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Mali : près de 1 400 citernes livrées en deux semaines

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Réunis le 20 août à Bamako pour la 31ᵉ session de suivi de l’approvisionnement en hydrocarbures, les autorités maliennes ont fait état d’un rythme de livraisons soutenu, avec près de 1 400 camions-citernes réceptionnés en l’espace de deux semaines. Un an après le début du blocus imposé par les terroristes du Jnim sur les routes d’importation, cette réunion mensuelle illustre autant les progrès obtenus par les convois escortés par l’armée que la fragilité persistante d’un dispositif toujours dépendant de la sécurisation militaire des corridors routiers.

C’est un rendez-vous devenu routinier dans l’agenda du gouvernement malien, à la mesure de l’enjeu qu’il continue de représenter pour le pays. La 31ᵉ réunion de suivi de l’approvisionnement du Mali en hydrocarbures s’est tenue jeudi 20 août dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, sous la présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, avec pour objectif affiché de garantir la continuité de l’approvisionnement du pays et de préserver la stabilité du marché des produits pétroliers, selon un communiqué du ministère.

Les données présentées témoignent d’un niveau d’approvisionnement soutenu. Entre le 3 et le 9 août, 710 citernes représentant 33,749 millions de litres ont été réceptionnées, à travers les opérations de 37 opérateurs. La semaine suivante, du 10 au 16 août, 720 citernes supplémentaires, pour un volume de 32,817 millions de litres, ont été livrées par 34 opérateurs, le dernier convoi comptant à lui seul 230 citernes. Au total, la réunion a comptabilisé l’arrivée de près de 1 400 citernes sur l’ensemble du territoire en l’espace de deux semaines. Les régions de l’intérieur sont globalement approvisionnées, à l’exception de Bandiagara, dans la région de Mopti, où une rupture en gasoil demeure constatée et fait l’objet d’un suivi particulier.

Une crise ouverte depuis un an par le blocus du Jnim

Le communiqué officiel, sobre dans sa formulation, ne mentionne qu’indirectement l’origine de cette vigilance mensuelle. Depuis le 3 septembre 2025, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, impose un blocus sur plusieurs axes routiers stratégiques du pays, en particulier les corridors reliant le Mali, pays enclavé, aux ports de Côte d’Ivoire et du Sénégal. Cette stratégie d’asphyxie économique avait plongé Bamako et plusieurs villes de l’intérieur dans une pénurie sévère à l’automne 2025, marquée par des stations-service à sec, des files d’attente interminables et un ralentissement de pans entiers de l’activité économique.

Depuis, l’approvisionnement du pays repose largement sur des convois de grande ampleur, escortés par les Forces armées maliennes (FAMa) et, à l’occasion, appuyés par leurs partenaires russes de l’Africa Corps ou par les forces armées d’autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Les semaines précédant cette 31ᵉ réunion ont ainsi vu se succéder plusieurs convois de très grande taille à destination de Bamako, certains dépassant 800 voire 900 citernes en un seul passage, signe que le dispositif d’escorte, coûteux en moyens humains et matériels, permet de maintenir un flux réel malgré la persistance de la menace. Le Niger avait par ailleurs offert, en novembre 2025, un convoi de 82 citernes en geste de solidarité au sein de l’AES.

Sécurisation des axes et lutte contre la fraude

La réunion du 20 août a salué le rôle des FDS dans la sécurisation des axes d’approvisionnement et la résolution progressive des difficultés d’acheminement, tout en indiquant que les efforts se poursuivent en particulier sur les corridors stratégiques, dont l’axe Bamako-Dakar, avec une implication croissante du Génie militaire dans les travaux d’amélioration et de sécurisation des voies. Un chantier de long terme, à la mesure des risques qui continuent de peser sur les chauffeurs de camions-citernes. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été tués ou blessés depuis le début de la crise, un sacrifice qui avait valu, en décembre 2025, une décoration de la médaille de l’étoile d’argent du mérite national à 58 chauffeurs, dont 27 à titre posthume.

Le ministère a également fait état d’une régression de la fraude sur les produits pétroliers, contribuant selon lui à une meilleure maîtrise des flux, tout en signalant la tendance haussière des prix des hydrocarbures sur le marché international comme un facteur exogène nécessitant une anticipation permanente. Une préoccupation qui recoupe les projections du Fonds monétaire international, lequel conditionnait en partie ses prévisions de croissance de 5,5 % pour l’économie malienne en 2026 à une résolution durable de cette crise énergétique.

Un dispositif mensuel de suivi, sous l’autorité directe des autorités de la Transition

La tenue de cette 31ᵉ réunion, sous l’impulsion directe du président de la Transition selon le communiqué, confirme la place que continue d’occuper la question du carburant dans l’agenda gouvernemental malien, près d’un an après le déclenchement de la crise. Si les volumes livrés ces dernières semaines traduisent une capacité renforcée des autorités à maintenir un flux régulier d’hydrocarbures, la persistance d’une rupture localisée à Bandiagara rappelle que la normalisation de l’approvisionnement, à l’échelle de l’ensemble du territoire malien, reste un objectif encore inachevé.

Chiencoro Diarra 

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