Reçus au Palais de Koulouba trois jours après leur libération, les ex-détenus militaires ont été accueillis par le président de la Transition. Leur porte-parole a promis de reprendre les armes aux côtés de ses camarades, tandis que le chef d’état-major a assuré qu’aucune négociation n’avait été menée avec leurs ravisseurs.
Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, chef suprême des armées, a reçu, lundi 17 août, en début de soirée, les 82 militaires maliens libérés le 14 août dernier. La cérémonie, organisée dans la salle des banquets du palais de Koulouba, s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général de division Oumar Diarra, du secrétaire général de la Présidence, du directeur de cabinet du chef de l’État, ainsi que du chef d’état-major général des armées, le général de division Élisée Jean Dao, entouré de plusieurs responsables militaires.
« Aucune portion du territoire ne sera cédée »
Porte-parole des ex-détenus, le colonel Adama Bakayoko a choisi de s’exprimer en langue bambara pour délivrer un message qu’il a jugé porter une importance particulière. Il a d’abord remercié le président de la Transition et ses collaborateurs pour les efforts déployés en vue de leur libération, saluant également les conseils et les dotations reçus du chef d’état-major général et du ministre délégué à la Défense.
Les ex-détenus, par la voix du colonel Bakayoko, s’est ensuite dit prêt à retourner au front aux côtés de l’ensemble de l’armée malienne, réaffirmant qu’aucune portion du territoire national ne serait cédée. Il a appelé la population à soutenir les forces armées dans ce qu’il a décrit comme un combat pour la souveraineté du pays. « Nous sommes très émus aujourd’hui », a-t-il confié à l’assistance.
« Pas de négociation avec l’ennemi », affirme le chef d’état-major
Prenant à son tour la parole, le chef d’état-major général des armées a salué la résilience, la ténacité et la bravoure des militaires durant leur détention, ainsi que leur volonté constante de rejoindre leurs camarades. Il a tenu à préciser qu’aucune négociation n’avait été engagée avec leurs ravisseurs. Selon lui, les conditions avaient plutôt été réunies pour que la détention de ces détenus devienne intenable pour les groupes qui les retenaient. « Nous ne sommes pas allés en négociation avec l’ennemi, mais nous avons créé les conditions qui permettent à ce que l’ennemi même sache que les otages qu’il retient vont être encombrants pour lui. », a-t-il précisé. Il a présenté cette libération comme le fruit d’efforts menés sur instruction directe du chef de l’État, tout en indiquant que les démarches se poursuivaient en vue d’obtenir la libération de tous les détenus sur le sol malien.
Nous ne sommes pas allés en négociation avec l’ennemi, mais nous avons créé les conditions qui permettent à ce que l’ennemi même sache que les otages qu’il retient vont être encombrants pour lui.
Le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général de division Oumar Diarra, a expliqué que cette cérémonie avait pour objectif de présenter les militaires au chef de l’État et de réaffirmer leur engagement à poursuivre le combat. Revenant sur les conditions de leur détention, le ministre a assuré que l’État était resté mobilisé, conformément à l’engagement de ne laisser aucun militaire derrière, qu’il soit porté disparu ou détenu. Il a rendu hommage à ces soldats pour leur bravoure lors de la reconquête de Kidal et leur dignité durant leur détention, estimant que leur libération était le fruit des efforts conjugués des différents acteurs, notamment de l’État-Major général des armées, dont la campagne aérienne a permis de maintenir une forte pression sur les groupes armés jusqu’à créer les conditions de ce dénouement.
A.D
