Home A la Une Mali : une première politique pénitentiaire pour réformer les prisons à l’horizon 2030

Mali : une première politique pénitentiaire pour réformer les prisons à l’horizon 2030

0 comments 358 views 2 minutes read

Le Conseil des ministres a approuvé, vendredi, un décret consacrant la Politique nationale pénitentiaire du Mali et son plan d’actions 2026-2030. Une réforme structurelle qui intervient alors que plusieurs établissements du pays restent confrontés à un engorgement chronique, et qui prolonge d’autres chantiers récemment engagés par le ministère de la Justice.

Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’homme, garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, le Conseil des ministres, réuni vendredi 18 septembre à Koulouba sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, a adopté un projet de décret portant approbation de la Politique nationale pénitentiaire du Mali et de son plan d’actions. Le principe de cette politique avait déjà été acté lors d’une session antérieure du Conseil, le 12 août, à travers une communication écrite ; le décret adopté vendredi en consacre formellement l’approbation et ouvre la voie à sa mise en œuvre opérationnelle.

Selon le communiqué officiel, cette politique a pour objectif de « doter le Mali d’un document de référence et d’orientation en matière d’administration pénitentiaire, dans le respect des normes nationales et internationales » applicables en la matière. Sa première phase opérationnelle doit couvrir la période 2026-2030, dans une logique de plan quinquennal destiné à structurer durablement la gestion des établissements pénitentiaires du pays.

“

doter le Mali d’un document de référence et d’orientation en matière d’administration pénitentiaire, dans le respect des normes nationales et internationales

Une réponse à un engorgement documenté

Cette réforme intervient alors que le système carcéral malien demeure confronté à une pression démographique persistante. À titre d’illustration, la Maison centrale d’arrêt de Bamako, principal établissement du pays, avait vu sa population de détenus ramenée de 4 500 personnes en 2023 à 3 750 en 2024, une décrue obtenue notamment grâce à une politique de transfèrements ayant concerné 1 750 détenus vers plusieurs établissements régionaux, parmi lesquels Kéniéroba, Koulikoro, Bla, Fana et Dioïla. Ces chiffres, bien qu’en amélioration, témoignent de l’ampleur du défi structurel auquel doit désormais répondre cette nouvelle politique nationale.

Le décret adopté vendredi s’inscrit par ailleurs dans la continuité d’un autre chantier engagé par le même ministère quelques jours plus tôt : la préparation du recours au bracelet électronique comme alternative à l’incarcération classique. Une délégation de la Direction générale de l’administration pénitentiaire, conduite par le général Sou Daou, s’était rendue au Sénégal du 31 août au 8 septembre pour étudier l’expérience sénégalaise en matière de surveillance électronique, dans la perspective d’une introduction prochaine de ce dispositif au Mali.

Pris ensemble, ces deux chantiers, politique pénitentiaire globale d’un côté, alternatives concrètes à l’incarcération de l’autre, dessinent une stratégie à double niveau : se doter d’un cadre stratégique de long terme pour l’administration pénitentiaire, tout en explorant, dans l’immédiat, des outils opérationnels susceptibles de désengorger des établissements dont la capacité d’accueil reste, comme dans de nombreux pays de la sous-région, largement dépassée par le nombre réel de personnes détenues.

A.D

Donnez-nous votre avis

FR|EN FR|EN