Prévue pour ce jeudi 1er octobre 2026, la rentrée scolaire 2026-2027 se prépare dans les différents espaces commerciaux de Bamako. Fournitures, manuels scolaires, sacs, vêtements et chaussures figurent parmi les principaux achats des familles. Dans les marchés et points de vente visités, parents et commerçants évoquent toutefois le poids de ces dépenses sur les budgets familiaux. Entre hausse de certains prix, comparaison des offres et achats effectués selon les moyens disponibles, les préparatifs s’annoncent particulièrement calculés.
De la recherche des cahiers et autres fournitures scolaires au choix des manuels, en passant par l’achat des sacs et de l’habillement, les dépenses liées à la rentrée concernent plusieurs catégories d’articles. Pour de nombreuses familles, il faut composer avec des besoins multiples et des ressources limitées. Cette situation conduit certains parents à comparer les offres, à négocier les prix ou encore à étaler les achats afin de répondre progressivement aux exigences de la nouvelle année scolaire.
Les parents surveillent chaque dépense effectuée
Pour Aïchata Diallo, parent d’élève au quartier Yirimadjo, la différence avec l’année précédente se fait sentir sur certaines fournitures de base. Les cahiers sont particulièrement surveillés. « Vraiment, cette année, les articles ont augmenté de prix. Prenons l’exemple des cahiers : le paquet coûte entre 1 750 et 2 000 F, alors que l’année passée, on pouvait le trouver à 1 250, 1 300 ou 1 500 F. Ce que je peux dire aux vendeurs, c’est de revoir la situation », témoigne-t-elle.
Vraiment, cette année, les articles ont augmenté de prix. Prenons l’exemple des cahiers : le paquet coûte entre 1 750 et 2 000 F, alors que l’année passée, on pouvait le trouver à 1 250, 1 300 ou 1 500 F. Ce que je peux dire aux vendeurs, c’est de revoir la situation
Du côté des vendeurs de fournitures de Yirimadjo, cette prudence des parents se répercute directement sur les ventes. Ali Djibanè explique que les clients tardent davantage à acheter. « L’année passée, à cette même période, les achats avaient déjà commencé, mais cette année, c’est très lent. Dans nos articles, il y a toutes sortes de prix, qui vont de 2 000 à 8 000 F. Les prix ont quand même un peu augmenté chez nos fournisseurs », affirme-t-il.
L’année passée, à cette même période, les achats avaient déjà commencé, mais cette année, c’est très lent. Dans nos articles, il y a toutes sortes de prix, qui vont de 2 000 à 8 000 F. Les prix ont quand même un peu augmenté chez nos fournisseurs
Une offre variée ne suffit pas toujours aux familles
Plus loin, à Missabougou, l’offre de sacs présente davantage de possibilités selon les budgets. Sira Diarra propose différents modèles dont les prix permettent aux parents de choisir selon leurs moyens. « Vraiment, cette année, ça va. Il y a beaucoup d’amélioration sur le marché des sacs grâce à la fabrication des sacs chinois. Il y a toutes sortes de prix, donc chacun peut acheter selon son budget. Le prix minimum de mes sacs commence à 2 500 F et peut aller jusqu’à 12 500 F », précise-t-elle.
Dans ce même espace commercial, Ramata Traoré propose des cahiers, bics, crayons, ardoises et fournitures scolaires. Elle estime que les articles restent disponibles, mais souligne que les familles manquent de moyens. « Il y a de très bons sacs, mais les gens n’ont pas assez d’argent. Pour les cahiers, les bics, les crayons, les ardoises et les autres fournitures, les prix restent parfois élevés. Nous prions donc le Bon Dieu pour qu’il nous facilite la vente. Avec nos clients, ce n’est pas facile », explique-t-elle.
Les choix vestimentaires dépendent surtout du budget
Concernant l’habillement, Lamine Dembélé, vendeur à Missabougou, estime que les échanges avec les clients restent relativement simples. « Je suis vendeur d’habits. Il n’y a vraiment pas beaucoup de problèmes entre moi et mes clients. Du côté de l’habillement, c’est surtout une question de choix. Le prix dépend également du choix et de la qualité. Cette année, il y a quand même du marché, selon lui. Nous remercions le Bon Dieu », indique-t-il, avec satisfaction.
Pour Madame Sangaré Binta Kanté, également vendeuse d’habits à Missabougou, les difficultés concernent l’approvisionnement et le coût des articles. « Nos fournisseurs ont un peu de difficultés à faire entrer suffisamment d’articles. En plus, les prix ont augmenté et certains de nos clients ne comprennent pas cela. Ils pensent que, comme c’est la rentrée, nous augmentons les prix, alors que ce n’est pas le cas. Vraiment, les prix ont augmenté et certains ont même doublé », déplore-t-elle.
Les négociations deviennent essentielles avant chaque achat
Du côté de Niamakoro Courani, les préparatifs donnent lieu à de nombreuses discussions. Mohamed Traoré, vendeur de fournitures, constate que les clients arrivent avec des budgets limités. « Les parents viennent surtout avec une liste et ils essaient de voir ce qu’ils peuvent acheter avec l’argent qu’ils ont. Certains prennent seulement une partie des fournitures et reviennent ensuite pour le reste. Nous proposons plusieurs choix pour éviter qu’un prix trop élevé ne bloque l’achat », explique-t-il.
Pour sa part, Maïmouna Diallo observe que les parents comparent davantage les produits avant de choisir, surtout pour les articles destinés à durer. « Les clients regardent la qualité et le prix. Quand ils trouvent un article qui correspond à leur budget, ils discutent encore pour essayer d’obtenir une petite réduction. Nous aussi, nous faisons un effort pour faciliter les achats et trouver une solution adaptée à chaque budget », témoigne-t-elle.
Les commerçants adaptent leurs offres aux moyens disponibles
Selon Moustapha Diarra, les vendeurs doivent proposer plusieurs gammes de produits afin de répondre aux moyens des familles. « Nous essayons de garder des articles à différents prix pour que chacun puisse trouver quelque chose. Un parent peut venir avec un petit budget et demander un sac simple, tandis qu’un autre cherchera quelque chose de plus solide. Quand le client doit acheter pour plusieurs enfants, il faut forcément discuter et chercher une solution qui arrange les deux côtés », souligne-t-il.
Dans le même secteur, Sanata Coulibaly, vendeuse, fait un constat similaire. Elle observe que les parents se montrent particulièrement attentifs aux prix et recherchent les produits accessibles. « On voit que les parents font vraiment attention à leurs dépenses. Ils demandent les prix de plusieurs articles avant de choisir. Certains viennent avec une somme précise et nous demandent de donner ce qui est possible avec cet argent. Dans ces cas-là, nous essayons de les orienter vers les produits les plus accessibles », explique-t-elle.
Les dépenses scolaires s’ajoutent aux charges quotidiennes
Du côté de Tiébani, les préparatifs concernent aussi bien les fournitures que les vêtements et les chaussures. Les parents parcourent les différents étals à la recherche de produits correspondant à leurs listes et à leurs moyens. Les commerçants constatent que certains achats sont étalés sur plusieurs jours. Cette situation pousse plusieurs familles à commencer par les fournitures jugées indispensables, avant de compléter progressivement le reste des besoins scolaires.
Au fil des derniers jours avant la reprise, parents et commerçants restent dans l’attente d’un équilibre entre les besoins des élèves et les possibilités des familles. Les achats se poursuivent avec des budgets calculés au plus près, tandis que les négociations permettent parfois de réduire la facture. Pour beaucoup de ménages, l’objectif reste désormais de satisfaire l’essentiel, tout en espérant que les derniers jours permettront de compléter les fournitures et l’habillement nécessaires avant la reprise des cours.
Ibrahim Kalifa Djitteye
