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Algérie : Tebboune annonce la peine de mort pour les pyromanes après les incendies

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Alors que 64 foyers restaient actifs vendredi dans dix wilayas, principalement à Jijel, une vague d’incendies alimentée par une canicule extrême a fait au moins 12 morts et 54 blessés en Algérie depuis mercredi. Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé, samedi, vouloir réintroduire la peine capitale contre les auteurs de mise à feu volontaire, mettant fin à un moratoire vieux de trente-trois ans, dans un climat de deuil national et de critiques sur la communication gouvernementale.

Sur les 174 incendies recensés en Algérie au cours des dernières vingt-quatre heures, 110 avaient été éteints vendredi, mais 64 restaient encore actifs dans dix wilayas du pays, selon un communiqué de la Direction générale de la Protection civile. La wilaya de Jijel, dans l’est du pays, concentre à elle seule 20 foyers toujours en cours, devant Skikda (14), El Tarf (10), près de la frontière tunisienne, Guelma (6), Annaba (5) et Béjaïa (4), les wilayas de Bouira, Tébessa, Constantine et Mila comptant chacune un à deux incendies supplémentaires. Les opérations d’extinction se concentrent notamment sur les communes de Taxenna, Ziama Mansouriah, El Milia, Ouled Yahia Khadrouche et Chekfa, dans la wilaya de Jijel, avec l’appui aérien de bombardiers d’eau BE-200 de l’armée, d’avions AT-802 et d’hélicoptères Mi-26.

Déclenchée mercredi, cette vague d’incendies a fait au moins 12 morts (cinq à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou) et 54 blessés, dont six dans un état critique, selon le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud. Un bilan que le ministre de la Santé a qualifié, vendredi dernier, de « très lourd » sans avancer de chiffre plus précis, tandis que des sources locales évoquent plusieurs dizaines de victimes dans les communes les plus touchées. Un écart qui alimente des critiques sur la communication jugée hésitante des autorités depuis le début de la crise.

Trois jours de deuil national et une visite du Premier ministre sur place

Face à l’ampleur du drame, le président Abdelmadjid Tebboune a décrété, jeudi, trois jours de deuil national, avec mise en berne des drapeaux et annulation de l’ensemble des festivités culturelles et compétitions sportives prévues sur cette période. Sur instruction présidentielle, le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est rendu le même jour dans la wilaya de Jijel pour suivre les opérations d’extinction et s’enquérir de l’état des blessés et des sinistrés, tant dans les hôpitaux que sur le terrain.

Cette crise survient alors qu’une vague de chaleur extrême frappe l’Afrique du Nord, les services météorologiques algériens ayant averti, dès mardi, de températures pouvant atteindre 49 degrés Celsius dans plusieurs wilayas mercredi et jeudi. Selon les données de la Protection civile, le pays a déjà enregistré près de 4 000 incendies entre le 1er mai et le 20 juillet, contre 1 501 sur la même période en 2025, soit une hausse d’environ 167 % d’une année sur l’autre. Une progression qui confirme la vulnérabilité croissante du pays face à des étés de plus en plus propices aux départs de feu.

Un moratoire de trente-trois ans remis en cause

C’est dans ce contexte de deuil et de colère qu’Abdelmadjid Tebboune a annoncé, samedi 30 août, lors d’une réunion consacrée aux incendies en présence de hauts responsables civils et militaires, dont le ministre de la Justice, sa volonté de réintroduire l’application de la peine de mort contre les personnes reconnues coupables de pyromanie. Le chef de l’État a ordonné une modification du code pénal avant le 15 septembre afin de réinstaurer « la condamnation à mort pour les pyromanes », précisant qu’il y aurait « exécution » une fois les voies de recours épuisées pour les condamnés. Une annonce retransmise à la télévision nationale, alors que les autorités ont indiqué avoir déjà interpellé plusieurs personnes soupçonnées d’avoir allumé des feux.

Cette décision marque une rupture nette avec la pratique en vigueur en Algérie depuis 1993, où la peine de mort reste inscrite dans le code pénal mais n’est plus appliquée depuis plus de trois décennies, le pays observant de facto un moratoire sur les exécutions. « Personne ne peut faire plier l’Algérie », a par ailleurs martelé le président algérien, promettant que les victimes ayant perdu leur maison, leurs biens, leur cheptel ou leurs vergers seraient indemnisées par l’État avant la mi-septembre.

Un geste de solidarité française, sur fond de relations à peine apaisées

Ce lundi 31 août, le président français Emmanuel Macron a déclaré, en Conseil des ministres, que la France se tenait prête à apporter son « soutien » à l’Algérie face aux feux de forêt. Un geste diplomatique qui intervient alors que les relations entre Paris et Alger, mises à rude épreuve ces dernières années, traversent une période de réchauffement prudent, et dont la portée concrète, moyens aériens, personnels ou matériels, restait, à l’heure de cette annonce, à préciser.

Oumarou Fomba 

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