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Burkina Faso : Jean Emmanuel Ouédraogo défend le bilan de la Transition et la souveraineté industrielle

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Lors de la cérémonie mensuelle de montée des couleurs à la Primature, le chef du gouvernement burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo, a revendiqué un taux de réalisation de 72 % des dossiers traités depuis le début de l’année, tout en annonçant l’inauguration prochaine d’une usine textile militaire destinée à habiller les forces combattantes. Une cérémonie qui illustre la manière dont le pouvoir burkinabè articule indicateurs de performance administrative et discours de rupture souverainiste.

Lors de la cérémonie mensuelle de montée du pavillon national à la Primature, lundi, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a dressé le bilan de l’activité de son institution depuis le début de l’année. Un taux de réalisation physique supérieur à 72 %, pour plus de 4 600 dossiers traités, selon les chiffres communiqués par la Direction de la communication et des relations publiques de la Primature et relayés par l’Agence malienne de presse et de publicité. Tout en saluant ce résultat, le chef du gouvernement a mis en garde ses collaborateurs contre l’autosatisfaction : « Ce bilan statistiquement satisfaisant ne doit pas nous pousser à verser dans l’autosatisfaction », a-t-il déclaré, les invitant à tendre vers l’excellence sur les quatre derniers mois de l’année.

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Ce bilan statistiquement satisfaisant ne doit pas nous pousser à verser dans l’autosatisfaction

Au-delà du seul exercice comptable, la cérémonie a été l’occasion pour Jean Emmanuel Ouédraogo de rendre hommage à trois catégories d’acteurs érigées en piliers de la « souveraineté nationale » : les forces combattantes engagées dans la reconquête du territoire, dont il a salué « l’esprit de sacrifice » et la « combativité à toute épreuve », et les producteurs agricoles, à qui il a exprimé sa solidarité face aux disparités pluviométriques et aux poches de sécheresse touchant certaines régions du pays cette année, tout en se disant confiant quant à l’issue de la campagne agricole 2026.

TEXFORCES-BF, symbole industriel de la rupture affichée

Le temps fort de l’intervention du Premier ministre a toutefois porté sur l’annonce de l’inauguration prochaine de TEXFORCES-BF, l’usine textile des Forces armées du Burkina Faso. Le projet, dont la première pierre avait été posée dès avril 2024 par le capitaine Ibrahim Traoré à Logofoursso, en périphérie de Bobo-Dioulasso, doit permettre de transformer localement le coton burkinabè pour confectionner les tenues des forces combattantes, jusqu’ici en partie importées. D’un coût annoncé de 15 milliards de francs CFA sur une emprise de neuf hectares, l’usine ambitionne, selon les autorités, une capacité de production annuelle avoisinant 1,26 million d’uniformes à partir de 2 160 tonnes de coton brut, pour environ 600 emplois directs et plusieurs milliers d’emplois indirects revendiqués. Le gouvernement burkinabè présente ce projet non seulement comme un outil de souveraineté vestimentaire pour ses propres forces, mais aussi comme une future offre régionale à destination d’autres forces de sécurité africaines.

Ce projet s’inscrit dans un narratif que les autorités de la Transition burkinabè déploient de façon constante depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré fin 2022 : rompre avec la dépendance aux importations, notamment françaises, pour l’équipement de l’armée, et transformer sur place les matières premières nationales, du coton à l’or. C’est dans cette veine que Jean Emmanuel Ouédraogo a énuméré des avancées revendiquées dans la défense, l’agriculture, la santé, l’éducation et les infrastructures, avant de conclure sur une formule désormais familière du discours gouvernemental burkinabè : « Nous allons surprendre le monde. Nous surprenons déjà le monde. »

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Nous allons surprendre le monde. Nous surprenons déjà le monde.

A.D

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