Treize morts depuis le début de l’hivernage 2026, contre cinquante-sept à la même période en 2024. Sur le papier, le bilan des inondations maliennes s’allège nettement. Mais derrière l’amélioration statistique, les mêmes failles de prévention, documentées chaque année, n’ont toujours pas disparu.
Réuni le 2 septembre au Centre de coordination et de gestion des crises, le Comité technique de gestion de la crise inondation a dressé un bilan qui, cette année, se veut presque rassurant. Depuis le début de la saison des pluies, le Mali déplore 13 morts, 17 blessés et 153 effondrements, pour 355 ménages et 2 790 personnes affectés. Un chiffre à comparer à celui, autrement plus lourd, enregistré à la même période en 2024 : 57 décès, 254 cas d’inondation et plus de 126 000 sinistrés recensés début septembre, selon le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes de l’époque. Sur le papier, la mortalité a été divisée par quatre en deux ans.
Le curage, toujours en retard sur les pluies
Reste à savoir si cette amélioration traduit un progrès réel de la prévention, ou simplement une saison des pluies moins intense. Le communiqué signé du colonel sapeur-pompier Issa Raoul Dana Dabo reprend, quasiment à l’identique d’une année sur l’autre, la même liste de consignes : ne pas s’abriter sous un arbre, débrancher les appareils électriques, éviter les routes inondées, signaler les dépôts d’ordures dans les caniveaux. Les mêmes mesures (curage des collecteurs, libération des lits des marigots, brigadiers citoyens du projet « Né Ka Siguida, N’Ka Faso Ko ») reviennent, elles aussi, presque mot pour mot dans les communiqués successifs du ministère de la Sécurité et de la Protection civile depuis plusieurs hivernages.
Sur le terrain, plusieurs observateurs continuent de pointer un décalage entre le calendrier des travaux et celui des pluies. Les opérations de curage des caniveaux, lancées alors que l’hivernage a déjà commencé, laissent parfois les déchets extraits sur les berges plusieurs jours, avant qu’ils ne soient rapidement remportés dans les canaux par les pluies suivantes. Une critique documentée dès juillet par la presse malienne, et qui n’a, semble-t-il, rien perdu de sa pertinence deux mois plus tard.
L’hivernage n’est pourtant pas terminé. Les prévisions de Mali-Météo annoncent la poursuite des activités pluvio-orageuses jusqu’à fin septembre, avec des risques d’inondation jugés toujours élevés par endroits. De quoi rappeler qu’un bilan à mi-parcours, aussi encourageant soit-il, ne dit encore rien du bilan final.
A.D
