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Cacao : Abidjan maintient le prix bord champ à 1 200 F CFA, malgré le rebond des cours mondiaux

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À l’ouverture de la 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat, le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a annoncé la reconduction du prix garanti bord champ pour la campagne 2026-2027, très loin du record de 2 800 F CFA atteint un an plus tôt.

Le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a annoncé, mardi 1er septembre, à l’ouverture de la 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC) à Abidjan, que le prix minimum garanti bord champ du kilogramme de cacao pour la campagne principale 2026-2027 restera fixé à 1 200 francs CFA, soit le même niveau que celui appliqué depuis la campagne intermédiaire de mars à août dernier.

Un choix de prudence budgétaire pour la filière

Ce tarif, qui s’applique aux fèves bien fermentées, bien séchées et bien triées selon les critères fixés par le Conseil du café-cacao (CCC), l’organisme public chargé de la régulation de la filière, marque un net recul par rapport au sommet historique de 2 800 francs CFA enregistré lors de la campagne principale 2025-2026. Le ministre a par ailleurs annoncé un prix bord champ de 1 300 francs CFA pour le kilogramme de café.

Le maintien de ce tarif intervient alors que la campagne écoulée a été marquée par une forte volatilité des exportations et par le rachat, par l’État, de dizaines de milliers de tonnes de fèves restées invendues, dans un contexte de ralentissement de la commercialisation sur le marché mondial. « La campagne 2026-2027 continuera de subir encore un peu les soubresauts et les effets résiduels des difficultés de la précédente campagne », a justifié Bruno Nabagné Koné, qui a présenté l’arbitrage comme un choix de prudence budgétaire pour la filière.

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La campagne 2026-2027 continuera de subir encore un peu les soubresauts et les effets résiduels des difficultés de la précédente campagne

La décision du gouvernement ivoirien tranche pourtant avec l’évolution récente des marchés internationaux. Les cours mondiaux du cacao amorcent depuis peu un net rebond, après plusieurs mois de forte volatilité et un effondrement estimé à environ 70 % depuis décembre 2025. Selon les autorités, le prix garanti aux producteurs reste néanmoins le troisième plus élevé jamais accordé pour une campagne principale, derrière les niveaux de 2025-2026 et de 2024-2025.

Un prix jugé insuffisant pour couvrir la hausse du coût de la vie

Sur le terrain, la déception domine chez les producteurs. Plusieurs planteurs interrogés dans la région de Sikensi, à environ 80 kilomètres d’Abidjan, ont fait part de leur incompréhension face à un prix jugé insuffisant pour couvrir la hausse du coût de la vie et les dépenses de rentrée scolaire, dans un contexte où le rebond des cours mondiaux laissait espérer une revalorisation.

Premier producteur mondial de cacao, avec une contribution estimée à environ 40 % de l’offre mondiale, la Côte d’Ivoire a produit près de 2,2 millions de tonnes lors de la campagne 2025-2026. Sahel Tribune suit régulièrement les répercussions de la volatilité des cours du cacao sur les économies agricoles ouest-africaines, dans des pays où la filière reste une source majeure de devises.

Le gouvernement ivoirien avait déjà abaissé le prix bord champ à 1 200 francs CFA en mars, lors de l’ouverture de la campagne intermédiaire, invoquant la chute des cours internationaux. L’exécutif défend un mécanisme de stabilisation qui garantit aux producteurs au moins 60 % du prix CAF, en vigueur depuis la réforme de la filière engagée en 2011.

A.D

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