Home A la Une Ibrahim Traoré : « Nous avons décidé d’affirmer notre souveraineté en matière textile »

Ibrahim Traoré : « Nous avons décidé d’affirmer notre souveraineté en matière textile »

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Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale du coton. À Bobo-Dioulasso, le président Ibrahim Traoré a inauguré le Complexe industriel textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), un investissement de 17 milliards de francs CFA financé par des ressources publiques nationales. Le site doit notamment produire les uniformes des forces combattantes et développer progressivement la transformation du coton burkinabè.

« Je pense que pour un être humain, se vêtir fait partie de la protection de sa dignité, de la même façon que s’alimenter. » C’est par ces mots que le président du Faso, chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, a résumé, mercredi 9 septembre à Logofourousso, dans la commune de Bobo-Dioulasso, le sens qu’il entend donner à l’inauguration officielle du Complexe industriel textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF). « Pendant longtemps, même dans la sous-région, nous avons exporté nos matières brutes, et nous avons décidé à travers ce complexe d’affirmer notre souveraineté en matière textile », a ajouté le chef suprême des forces armées nationales, s’adressant à la presse à l’issue de la cérémonie.

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Je pense que pour un être humain, se vêtir fait partie de la protection de sa dignité, de la même façon que s’alimenter.

Le complexe, chargé de confectionner les uniformes des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ainsi que des effets d’habillement destinés aux populations civiles, représente un investissement de 17 milliards de francs CFA sur un site d’une trentaine d’hectares. Une particularité de son financement mérite d’être relevée. Selon les autorités burkinabè, le projet a été concrétisé en mobilisant les ressources détenues par les caisses de prévoyance sociale, des sociétés d’État et d’autres structures publiques, réorientées vers cet investissement productif. Un choix que le président Traoré a résumé en assurant que « c’est un complexe qui a été financé par le peuple burkinabè pour faire tout ce que le peuple veut en matière de textile ».

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c’est un complexe qui a été financé par le peuple burkinabè pour faire tout ce que le peuple veut en matière de textile

Une ambition de 50 000 tonnes de coton transformées par an

Président du conseil d’administration de TEXFORCES-BF et chef d’état-major particulier du président du Faso, le général de brigade Ismaël Kiswendsida Diaouari a détaillé les capacités du complexe, dont la construction avait été lancée en avril 2024. Dans sa configuration actuelle, l’outil industriel peut traiter plus de douze tonnes de coton-fibre par jour et emploie 600 personnes directement, pour environ 15 000 emplois indirects revendiqués par les autorités. Ses capacités annuelles peuvent atteindre 20 millions de mètres de tissu au tissage, 5 à 6 millions d’unités en tricotage, jusqu’à 20 millions de mètres en finition-teinture, 4 à 6 millions de tenues, plus de 5 millions de tee-shirts et plus d’un million de paires de chaussettes. « Un pays qui produit du coton ne peut durablement accepter que l’essentiel de la valeur ajoutée, l’essentiel des emplois, des savoir-faire et des devises liées à cette matière première se créent ailleurs », a justifié le général Diaouari.

L’ambition affichée dépasse toutefois largement ces premiers chiffres. Les autorités visent, à terme, la transformation de jusqu’à 50 000 tonnes de coton par an, un tissage porté à 100 millions de mètres annuels et plus de 20 millions de pièces confectionnées, avec pour objectif une conquête progressive des marchés national, sous-régional puis international. Un objectif qui s’inscrit dans la continuité d’autres projets de transformation locale inaugurés ces derniers mois par le pouvoir burkinabè, comme l’unité de transformation de noix de cajou Burkina Cajou, ouverte en décembre 2025 à Bobo-Dioulasso.

« La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit »

Dans le discours présidentiel lu en son nom par le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, le chef de l’État a insisté sur la portée symbolique du projet : « En ce jour, nous n’inaugurons pas un simple complexe industriel, nous inaugurons un symbole vivant de notre souveraineté, une capacité nationale nouvelle et la preuve que le peuple burkinabè peut produire, transformer, innover et répondre lui-même à des besoins stratégiques de la Nation. » 

TEXFORCES-BF s’inscrit ainsi dans la ligne défendue par les autorités de la Transition burkinabè depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré fin 2022 : réduire la dépendance du pays aux importations, notamment pour l’équipement de ses forces combattantes, et transformer sur le territoire national les matières premières agricoles, du coton à la noix de cajou. 

Oumarou Fomba 

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