[Tribune] Gouvernance : le mal-être de l’être-malien dans la gestion de la transition

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L’état du vécu d’un peuple est le reflet du pourvoir de l’exécutif. Et l’efficacité des mécanismes et procédures administratives mis en place entre le peuple et les décideurs se mesure dans la gestion de la transition.

Une nouvelle ère se profile à l’horizon au Mali avec une allure peu suspectée par les acteurs de la scène politique et des autorités de la transition. Ces hommes en kakis qui détiennent les leviers du pouvoir décisionnel et qui se réclament acteurs du changement.

Le mal-être accole l’être-malien

Les réactions que suscitent les discours et les pratiques des instances en charge des prises de décision laissent planer des doutes et du suspense sur la prise en compte des idéaux que renferme le concept « Mali-Kura». Le mal-être qui est décrié depuis des décennies peine à faire place à un autre mode d’être-malien, dans la pratique de la gestion des affaires de la vie de la Nation.

La fierté aux autorités fait-elle place à la suspicion à leur égard ? Le ton employé dans le communiqué de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le compte-rendu de la conférence de presse et les prises de position des leaders de l’Union nationale des travailleurs du Mali et syndicats affiliés, laissent transparaitre un divorce entre les tenants du pouvoir et les différentes corporations.

Ce qu’implique le concept de Mali Kura

Les motifs et les injonctions des préavis de grève, exposé sur la place publique, traduisent et manifestent que le deal convenu avec chaque corporation en vue de donner satisfaction à leurs doléances n’a pas été observé. C’est aussi la preuve que le langage des interlocuteurs de l’exécutif ne rassure plus. En effet, les différentes corporations avaient accepté un moment de faire balle à terre pour, disait-on, soutenir les autorités de la transition dans l’instauration du Mali Kura.

Un concept dépourvu de réalité perd sa place dans le concert des concepts. L’état de l’être-malien, qu’affichent les soutiens des actions des autorités maliennes, prouve que ces soutiens sont déconnectés de la réalité de « l’être-au-monde » du Malien. C’est aussi la preuve qu’ils n’ont aucune idée du concept Mali Kura.

Le Mali Kura, c’est surtout le changement dans la gestion des affaires publiques, avec à la clé la participation et la prise en compte des aspirations des Maliens ainsi que de leurs besoins vitaux. À cela s’ajoute la gouvernance du peuple avec le peuple sans entremise. Dans cette pratique de gouvernance, il convient de ne marginaliser aucune force, quelle qu’elle soit. Elles doivent être impliquées sur toutes les questions de la vie de la nation.

L’ouverture de plusieurs fronts

À cet effet, si l’on prend soin de scruter, avec un esprit calculateur et désaliéné, il est manifeste que l’optimisme béat qu’a prévalu chez les acteurs qui mènent la lutte sur le front social pour l’amélioration des conditions d’existence de l’être-malien se dissipe.

Cette situation favorise l’ouverture de plusieurs fronts et l’expression du mécontentement des « laissés-pour-compte » de la république ou de tous ceux qui se sentent marginalisés, menacés dans leur existence. Ne dit-on pas que le goût des plats d’un peuple est au sens propre du terme à l’image de celui de la vie ?

Mikailou Cissé


Les idées exprimées dans cet article ne sont pas forcément la vision de Sahel Tribune.

Mikailou Cissé
Mikailou Cissé
Mikailou Cissé est professeur de philosophie de niveau secondaire au Mali. Après des études de Master à l'Ecole Normale supérieure (ENSUP) de Bamako, quelques mois de stage à Phileingora lui ont suffi pour faire de l'écriture sa passion. Mikailou produit des articles d'analyse sur la politique et la société.

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