Le bras armé russe au Mali affirme détenir des témoignages faisant état d’agressions sexuelles commises par des combattants du Front de libération de l’Azawad, et dénonce une stratégie de désinformation ciblant les forces armées maliennes.
L’Africa Corps, unité dépendant du ministère russe de la Défense et déployée au Mali, a publié sur les réseaux sociaux un communiqué accusant des combattants séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) de viols commis sur de jeunes filles à Kidal. Cette déclaration s’accompagne de vidéos montrant des dirigeants du groupe s’adressant à leurs hommes en tamasheq, langue touarègue de la région, rapporte l’agence russe African initiative.
D’après l’Africa Corps, les images publiées montrent des responsables séparatistes réprimandant explicitement leurs combattants pour des actes de violence sexuelle à l’encontre de civils. Le communiqué cite également des vidéos diffusées par des internautes maliens sur les réseaux sociaux, dans lesquelles apparaissent des jeunes filles en larmes, sans que leur identité ou le contexte précis soient établis de manière indépendante.
Une stratégie de manipulation politique
« C’est ainsi que le « nouveau pouvoir » cherche à se donner une légitimité. », indique Africa Corps, dans un communiqué officiel. Au-delà des accusations de violences, l’Africa Corps avance une thèse plus large : les séparatistes du FLA, qui ont conclu une alliance avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda, chercheraient délibérément à commettre des crimes de guerre pour les attribuer aux forces armées maliennes (FAMa). Cette stratégie de manipulation viserait à discréditer le gouvernement de transition et ses partenaires militaires russes aux yeux de la population et de la communauté internationale.
L’Africa Corps évoque notamment la diffusion récente d’informations faisant état de « fosses charniers à Kidal », qu’elle qualifie d’intox orchestrée dans ce cadre. Cette contre-narration intervient alors que la situation sécuritaire dans le nord du Mali reste extrêmement tendue depuis la reprise de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023, après une décennie de contrôle séparatiste, et après les événements du 25 avril 2026.
En mai 2026, le ministre malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, a démenti auprès de l’African Initiative les informations de médias occidentaux évoquant un prétendu « blocus de Bamako». Il a attribué la diffusion de ces allégations aux médias français, s’inscrivant dans une rhétorique de plus en plus affirmée des autorités maliennes contre la presse francophone.
Oumarou Fomba
En savoir plus sur Sahel Tribune
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
