Le Mali et le Royaume-Uni souhaitent renforcer leur dialogue politique et économique. À Bamako, le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a sollicité l’accompagnement de Londres sur plusieurs dossiers sécuritaires au Sahel, notamment face aux prises de position d’acteurs étrangers comme l’Ukraine. Les deux parties ont également évoqué les investissements et le prochain Forum « Mali-Kura ».
Les discussions ont principalement porté sur les questions sécuritaires et les évolutions politiques au Sahel. Abdoulaye Diop a présenté les défis liés au terrorisme ainsi que les dynamiques sous-régionales ayant conduit à la création de la Confédération des États du Sahel. Les échanges ont également abordé les enjeux géopolitiques liés à cette situation, alors que Bamako cherche à défendre ses choix diplomatiques et ses priorités en matière de sécurité collective régionale.
Abdoulaye Diop sollicite Londres sur le rôle des acteurs étrangers
Dans les échanges consacrés à la sécurité, le chef de la diplomatie malienne a demandé l’accompagnement du Royaume-Uni sur certains dossiers régionaux. Londres dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui confère à sa diplomatie un poids particulier dans les discussions internationales. Abdoulaye Diop souhaite notamment voir le Royaume-Uni encourager certains acteurs étrangers, dont l’Ukraine, à adopter une attitude constructive et responsable au Sahel.
Cette demande s’inscrit dans les préoccupations exprimées régulièrement par Bamako concernant les interventions et prises de position extérieures dans l’espace sahélien. Le Mali entend défendre une approche fondée sur ses propres priorités sécuritaires et sur les orientations de l’AES. Pour les autorités maliennes, la coopération avec les partenaires étrangers doit également contribuer à la préservation de la sécurité collective et tenir compte des réalités propres aux pays concernés.
Le Forum « Mali-Kura » au cœur des perspectives économiques
Au-delà des questions sécuritaires, les deux délégations ont accordé une place aux perspectives économiques entre le Mali et le Royaume-Uni. Les discussions ont porté sur les investissements productifs, le développement des échanges commerciaux et la promotion d’événements économiques. Dans cette dynamique, Abdoulaye Diop a annoncé l’organisation prochaine à Bamako du Forum « Mali-Kura », présenté comme un espace destiné à favoriser des partenariats économiques mutuellement bénéfiques.
Le Forum « Mali-Kura » devrait ainsi servir de plateforme pour rapprocher les opérateurs économiques et rechercher de nouvelles opportunités d’investissement. Bamako entend encourager des partenariats susceptibles de soutenir la croissance et la transformation de son économie. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie visant à diversifier les relations économiques du Mali et à privilégier des investissements productifs capables de contribuer au développement national et à la création de nouvelles perspectives économiques.
Londres veut maintenir un dialogue direct avec Bamako
Charlotte Pierre a, de son côté, réaffirmé le soutien et la solidarité du Royaume-Uni envers le Mali. La responsable britannique a insisté sur la nécessité de poursuivre des échanges francs et directs afin de développer davantage les relations entre les deux pays. Londres affiche ainsi sa volonté de maintenir un dialogue avec Bamako, malgré les divergences pouvant apparaître sur certaines questions régionales et internationales abordées au cours de la rencontre.
La rencontre entre Abdoulaye Diop et Charlotte Pierre ouvre donc plusieurs pistes pour la relation Mali-Royaume-Uni. Les questions sécuritaires restent présentes, mais elles sont désormais accompagnées d’enjeux économiques et commerciaux. Avec l’annonce du Forum « Mali-Kura », Bamako souhaite donner une dimension concrète à cette coopération. Le dialogue engagé avec Londres devra désormais se poursuivre autour des investissements, des échanges commerciaux et des dossiers sécuritaires qui préoccupent les deux parties.
Ibrahim Kalifa Djitteye
