Ce n’est pas seulement le ministre de la Culture qui a arpenté, cette semaine, les salles du Musée national du Mali consacrées à « L’Âme des signes ». La visite du général Ismaël Wagué, artisan du processus de réconciliation nationale depuis 2020, éclaire d’un jour particulier une exposition dont l’œuvre explore précisément la mémoire et les signes du lien social.
Le ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de corps d’armée Ismaël Wagué, s’est rendu, mardi 29 septembre, au Musée national du Mali pour découvrir l’exposition monographique « L’Âme des signes », consacrée au plasticien Abdoulaye Konaté. Accueilli par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, le général Wagué a parcouru les trente-sept œuvres textiles réunies pour l’occasion, avant d’inscrire, au terme de sa visite, un message dans le livre d’or de l’exposition, soulignant que l’art constitue « un puissant vecteur de paix, de dialogue, de cohésion sociale et de rapprochement entre les communautés ».
un puissant vecteur de paix, de dialogue, de cohésion sociale et de rapprochement entre les communautés
La formule n’a rien d’anodin venant de ce ministre en particulier. Promu ministre d’État en février dernier, Ismaël Wagué est depuis cinq ans l’artisan principal du processus de réconciliation nationale malien. Parmi ces œuvres il convient de s’arrêter à la dénonciation de l’Accord d’Alger en janvier 2024, le pilotage du Dialogue inter-maliens, la rédaction puis l’adoption, à l’unanimité par le Conseil national de Transition, de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation en juillet 2025, et la conduite du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion des anciens combattants.
Sa venue au musée s’inscrit ainsi dans le prolongement direct de son portefeuille ministériel plutôt que comme une simple sortie protocolaire empruntée à un collègue du gouvernement.
Une œuvre qui parle de mémoire et de lien social
Ce rapprochement entre l’action politique de réconciliation et l’exposition trouve d’ailleurs un écho dans l’œuvre elle-même. À travers ses compositions de bazin teint et découpé, Abdoulaye Konaté explore, selon les termes du ministère de la Culture, « la couleur, les signes, la mémoire et les grandes questions de société ». Il fait ainsi dialoguer symboles traditionnels, écritures africaines et réalités contemporaines. Une œuvre qui, sans avoir été conçue pour illustrer un programme politique, résonne avec les objectifs affichés par le ministère de la Réconciliation, à savoir la consolidation du vivre-ensemble, la valorisation des mécanismes endogènes de gestion des conflits, la reconstruction du lien entre les communautés du Mali.
la couleur, les signes, la mémoire et les grandes questions de société
Mamou Daffé a remercié le général Wagué pour sa visite et pour l’intérêt porté à la création artistique malienne. Il a aussi saisi l’occasion pour saluer en particulier le message inscrit dans le livre d’or. L’exposition, initialement programmée jusqu’au 30 septembre, avait été prolongée jusqu’au dimanche 4 octobre afin d’offrir, selon le communiqué ministériel, une opportunité supplémentaire aux jeunes, aux élèves et aux étudiants de découvrir l’œuvre d’un artiste dont la carrière a traversé la Documenta de Kassel, la Biennale de Venise et le Centre Pompidou.
A.D
