Home A la Une En RDC, l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais recensée dans le pays dépasse les 2 900 morts

En RDC, l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais recensée dans le pays dépasse les 2 900 morts

0 comments 42 views 3 minutes read

Le dernier bilan communiqué par Kinshasa fait état de 2 911 décès pour 6 041 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, provoquée par la rare souche Bundibugyo. Ce chiffre dépasse déjà largement celui de la précédente flambée la plus grave jamais enregistrée en République démocratique du Congo, dans un contexte régional marqué par l’insécurité et les déplacements de population qui compliquent la riposte sanitaire.

Le bilan de l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) depuis le printemps continue de s’alourdir. Selon le dernier point de situation du ministère congolais de la Communication et des Médias, arrêté au 29 août et publié lundi, l’épidémie a désormais fait 2 911 morts pour 6 041 cas confirmés. Le bilan précise que 1 366 personnes ont été déclarées guéries depuis le début de la crise, tandis que 619 patients restent actuellement isolés ou hospitalisés. Le taux de suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés s’établit à 82,4 %, un indicateur clé pour contenir la propagation du virus.

La riposte sanitaire se poursuit dans six provinces et 60 zones de santé affectées, les autorités précisant qu’aucune nouvelle zone n’a été touchée au cours des dernières vingt-quatre heures. Les interventions restent particulièrement renforcées dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Haut-Uélé, dans l’est du pays, où les équipes poursuivent en parallèle les opérations de surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades et les actions de prévention communautaire.

Une souche rare, sans traitement homologué au départ

Détectée pour la première fois en mars dans la province de l’Ituri, cette épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, une espèce rare d’Ebola pour laquelle il n’existait, au moment de son émergence, ni vaccin ni traitement homologué. Face à la propagation de cas confirmés en RDC puis en Ouganda voisin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré, le 17 mai, une urgence de santé publique de portée internationale, plus haut niveau d’alerte sanitaire mondial. L’Union africaine, à travers son agence Africa CDC, et l’OMS avaient ensuite lancé, le 5 juin, un plan d’intervention continental conjoint de six mois pour renforcer la riposte.

Une avancée thérapeutique est toutefois intervenue au cours de l’été : le vaccin Ervebo, initialement conçu contre la souche Zaïre du virus Ebola, a été évalué à partir du 7 août dans un essai clinique contre la souche Bundibugyo, avant que l’OMS ne confirme, le 20 août, la mise à disposition de 70 000 doses supplémentaires pour la RDC, à la demande de Kinshasa. Plus de 300 000 personnes auraient été vaccinées depuis le début de la campagne de riposte, selon les données compilées par Africa CDC.

La flambée la plus meurtrière jamais recensée dans le pays

Avec ce nouveau bilan, l’épidémie actuelle, dix-septième recensée en RDC depuis la découverte du virus en 1976, dépasse déjà largement celle de 2018-2020 dans l’est du pays, qui avait fait 2 299 morts pour 3 381 cas confirmés et restait, jusqu’ici, la plus meurtrière jamais enregistrée sur le sol congolais. À l’échelle mondiale, l’épidémie ouest-africaine de 2014-2016, qui avait touché principalement la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, demeure toutefois la plus grave jamais recensée, avec plus de 11 000 morts.

Les autorités sanitaires et les experts régionaux soulignent que la sévérité de cette nouvelle flambée s’explique en partie par le contexte particulièrement instable de l’est de la RDC, où l’insécurité chronique, les déplacements massifs de population et l’accès limité aux soins compliquent considérablement le travail de recherche des contacts et d’isolement des malades. La ville de Goma, dans le Nord-Kivu, actuellement sous le contrôle du mouvement armé M23, avait notamment enregistré un cas confirmé dès la mi-mai, après le déplacement d’une patiente infectée en provenance de l’Ituri, illustrant les risques de propagation liés à la circulation des populations dans une région où plusieurs zones échappent au contrôle de l’État congolais.

A.D

Leave a Comment

FR|EN FR|EN