La salle Balla Moussa du Centre international de conférences de Bamako a accueilli, ce lundi 29 juin 2026, l’atelier consacré au Débat d’orientation budgétaire (DOB). Cette rencontre institutionnelle majeure a réuni les acteurs clés de la gestion des finances publiques autour des perspectives budgétaires de l’État. Elle s’inscrit dans le cadre de la programmation pluriannuelle, avec pour objectif de renforcer la rigueur macroéconomique et d’accompagner la dynamique de refondation institutionnelle en cours.
La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le premier vice-président du Conseil national de Transition (CNT), l’Honorable Hamèye Founè Mahalmadane. L’événement s’est déroulé en présence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Monsieur Alousséni Sanou, ainsi que du président de la commission des Finances, de l’Économie, du Plan et de la Promotion du Secteur Privé, l’Honorable Mamadou Touré. Plusieurs membres de l’organe législatif et cadres administratifs ont également pris part à cette session.
Présentation du cadre macroéconomique programmation budgétaire
Prenant la parole à la suite des interventions introductives, le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Monsieur Alousséni Sanou, a présenté les grandes lignes du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP). Ce document stratégique repose sur des hypothèses macroéconomiques rigoureuses et expose les prévisions relatives aux recettes, aux dépenses publiques, ainsi qu’à l’évolution de la dette. Il fixe également les objectifs d’équilibre budgétaire à moyen terme.
Selon le ministre, le Débat d’orientation budgétaire constitue un instrument essentiel de cohérence entre les politiques publiques et le projet de loi de finances à venir. Il s’inscrit dans les orientations de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. Le document prend en compte la sécurité nationale, l’approvisionnement en produits pétroliers et les actions engagées dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES), dans une logique de consolidation des acquis.
Réformes budgétaires performances économiques projetées
Monsieur Alousséni Sanou a rappelé que cette session constitue la neuvième édition du DOB depuis la mise en œuvre du budget-programmes en 2018. Cette réforme vise à moderniser la gestion des finances publiques, à améliorer la performance de l’action publique et à renforcer le contrôle parlementaire. Elle permet ainsi une meilleure lisibilité des choix budgétaires et une évaluation plus précise des politiques publiques à travers les différentes étapes budgétaires.
Pour la période 2027-2029, les projections macroéconomiques indiquent une croissance moyenne du PIB réel estimée à 6,5 %, avec une inflation maîtrisée en dessous de 3 %. Le taux de pression fiscale est projeté à 14,6 %, tandis que le déficit budgétaire moyen devrait être contenu à 2,2 %, conformément aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ces résultats dépendent toutefois du contexte sécuritaire et de la poursuite des réformes.
Reconnaissance institutionnelle gouvernance financière renforcée
Avant de conclure son intervention, le ministre d’État a exprimé sa reconnaissance à l’endroit des membres du Conseil national de Transition pour leur accompagnement constant dans la mise en œuvre des réformes. Il a salué leur rôle dans l’adoption des textes législatifs essentiels au bon fonctionnement des finances publiques et à la réalisation des objectifs de développement. Cet engagement institutionnel contribue à renforcer la crédibilité des politiques économiques nationales.
En réponse, le premier vice-président du CNT, l’Honorable Hamèye Founè Mahalmadane, a rappelé que le Débat d’orientation budgétaire est une prérogative essentielle prévue par les textes en vigueur. Il permet au Gouvernement de présenter l’état des finances publiques, d’exposer sa stratégie budgétaire et d’analyser les contraintes économiques majeures. Cet exercice favorise une meilleure compréhension des enjeux financiers à moyen terme.
Responsabilité parlementaire discipline budgétaire renforcée
Le responsable parlementaire a insisté sur la nécessité de conduire ce débat avec rigueur et responsabilité. Selon lui, il constitue un cadre privilégié pour permettre aux membres du CNT de mieux exercer leurs missions de vote du budget et de contrôle de l’action gouvernementale. Il a également rappelé les dispositions légales relatives au Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle, notamment son contenu et ses exigences de transparence.
Enfin, le premier vice-président a salué les avancées enregistrées en matière de gouvernance financière au sein de l’institution parlementaire. Il a évoqué le renforcement des mécanismes internes de contrôle, l’adoption d’un manuel de procédures administratives et financières, ainsi que l’encadrement des émoluments des membres du CNT. Dans cette dynamique, il a réaffirmé l’engagement de l’institution dans la vision du « Mali Koura », orientée vers une nation souveraine, stable et économiquement résiliente à l’horizon 2063.
Ibrahim Kalifa Djitteye
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