Cinq ans après l’arrivée au pouvoir du président de la Transition, le ministre délégué de la Défense et le ministre de la Sécurité ont dressé, à Bamako, le bilan d’un secteur en pleine mutation : effectifs renforcés, infrastructures multipliées et nouveaux outils d’identification biométrique, sur fond de persistance de la menace terroriste.
À l’occasion de la commémoration des cinq ans du président de la Transition, le général Assimi Goïta, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général de division Oumar Diarra, et le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, ont présenté, ce lundi 13 juillet, le bilan quinquennal de leurs départements respectifs. La rencontre, tenue dans la salle Balla Moussa Keïta du Centre international de conférence de Bamako (CICB), a réuni un parterre civil et militaire éclectique : légitimités traditionnelles, réseau RECOTRADE, anciens combattants et victimes de guerre, Conseil national de la jeunesse.
Des partenariats respectueux de la souveraineté nationale
Le général Oumar Diarra a détaillé la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) : hausse des effectifs, modernisation des équipements et acquisition de vecteurs aériens, création de l’École de guerre, construction de l’Hôpital d’instruction des armées de Banankoro, des camps de Dioïla et Konobougou, de deux hôpitaux de niveau 2 à Sévaré et Gao, ainsi que de 1 000 logements à Kati et d’un Mémorial des armées. Il a souligné que ce chantier de reconstruction s’est mené de front avec la poursuite des opérations de sécurisation du territoire, malgré la persistance des menaces.
Le général Daoud Aly Mohammedine a, de son côté, dressé un bilan tout aussi étoffé pour la Police nationale, la Gendarmerie, la Garde nationale et la Protection civile : 131 infrastructures livrées en cinq ans, acquisition de matériels de maintien de l’ordre et de mobilité (véhicules d’intervention, ambulances, engins spécialisés), et surtout plus de 15 000 recrutements, complétés par 3 000 jeunes actuellement en formation. Sur le plan institutionnel, il a rappelé l’adoption de la loi n°2022-037 du 27 octobre 2022 portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile, ainsi que la création des directions générales correspondantes. Le ministre a également mis en avant l’introduction de nouveaux documents sécurisés (le e-passeport AES et la carte d’identité biométrique AES) et réaffirmé la priorité accordée au cadre de coopération sécuritaire de la Confédération des États du Sahel (AES), sans fermer la porte à d’autres partenariats respectueux de la souveraineté nationale.
Les intervenants interrogent sur le recrutement de volontaires et le rôle de la jeunesse
Contre toute attente, la séquence de questions-réponses n’a donné lieu à aucune sortie polémique. Les intervenants se sont plutôt succédé pour saluer les efforts consentis en matière de recrutement, d’équipement et d’amélioration des conditions de vie des Forces armées et de sécurité, s’interrogeant surtout sur l’avancement des chantiers en cours, le recrutement de volontaires et le rôle de la jeunesse en appui aux FDS sur le terrain.
En clôture, les deux ministres ont salué le soutien constant des populations, tout en les invitant à la vigilance et à une collaboration renforcée avec les Forces de défense et de sécurité. Un appel du pied à la remontée du renseignement, alors que la lutte antiterroriste reste, cinq ans après l’arrivée au pouvoir du colonel devenu général d’armée, le principal défi de la Transition malienne.
A.D
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