En visite officielle de deux jours dans la capitale malienne, Mahmoud Ali Youssouf a été reçu ce lundi par le chef de l’État malien. Une audience consacrée à la sécurité, à la lutte antiterroriste et à l’avenir des relations entre Bamako et l’Union africaine, sur fond de reconnaissance de l’AES par l’organisation continentale.
C’est la première visite d’un président de la Commission de l’Union africaine (UA) au Mali depuis l’entrée en fonction de Mahmoud Ali Youssouf. Arrivé dimanche 12 juillet dans le cadre d’une tournée régionale au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), le diplomate djiboutien a été reçu ce lundi 13 juillet par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, au terme d’une audience présentée par les deux parties comme « franche » et « constructive ».
La rencontre s’est tenue en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, du ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, ainsi que du représentant spécial du président de la Commission de l’UA pour le Mali et le Sahel et chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Mamadou Tangara. Plusieurs proches collaborateurs du chef de l’État malien et des membres de la délégation africaine y ont également pris part.
Sécurité et lutte antiterroriste au cœur des échanges
Selon les informations recueillies, les discussions ont porté sur la situation sécuritaire au Mali et dans l’ensemble du Sahel, la lutte contre le terrorisme, les perspectives de consolidation de la paix, ainsi que sur l’état des relations entre Bamako et l’Union africaine. Les évolutions institutionnelles engagées depuis plusieurs années par les autorités de la Transition ont également été abordées, de même que les mécanismes de coopération susceptibles d’accompagner les efforts nationaux.
À l’issue de l’audience, Mahmoud Ali Youssouf a exprimé la solidarité de l’organisation panafricaine envers le Mali après les récentes attaques terroristes ayant endeuillé le pays, condamnant « avec la plus grande fermeté le terrorisme sous toutes ses formes ». Il a salué le courage des Forces armées maliennes (FAMa) et la résilience du peuple malien, tout en assurant de la disponibilité de la Commission à accompagner les autorités maliennes dans leurs efforts pour un retour durable à la paix et à la stabilité, « dans le respect de la souveraineté du Mali et des choix opérés par son peuple ».
avec la plus grande fermeté le terrorisme sous toutes ses formes
Ordre constitutionnel et reconnaissance de fait de l’AES
Le président de la Commission a par ailleurs réaffirmé l’attachement de l’Union africaine aux principes de son Acte constitutif, notamment sur la question du retour à l’ordre constitutionnel, tout en précisant que cette position ne remettait en cause ni les liens historiques entre le Mali et l’organisation continentale, ni la poursuite de la coopération dans les domaines économique, social, humanitaire, sanitaire et du développement.
Sur le dossier régional, Mahmoud Ali Youssouf a reconnu l’émergence de la Confédération des États du Sahel comme « une réalité du paysage régional », plaidant pour un renforcement du dialogue, du bon voisinage et de la coopération entre les pays de la sous-région. Il a qualifié la lutte contre le terrorisme de défi continental, appelant à une réponse collective des États africains.
Cette visite, la première d’un chef de la diplomatie continentale à Bamako depuis l’installation de Mahmoud Ali Youssouf à la tête de la Commission, illustre la volonté des deux parties de maintenir un canal de dialogue direct, alors que les relations entre les pays de l’AES et les organisations continentales et régionales, Union africaine, mais aussi Cédéao, restent marquées par des tensions non résolues depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation ouest-africaine.
Foula D. Massé
