Nouveau code minier, loi sur le contenu local, brigade spéciale, recouvrements records : cinq ans après le début de la Transition, le Mali revendique une refondation complète de la gouvernance extractive, sous le mot d’ordre « que l’or brille pour les Maliens ».
Depuis 2020, le ministère malien des Mines revendique une transformation en profondeur de la gouvernance de l’industrie extractive, placée sous le signe de la souveraineté économique voulue par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. C’est ce bilan qu’a détaillé le ministre Amadou Keita devant les acteurs du secteur, la société civile et la presse, aux cinq ans de la Transition.
Pierre angulaire de cette refondation, le code minier de 2023 a porté à 35 % la participation de l’État et des investisseurs privés nationaux dans les projets miniers, contre 20 % auparavant, tout en supprimant les clauses de stabilité fiscale et les exonérations douanières dont bénéficiaient jusque-là les sociétés en phase d’exploitation. Une loi sur le contenu local impose par ailleurs aux multinationales de privilégier les cadres maliens et de sous-traiter avec des entreprises locales.
Renforcement du capital humain et opérationnalisation de l’École des mines
Sur le plan financier, un audit du secteur a permis de recouvrer plus de 760 milliards de F CFA de redevances ajustées et d’impôts impayés. Une partie de ces ressources irrigue désormais les collectivités : en 2026, le Fonds minier de développement local a redistribué 18,4 milliards de F CFA à 819 communes pour des infrastructures de santé, d’eau et d’éducation, remis symboliquement par le chef de l’État à Koulouba le 12 mars.
Le pays mise aussi sur la diversification, avec l’entrée en production du gisement de lithium de Bougouni, second projet du genre après Goulamina, qui doit hisser le Mali au premier rang des producteurs africains de lithium en 2026, avec plus de 590 000 tonnes de concentré de spodumène prévues pour les deux sites combinés. Une Brigade spéciale des mines a été créée pour lutter contre l’usage de cyanure et de mercure près des villages et sécuriser les couloirs d’orpaillage artisanal.
Dans le cadre de sa coopération avec la Russie, Bamako supervise la construction d’une raffinerie d’or locale destinée à l’export, ainsi qu’un projet d’usine d’explosifs industriels pour réduire sa dépendance aux importations. Le ministre Keita a enfin évoqué les chantiers à venir : renforcement du capital humain et opérationnalisation de l’École des mines et du pétrole.
A.D
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