Home A la Une États-Unis : Washington envisagerait des frappes militaires contre le JNIM au Mali, selon le Washington Post

États-Unis : Washington envisagerait des frappes militaires contre le JNIM au Mali, selon le Washington Post

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Selon le quotidien américain, l’administration Trump évalue une action armée contre la branche sahélienne d’Al-Qaïda, qui ferait du Mali le huitième pays frappé par Washington depuis 2025. Un projet qui divise l’administration américaine et suscite le scepticisme de plusieurs experts du Sahel.

Washington envisage-t-il de frapper militairement le Mali ? C’est ce qu’affirme le Washington Post dans une enquête publiée le 22 juillet, citant des responsables américains actuels et anciens selon lesquels l’administration Trump évalue une action armée contre le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Si elle se concrétisait, cette opération ferait du Mali le huitième pays visé par des frappes ordonnées par Donald Trump depuis le début de son second mandat, après le Yémen, la Somalie, la Syrie, l’Iran, l’Irak, le Nigeria et le Venezuela.

Un partenariat sécuritaire encore limité

Selon le quotidien américain, l’hypothèse ne fait toutefois pas consensus au sein de l’administration. Le directeur principal pour le contre-terrorisme au Conseil de sécurité nationale, Sebastian Gorka, plaiderait pour l’option militaire, tandis que d’autres voix, y compris au sein du département d’État, privilégieraient une approche diplomatique. La Maison Blanche, sans confirmer ni infirmer une frappe à venir, a indiqué exhorter « les gouvernements d’Afrique du Nord et de l’Ouest à acheter des équipements et services américains » pour leur guerre contre le terrorisme, et appelé les partenaires régionaux à soutenir l’Alliance des États du Sahel (AES) —  Mali, Burkina Faso, Niger — dans sa lutte contre le JNIM et l’État islamique au Sahel.

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les gouvernements d’Afrique du Nord et de l’Ouest à acheter des équipements et services américains

Fait notable relevé par le journal : loin de condamner les régimes de transition sahéliens pour leur rapprochement avec Moscou, un responsable américain a plutôt mis en cause l’efficacité de l’Africa Corps, jugeant que la Russie s’était révélée un « partenaire de sécurité inefficace » pour le Mali. Washington aurait d’ailleurs discrètement intensifié, depuis l’an dernier, le partage de renseignements avec Bamako. Une inflexion par rapport à la ligne suivie sous l’administration Biden, qui avait pris ses distances avec les autorités maliennes en raison de l’absence de calendrier électoral et de sa coopération avec la Russie. Ce renseignement aurait notamment appuyé des frappes de l’armée malienne, sans toutefois atteindre l’ampleur du partenariat américano-nigérian, qui a inclus l’an dernier des frappes aériennes directes des États-Unis.

Le Washington Post rapporte également que la levée de sanctions américaines visant plusieurs cadres des autorités maliennes de la transition, dont l’ex-ministre de la Défense Sadio Camara, tué le 25 avril dans une attaque du JNIM, aurait été motivée par la volonté d’obtenir des droits de survol du territoire malien pour les besoins de la surveillance aérienne américaine.

En attente des décisions officielles

L’ancienne chercheuse Corinne Dufka, de son côté, met en garde contre le risque qu’une frappe américaine pousse le JNIM, resté jusqu’ici concentré sur des objectifs locaux, à se rapprocher de la centrale d’Al-Qaïda ou à cibler directement des intérêts américains dans la région.

Reste que, pour l’heure, aucune décision officielle n’a été annoncée ni par Washington ni par Bamako, qui n’a pas réagi publiquement aux révélations du Washington Post.

Sahel Tribune 

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