrain neutre, leurs pays respectifs bouillonnent. Les populations ivoiriennes et sénégalaises, dont les voix ne semblent jamais parvenir jusqu’à ces hauts lieux de décision, cherchent à comprendre : que font leurs leaders, sinon se soustraire à la reddition des comptes ? La fuite comme seul horizon, l’esquive comme ultime projet politique. Tout cela alors que le continent africain est traversé par un élan de réappropriation et de dignité, de Bamako à Niamey en passant par Ouagadougou.

Ces présidents, qui préfèrent la France et ses dorures à leurs propres contrées, ressemblent désormais à des fantômes. On les aperçoit parfois à Paris, se chuchotant des mots d’encouragement pour échapper aux tempêtes politiques et aux grondements populaires. Mais, qu’ils le veuillent ou non, l’Afrique bouge, l’Afrique exige. Et un jour, peut-être, ils se rendront compte que toutes les discussions dans les salons feutrés de l’Hexagone n’effaceront pas les mémoires de leurs peuples.

Macky et Alassane : le dernier acte

Les actions de Macky Sall et d’Alassane Ouattara ressemblent aux derniers soubresauts d’une époque révolue. Leur influence s’effrite, et leurs tactiques ne convainquent plus grand monde. Alors que le peuple sénégalais se prépare à écrire un nouveau chapitre de son histoire, Alassane Ouattara, en marionnettiste dévoué, tente encore de tirer les ficelles pour étouffer les élans de liberté qui émanent de la jeunesse africaine. Mais cette jeunesse n’a plus de temps pour les reliques du passé ; elle veut écrire son avenir sans tutelle, sans jeux de coulisses, et sans conseils de ceux qui, pour leur propre profit, ont renoncé à être les garants de leur liberté.

Alassane Diarra 

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