Home A la Une Chine-Mali : pourquoi la fermeture des visas à Bamako a déclenché une mise au point de Pékin

Chine-Mali : pourquoi la fermeture des visas à Bamako a déclenché une mise au point de Pékin

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La fermeture temporaire, depuis la mi-août, du service des visas de l’ambassade de Chine à Bamako, officiellement justifiée par des travaux de reconstruction, a nourri sur les réseaux sociaux des rumeurs de rupture que la représentation chinoise a tenu à démentir fermement. L’épisode, purement technique, intervient alors que Bamako et Pékin n’ont cessé, depuis quelques années, d’approfondir un partenariat stratégique, dont le sommet du Forum sur la coopération sino-africaine de 2024 a donné un coup d’accélérateur. 

Trois communiqués successifs, publiés en moins d’un mois par l’ambassade de Chine au Mali, ont fini par dessiner les contours d’un incident aussi technique que révélateur des sensibilités qui entourent, dans l’opinion malienne, tout ce qui touche aux relations avec Pékin. Le 14 août, la représentation diplomatique chinoise annonçait, pour « cas de force majeure », la fermeture de son service consulaire, sans date de reprise précisée. 

Approfondir le partenariat stratégique sino-malien

Le 3 septembre, un second avis venait clarifier la situation : la section consulaire devait être entièrement reconstruite en raison de travaux routiers, contraignant les Maliens sollicitant un visa pour la Chine à déposer leur dossier, à compter du 15 septembre, auprès des ambassades chinoises de Dakar, d’Abidjan ou de Rabat. Le même texte précisait qu’un service de légalisation de documents serait rétabli à Bamako à cette même date, les mercredis de 15 heures à 17 heures.

C’est l’écho pris par cette double annonce sur les réseaux sociaux maliens qui a poussé l’ambassade à publier, le 8 septembre, une mise au point plus offensive. Sans détailler la nature exacte des rumeurs visées, la représentation chinoise a dénoncé la diffusion d’« informations infondées » suggérant une suspension plus large des services consulaires, réaffirmant que « la volonté de la partie chinoise d’approfondir le partenariat stratégique sino-malien et de renforcer la coopération amicale entre les deux pays reste inébranlable ». Le communiqué insiste sur le caractère strictement technique de la fermeture et promet une reprise de la délivrance des visas « dans les meilleurs délais » une fois les travaux achevés, tout en appelant à « cesser de diffuser des propos infondés et irresponsables ».

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la volonté de la partie chinoise d’approfondir le partenariat stratégique sino-malien et de renforcer la coopération amicale entre les deux pays reste inébranlable

Une relation élevée au rang de partenariat stratégique depuis 2024

Cet épisode, aussi mineur soit-il dans la mécanique diplomatique bilatérale, ne peut se lire indépendamment de la dynamique de rapprochement engagée entre Bamako et Pékin depuis plus d’un an. Le point d’orgue en reste la participation du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, au 9ᵉ sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac), tenu à Pékin du 4 au 6 septembre 2024. 

À la tête d’une importante délégation ministérielle, le chef de l’État malien y avait multiplié les visites d’entreprises chinoises et obtenu, à l’issue d’un entretien bilatéral avec le président Xi Jinping, l’élévation officielle de la coopération entre les deux pays au rang de partenariat stratégique. Le sommet s’était conclu par l’adoption du Plan d’action de Pékin 2025-2027, auquel le Mali a adhéré, la Chine y annonçant une enveloppe globale de 50,7 milliards de dollars en faveur du continent africain, répartie entre lignes de crédit, investissements directs, aide au développement et annulations de dettes bilatérales.

La solidité de la relation sino-malienne constitue un acquis trop précieux 

Depuis, les deux capitales ont entretenu un dialogue régulier sur la mise en œuvre concrète de ces engagements. Le 17 juin 2025, le général Goïta recevait ainsi à Bamako une délégation chinoise conduite par le chargé d’affaires de l’ambassade, Liu Kaiyuan, spécifiquement consacrée au suivi des accords conclus lors du Focac. Le président de la Transition avait, à cette occasion comme lors de son passage à Pékin, insisté sur la profondeur historique de cette relation, rappelant que le Mali et la Chine entretenaient « des relations de fraternité vives depuis plus de soixante ans », désormais déclinées dans les domaines de la défense, de l’énergie, de l’agriculture, du numérique et des infrastructures.

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des relations de fraternité vives depuis plus de soixante ans

C’est dans ce contexte de relation ascendante que l’incident consulaire de ces derniers temps doit être relativisé. Un désagrément purement administratif, que Pékin a jugé nécessaire de désamorcer publiquement et avec une certaine fermeté, précisément parce que la solidité de la relation sino-malienne constitue, aux yeux des deux gouvernements, un acquis trop précieux pour être laissé au hasard d’une rumeur non vérifiée.

Chiencoro Diarra

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