Dans l’État soudanais du Nil Bleu, des milliers de personnes ont quitté leurs villages en quelques jours. L’OIM décrit une situation sécuritaire « tendue et extrêmement volatile ».
Dans l’État du Nil Bleu, au sud-est du Soudan, la fuite des civils s’accélère. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué mercredi 7 octobre que 1 275 personnes avaient quitté plusieurs villages en une seule journée, sur fond de dégradation des conditions de sécurité. D’après les équipes de l’agence présentes sur le terrain, ces déplacements ont eu lieu mardi 6 octobre dans la localité de Wad al-Mahi.
Ces nouveaux départs portent à 6 800 le nombre de personnes ayant fui des villages de cette localité au cours des quatre derniers jours, précise l’OIM.
Une dizaine de villages concernés
L’agence cite notamment les villages d’Amiri, Jabal Nimr, Abu Qadaf, Bashkarkat, Ab Jankour, Makla, Matangiya, Jabal al-Nour, Menza et Manshiling. Les habitants ont trouvé refuge dans des localités de la zone de Roseires, toujours dans le Nil Bleu, après un autre incident signalé lundi.
« La situation reste tendue et extrêmement volatile », a déclaré l’OIM, qui dit continuer de suivre de près son évolution.
Un État déjà durement touché
Le Nil Bleu n’en est pas à ses premiers déplacements. Le 13 septembre, l’OIM avait fait état de 99 277 personnes, soit 19 497 ménages, déplacées dans l’État entre le 11 janvier et le 23 août.
L’État connaît ces derniers jours une nouvelle escalade militaire, après des attaques menées dans plusieurs zones par les Forces de soutien rapide (FSR) et par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, allié à ces dernières.
Une guerre entrée dans sa quatrième année
Le Soudan traverse une grave crise humanitaire depuis avril 2023 et le début de la guerre entre l’armée régulière et les FSR, sur fond de désaccord autour de l’unification des forces militaires. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé 13 millions de personnes.
A.D
