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Mali : cinq ans de renaissance culturelle sous Assimi Goïta

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Réuni au Centre International de Conférences de Bamako le 23 juin 2026, le gouvernement de la Transition a dressé un bilan ambitieux de cinq années de politique culturelle, artisanale et touristique. Le ministre Mamou Daffé a défendu une vision centrée sur la mémoire, l’identité et la refondation nationale.

Il y a cinq ans, le Mali basculait dans une nouvelle ère. Depuis lors, la Transition conduite par le général d’armée Assimi Goïta a fait de la culture non pas un accessoire du politique, mais l’un de ses piliers structurants. C’est ce message qu’ont porté, mardi 23 juin 2026, les membres du gouvernement réunis au Centre International de Conférences de Bamako devant les représentants de la société civile, des milieux artistiques et du monde artisanal.

L’Année de la Culture, acte fondateur

Au centre des échanges, la décision du chef de l’État de proclamer 2025 Année de la Culture au Mali a été saluée comme un acte politique majeur. Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, y a vu une rupture symbolique décisive : celle d’un État qui choisit d’ancrer sa légitimité dans le génie propre de ses peuples, plutôt que dans des modèles importés.

Ce choix s’est traduit par plusieurs chantiers concrets : restauration de la mémoire historique et de la dignité des Maliens, reconnaissance des autorités traditionnelles, déploiement du Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) pour transmettre une culture du Mali Kura à la jeunesse, et revitalisation culturelle des territoires les plus reculés.

Artisanat et tourisme : des secteurs en mutation

Au-delà du discours identitaire, le bilan présenté fait état de réformes structurelles dans les secteurs de l’artisanat et du tourisme. L’amélioration des conditions de vie et de travail des acteurs culturels, la professionnalisation des filières et la promotion des talents figurent parmi les priorités revendiquées par l’exécutif. Dans un pays où ces secteurs représentent un vivier d’emplois informels considérable, leur formalisation progressive constitue un enjeu économique autant que social.

La rencontre a également mis en lumière la dimension diplomatique de cette politique culturelle. Le renforcement de la coopération avec les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) — Niger, Burkina Faso et Mali — s’inscrit dans une stratégie de rayonnement régional qui entend faire du Mali un pôle d’attraction culturelle à l’échelle sahélienne.

Un projet politique assumé

La rencontre du 23 juin illustre la méthode de la Transition : gouverner par la narration autant que par l’action. En convoquant les notions de mémoire, de dignité et de Mali Kura — le « Mali nouveau » —, les autorités construisent un récit national alternatif à celui de l’ancien ordre institutionnel. La culture, dans cette optique, n’est pas un secteur parmi d’autres : elle est le ciment de la refondation.

Reste à traduire ces ambitions en indicateurs mesurables. Si le discours porté par Mamou Daffé et ses collègues — dont Abdoul Kassim Ibrahim Fomba (Jeunesse), Alhamdou Ag Ilyène (Communication) et Djeneba Sanogo (Promotion de la Femme) — témoigne d’une cohérence de vision, l’heure du bilan chiffré sera, à terme, le véritable test de la politique culturelle de la Transition malienne.

A.D


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