Plasticiens, conteurs, comédiens, photographes et artistes du numérique ont présenté samedi, au Centre Soleil d’Afrique, le fruit d’une immersion collective autour du vivre-ensemble et de la paix. Une œuvre commune, un tamis symbolique, et une question : que devient un projet de ce type une fois l’exposition refermée ?
La cérémonie de restitution du projet « Immersion créative 72 heures » s’est tenue samedi 3 octobre au Centre Soleil d’Afrique, à Bamako. Elle a réuni, autour de plusieurs artistes et amateurs d’art, Amadou Diabaté, chef de cabinet par intérim, représentant le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, accompagné du chargé de mission Souleymane Ouologuem, et le directeur du centre, Hama Goro. Le projet a bénéficié du soutien du ministère.
Quinze artistes, une même consigne : créer ensemble
Pendant 72 heures, quinze artistes, maliens et étrangers, selon le communiqué du ministère, issus des arts visuels, de la musique, du conte, du théâtre, de la photographie, de la vidéo et des arts numériques ont croisé leurs pratiques pour créer collectivement autour de thèmes choisis d’avance : le vivre-ensemble, la paix, la citoyenneté, la jeunesse, la diversité culturelle et la solidarité. Les participants avaient été retenus à l’issue d’un appel à candidatures lancé en août par le centre, puis réunis mi-septembre pour des séances préparatoires, dont une formation à l’intelligence artificielle, avant l’atelier de création proprement dit, tenu fin septembre.
De ces trois jours est sorti un travail collectif, présenté dans la salle d’exposition du centre et placé, selon la presse locale, sous le signe du « Jiguya-tèmè », le « tamis de l’espoir », où se rencontrent peinture, photographie, conte, théâtre, musique et arts numériques.
Professionnaliser plutôt qu’exposer
Pour Hama Goro, l’un des objectifs du centre est de « contribuer à la professionnalisation des jeunes talents maliens », et le parcours ne s’arrête pas au terme des 72 heures. Le projet s’inscrit dans le champ des industries culturelles et créatives, que la Convention de 2005 de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, ratifiée par 158 pays et l’Union européenne, invite les États à soutenir par des politiques adaptées.
contribuer à la professionnalisation des jeunes talents maliens
Au nom du ministre Mamou Daffé, Amadou Diabaté a salué une initiative qui illustre, selon lui, la capacité de la culture à rapprocher les personnes, à stimuler la créativité et à renforcer la cohésion sociale. Il a réaffirmé l’encouragement du département aux initiatives qui valorisent les talents maliens et font de la création artistique un levier de transformation sociale, avant de féliciter artistes, organisateurs, encadreurs et partenaires pour la réussite du projet.
Chiencoro Diarra
