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Kayes : le gasoil chute de moitié, l’effet Dakar se fait sentir

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Le comité régional de gestion des crises sur les hydrocarbures a fait état, jeudi, d’une baisse de 54 % du stock de gasoil à Kayes en une semaine, quand celui d’essence bondissait de 77 %. En cause, selon le principal importateur de la région : la flambée des prix du carburant à Dakar, où transite l’essentiel de l’approvisionnement malien par voie ferroviaire et routière.

Le stock d’essence disponible dans la région de Kayes a augmenté de 76,60 %, passant de 1 752 824 à 3 095 450 litres, tandis que celui de gasoil a chuté de 54,23 %, passant de 1 083 850 à 496 125 litres, selon la situation présentée jeudi par la Direction régionale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DRCCC) lors de la réunion hebdomadaire du Comité régional de gestion des crises et catastrophes sur les hydrocarbures, tenue au gouvernorat sous la présidence du conseiller à la Sécurité et à la Protection civile, le colonel Adama Bamba. La rencontre a réuni les représentants des douanes, des forces de défense et de sécurité, des importateurs d’hydrocarbures et de la société civile.

Selon le directeur régional du Commerce, Robo Bayo, les prix des hydrocarbures sont restés globalement stables dans la région. Si les stocks d’essence disponibles dans les stations-service couvrent largement les besoins de consommation, le niveau du gasoil a enregistré une baisse significative, même s’il demeure, a-t-il précisé, supérieur au seuil d’alerte.

Une pénurie sénégalaise qui remonte le corridor de Kayes

L’explication avancée par le principal importateur d’hydrocarbures de la région, Bani Yatassaye, éclaire d’un jour particulier ces chiffres. Les difficultés d’approvisionnement en gasoil trouveraient leur origine dans la hausse des prix à Dakar, point d’entrée obligé d’une large part des hydrocarbures destinés à l’ouest du Mali, via le corridor ferroviaire et routier Dakar-Kayes-Bamako. 

De fait, le gouvernement sénégalais a relevé, le 15 août dernier, les prix à la pompe du gasoil, porté de 680 à 755 francs CFA le litre, et du supercarburant, de 920 à 990 francs CFA, invoquant la flambée des cours mondiaux du pétrole consécutive au conflit au Moyen-Orient déclenché fin février. Une hausse de 69 % des cours internationaux du gasoil en l’espace de six mois, que Dakar n’a pu absorber qu’en partie malgré plus de 245 milliards de francs CFA de subventions déjà engagées depuis janvier.

Cette inflexion sénégalaise, qui répondait elle-même à un choc pétrolier mondial, semble ainsi produire un effet de second tour directement ressenti à Kayes, où le Comité régional a jugé nécessaire d’agir rapidement pour prévenir une pénurie de gasoil, dans un contexte déjà marqué par des difficultés de circulation routière et aérienne à destination de la région.

Une vigilance hydrocarbures désormais installée dans la durée

Cette réunion hebdomadaire du comité kayesien n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans le dispositif de suivi renforcé mis en place par les autorités maliennes depuis la grave crise de carburant déclenchée à l’automne 2025 par le blocus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans sur les grands axes d’approvisionnement du pays, qui avait entraîné la destruction de dizaines de camions-citernes et de longues pénuries dans la capitale. Le gouvernement avait depuis instauré un stock national de sécurité censé couvrir 45 jours de consommation, engagé une diversification des corridors d’importation, et créé, fin septembre, une Société malienne de Transport et de Logistique chargée de sécuriser ses propres opérations d’importation de produits stratégiques.

Le colonel Adama Bamba a assuré que les autorités travaillaient à trouver des solutions à la situation kayesienne et invité les services du Commerce et des Douanes à renforcer leur implication, tout en saluant la résilience des populations et l’engagement des forces de défense et de sécurité dans l’escorte des convois de produits pétroliers. Une mission désormais rodée, mais que la volatilité des prix sur le marché régional vient rappeler n’épuise pas, à elle seule, les défis de l’approvisionnement malien en hydrocarbures.

A.D

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