Après le Premier ministre fin septembre, c’est le ministre de l’Administration territoriale qui a reçu, cette semaine, la délégation de l’agence ivoirienne Bloomfield Investment Corporation, chargée de réévaluer la situation du pays pour le compte des investisseurs. Décentralisation, lutte contre la radicalisation des jeunes et digitalisation de l’état civil étaient au menu des échanges.
Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a reçu une délégation de l’agence de notation Bloomfield Investment Corporation, conduite par son directeur de mission, Blanchard Tra Bi, dans le cadre d’une mission de réévaluation des réformes engagées par le département. Basée à Abidjan, Bloomfield est l’une des principales agences de notation financière agréées par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers dans l’espace UEMOA, aux côtés de Wara Rating et d’AG Ratings.
Cette visite s’inscrit dans la continuité d’une audience accordée, le 29 septembre, par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, à la même délégation, dans le cadre d’un programme de notation financière confié à Bloomfield pour améliorer la visibilité du Mali auprès des investisseurs. À l’issue de cette première rencontre, le représentant de l’agence avait fait état de « perspectives stables » pour le pays, malgré les contraintes sécuritaires et environnementales. Il avait estimé que le Mali conservait sa capacité à honorer ses engagements financiers.
440 milliards de FCFA transférés aux collectivités en 2024
Devant la délégation, le ministre et son équipe ont mis en avant l’ampleur des ressources transférées aux collectivités territoriales. Plus de 440 milliards de francs CFA en 2024, soit 20,32 % des recettes budgétaires de l’État. Ces transferts, canalisés notamment via l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), financent des secteurs jugés essentiels (éducation, santé, eau, assainissement, infrastructures locales), dans un objectif affiché de renforcer les capacités d’action des collectivités et de rapprocher l’administration des populations, sur fond de transparence et de redevabilité.
La situation sécuritaire a également été abordée, sous l’angle spécifique de la jeunesse et des facteurs de vulnérabilité à la radicalisation. Face aux risques d’enrôlement des jeunes par des groupes armés terroristes, les actions présentées par le ministère mettent l’accent sur l’identification des enfants, l’établissement des actes de naissance et l’apprentissage de métiers, présentés comme des leviers d’inclusion sociale.
Fin des paiements en espèces et nouvelle plateforme d’état civil
La modernisation et la digitalisation de l’administration territoriale ont par ailleurs retenu l’attention de la délégation. Le département prévoit la mise en œuvre prochaine d’une plateforme dédiée aux services d’état civil, destinée à faciliter l’accès des populations aux actes administratifs, ainsi que la suppression progressive des modes de paiement en espèces dans ses services. Pour les prochaines années, le ministère entend également accentuer le renforcement des capacités, la modernisation des marchés publics et l’amélioration de leur gestion, avec pour objectif affiché davantage de transparence et d’efficacité dans l’action publique. Des réformes présentées comme s’inscrivant dans la Vision Mali 2063.
Au terme des échanges, les représentants de Bloomfield ont salué la qualité des discussions et des informations recueillies. Il se sont dits confiants quant aux perspectives qui se présentent pour le pays.
A.D
