Au cours du mois de Ramadan, Drissa Diabaté adapte son entraînement, son alimentation et son hydratation pour maintenir ses performances tout en respectant le jeûne. Il partage son expérience et ses stratégies pour concilier sa passion qui est le football et exigences physiques de cette période.
Sahel Kunafoni : depuis combien de temps pratiquez-vous ce sport ?
Drissa Diabaté : J’ai commencé à jouer au football en 2007, dès mon plus jeune âge. Très vite, ce sport est devenu une véritable passion. J’ai évolué progressivement en intégrant des centres de formation et en participant à plusieurs championnats. Ces expériences m’ont permis d’améliorer ma technique, ma vision du jeu et ma compréhension tactique. Grâce à mon engagement et à mon travail, j’ai pu progresser et jouer à un niveau plus compétitif, ce qui m’a motivé à poursuivre mon rêve de devenir joueur professionnel.
Avez-vous déjà pratiqué votre sport pendant le Ramadan ?
Oui, j’ai déjà pratiqué le football pendant le Ramadan. C’est un véritable défi, car le corps fonctionne avec moins d’énergie et sans hydratation pendant plusieurs heures. L’intensité des entraînements doit être adaptée, et la récupération devient essentielle. Avec une bonne alimentation après la rupture du jeûne et une gestion intelligente de l’effort, il est possible de maintenir un bon niveau de performance malgré les difficultés. Le mental joue aussi un rôle clé pour rester concentré et éviter les baisses de régime durant cette période exigeante.
Ressentez-vous une différence notable dans votre performance sportive lorsque vous jeûnez ?
Évidemment, je ressens une vraie différence. Car le Ramadan demande beaucoup d’énergie. Je constate une baisse progressive de mon niveau de performance, notamment en raison de la diminution de mon endurance et de l’intensité de mon entraînement. Au début, j’arrive à bien tenir, mais au fil des jours, mon corps perd l’énergie qu’il avait stockée, ce qui affecte mes performances.
Comment le jeûne affecte-t-il votre endurance, votre force et votre concentration ?
Pendant le Ramadan, mon endurance est particulièrement affectée par la diminution des réserves d’énergie. Ce qui réduit ma capacité à tenir sur la durée, notamment lors d’exercices prolongés. Ma force musculaire est également impactée, car le manque d’énergie affaiblit temporairement mes muscles. De plus, la baisse du taux de sucre dans le sang peut altérer ma concentration, rendant certains entraînements plus difficiles. Toutefois, j’essaie de compenser ces effets par un travail mental et une adaptation de mon entraînement. L’impact du jeûne varie aussi en fonction de l’intensité de l’effort, de la température et de la qualité de ma récupération.
Avez-vous remarqué une variation de votre temps de récupération après l’effort durant le Ramadan ?
Oui, mon temps de récupération est plus long, principalement à cause du manque d’hydratation pendant la journée. Cela peut entraîner une déshydratation qui affecte ma performance, d’autant plus que le football est un sport très exigeant en matière de récupération. C’est pourquoi il est crucial de bien gérer mon jeûne et de prendre des mesures pour minimiser cet impact.
Modifiez-vous votre programme d’entraînement pendant le Ramadan ?
Oui, j’adapte mon programme pour préserver mon énergie et éviter la fatigue excessive. Je privilégie des séances techniques et tactiques, en réduisant l’intensité des exercices physiques. J’organise mes entraînements en soirée ou tôt le matin, lorsque mon corps est mieux hydraté et apte à fournir un effort sans trop de risques.
Préférez-vous vous entraîner avant ou après la rupture du jeûne ?
Je préfère après la rupture, car mon corps est réhydraté et rechargé en énergie. Ce qui me permet de mieux supporter l’effort. Cependant, lorsqu’un entraînement est prévu avant, j’adapte mon intensité pour éviter une baisse de performance. Chaque joueur doit trouver le bon équilibre pour maintenir son niveau sans nuire à sa récupération.
Réduisez-vous l’intensité ou la durée de vos séances d’entraînement ?
Je réduis l’intensité et la durée pour éviter l’épuisement. Les entraînements durant le Ramadan doivent être stratégiques, notamment plus axés sur la technique et la mobilité que sur l’endurance et la force. Il est essentiel de ne pas trop solliciter le corps à jeun, pour éviter les blessures et optimiser la récupération post-exercice.
Travaillez-vous des aspects spécifiques plutôt que l’endurance ou la force ?
Je mets l’accent sur la technique, la précision des passes, la vision du jeu et la prise de décision. Ces éléments sont essentiels pour rester performant sans exiger trop d’énergie physique. J’améliore aussi mon positionnement et mon intelligence de jeu. Ce qui compense une éventuelle baisse de puissance ou d’endurance pendant le Ramadan.
Comment gérez-vous votre hydratation pour éviter la déshydratation et maintenir votre performance ?
Je m’hydrate abondamment entre la rupture et l’aube, en privilégiant l’eau et les boissons riches en électrolytes. J’évite les sodas et les boissons trop sucrées qui peuvent accélérer la déshydratation. Je consomme des fruits riches en eau, comme la pastèque, et répartis mon hydratation pour éviter les crampes et la fatigue musculaire.
Avez-vous déjà vécu une compétition importante en période de Ramadan ?
Oui, j’ai participé à des compétitions comme le Maracana, un tournoi populaire qui se joue en soirée. Cela permet une meilleure gestion de l’effort, car nous sommes déjà hydratés et nourris. Les changements fréquents facilitent aussi la récupération. Avec une bonne préparation physique et alimentaire, il est possible de rester performant.
Quels conseils donneriez-vous aux athlètes et amateurs de sport qui jeûnent et veulent continuer à s’entraîner efficacement ?
Je leur conseille de bien gérer leur effort pendant le Ramadan en évitant les entraînements aux heures les plus chaudes. Il est essentiel de s’hydrater correctement entre la rupture du jeûne et l’aube, en privilégiant l’eau et les boissons électrolytiques. Une alimentation équilibrée, riche en nutriments, aide à maintenir la performance et la récupération. Il est aussi important d’écouter son corps et d’adapter l’intensité des entraînements pour éviter les blessures et la fatigue excessive. Avec une bonne gestion physique et mentale, il est possible de concilier sport et jeûne efficacement.
Interview réalisée et transcrite par Ibrahim Kalifa Djitteye






