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Remise de tracteurs dans la commune de Mandé
Actu

Mali : 225 tracteurs subventionnés remis aux agriculteurs de la commune de Mandé

by Mohamed Camara 21 juin 2022
written by Mohamed Camara 2 minutes read

Ce lundi 20 juin, lors d’une cérémonie organisée à Samanko, présidée par le président intérimaire Assimi Goïta, l’État malien a remis 225 tracteurs subventionnés à des producteurs agricoles. Compte-rendu.

Ce lundi 20 juin courant, le président de la transition s’est rendu à Samanko, dans la commune de Mandé, une zone typiquement agricole située à quelques kilomètres de la capitale malienne, pour la remise symbolique de 225 tracteurs aux producteurs agricoles.

« Je tiens d’abord à féliciter tous les acteurs du secteur agricole pour les résultats obtenus pour la campagne agricole 2021 », a dit le colonel Goïta après une minute silence à la mémoire des victimes des attaques terroristes survenues ce week-end dans le cercle de Bankass.

A l’en croire, « la remise de ces 225 tracteurs entre dans le cadre de la subvention à hauteur de 50% de matériels agricoles et équipements par l’État. Cela vise à atteindre deux objectifs : pousser la mécanisation du secteur agricole [et] assurer l’autosuffisance alimentaire ».

Élaborer des nouvelles stratégies

Ces initiatives viennent s’ajouter à d’autres actions réalisées par le gouvernement de la transition malienne, notamment la subvention des intrants agricoles, a indiqué le ministre du Développement rural, Modibo Keita. Il précise que toutes ces actions gouvernementales constituent une aide inestimable au secteur agricole dans un contexte actuellement tendu au Mali.

De son côté, le porte-parole des bénéficiaires, Sanoussi Bouya Sylla, a remercié les autorités pour leurs efforts abattus dans le secteur de l’agriculture. Cette remise des machines agricoles, dont les bénéficiaires ont été sélectionnés selon des critères établis, permettra d’améliorer la productivité. Ce sera aussi une occasion privilégiée aux paysans de bien nourrir leurs cheptels, a ajouté le porte-parole des bénéficiaires.

Assimi Goïta a laissé entendre qu’il instruira au gouvernement d’élaborer des nouvelles stratégies pour non seulement maîtriser la consommation, mais aussi les stocks de sécurité et les exportations. « Quand on regarde la production agricole 2021, qui s’élève à 9 millions de tonnes contre une consommation annuelle de 4 millions de tonnes, il n’est pas acceptable que notre pays soit confronté au problème d’approvisionnement », a déclaré le président intérimaire.

Par ailleurs, le maire intérimaire de la commune de Mandé, Nouhoum Kelepily, a profité de l’occasion pour exposer à la délégation du président de la transition d’autres défis auxquels sa commune est confrontée en cette période hivernale. Notamment dans le secteur de la santé où il a demandé des équipements, des dispensaires ainsi la mise en marche des ambulances voire.

Mohamed Camara

21 juin 2022 0 comments
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Bac Guinée
ActuÉducation

Guinée : le préfet de Siguiri limogé pour avoir « coiffé » un candidat au Bac

by Sahel Tribune 20 juin 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Brève — Guinée. La vidéo fait le tour des réseaux sociaux depuis le 17 juin dernier. Ciseaux en main, le préfet de Siguiri, le lieutenant-colonel Ibrahima Douramoudou Keïta, s’est permis de couper les cheveux d’un candidat au baccalauréat. Cette attitude du représentant local de l’Etat a suscité de nombreuses indignations sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont même appelé à ce qu’il soit relevé de son poste. 

Dans un entretien accordé à Africa Guinée, le lendemain de son acte, le préfet a laissé entendre que c’était « pour suivre la bonne éducation des enfants ».   Il a poursuivi en précisant avoir au préalable « instruit le délégué de lui dire de se faire coiffer sinon, il n’entre pas en classe ». A l’en croire, l’enfant aurait « dit qu’il préfère perdre [que de] se faire coiffer ». Le préfet Kéïta a indiqué également qu’il n’a pas agit  « en tant que préfet, mais en qualité de papa parce que [le garçon a] le même âge que [son] premier garçon ».

Ces explications n’ont pas suffi. Le samedi soir, la nouvelle est tombée au journal télévisé  : « Le lieutenant-colonel Ibrahima Douramoudou Keïta, matricule 18342G, précédemment préfet de Siguiri, est relevé de ses fonctions et mis à la disposition de l’état-major général des armées », selon un décret signé par le colonel Doumbouya, président de la transition guinéenne.

La rédaction

20 juin 2022 0 comments
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5ème recensement général de la population et de l'habitat
Politique

Démographie au Mali : comprendre le dénombrement RGPH

by Bakary FOMBA 19 juin 2022
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Au Mali, la phase de dénombrement du 5e Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH5) a été lancée, mercredi 15 juin 2022. Une opération qui permet de mieux orienter les décideurs politiques.

« Pour mettre en œuvre des politiques ciblées de lutte contre la pauvreté, les décideurs politiques ont besoin d’informations géographiques désagrégées aux niveaux les plus fins du découpage administratif du pays. Cependant les profils de pauvreté sont habituellement élaborés sur la base des enquêtes sur les ménages dont les résultats ne peuvent aller à ces niveaux géographiques en raison des contraintes de budget et de temps », indique-t-on dans ce rapport de l’Institut national des statistiques (INSTAT) sur le 4e recensement général de la population et de l’habitat.

Mobilisation nationale

Selon les précisions de cet institut, cette opération, qui doit se tenir chaque 10 ans, a pour objectif de connaître entre autres : l’effectif total de la population malienne et sa répartition entre les régions, cercles, communes, villages sédentaires et nomades, milieu urbain et rural ; la structure de la population par sexe et par âge ; le nombre total de naissances et le nombre total de décès au cours des douze derniers mois ; les disponibilités en logements pour les ménages et leurs conditions de vie en matière d’habitation. Elle permet également d’apporter des renseignements sur les caractéristiques démographiques (sexe, âge, mortalité, natalité, migrations…), économiques (profession, activité principale…) et socioculturelles (situation matrimoniale, nationalité, alphabétisation, langue parlée…) de la population.

La première opération s’est déroulée du 1er au 16 décembre1976, avec la participation active des Nations Unies et une grande mobilisation nationale. Le 4èmeRGPH, le dernier au Mali, remonte à 2009.

Le 13 juin dernier, l’Institut National de la Statistique a organisé dans ses locaux, une conférence de presse pour mobiliser les hommes de médias autour du 5e RGPH. Il s’agit d’expliquer aux journalistes les défis et les enjeux de cette opération, dont la réussite est vivement souhaitée par les autorités actuelles.

« C’est l’opération civile qui mobilise le plus d’individus au même moment », a souligné au cours de cette conférence de presse, le directeur général de l’INSTAT, le Dr Arouna Sougané. À ses dires, « des tablettes numériques » ont été mises à la disposition de ces agents recenseurs en vue de « garantir davantage la fiabilité des données collectées ».

Précieux instrument

26 327 agents recenseurs, 4 504 chefs d’équipe et 866 contrôleurs TIC seront déployés durant trois semaines pour cette opération, indique le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, dans une déclaration en date du 14 juin dernier.

Dans sa déclaration, le ministre Alousseni Sanou a invité également les populations à faciliter la tâche de ces agents recenseurs, en leur fournissant les informations demandées. Celles-ci concernent plusieurs aspects de leurs vies, notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat.

Pour la réussite de cette opération, notamment par la collecte et l’acheminement de données reflétant fidèlement les réalités socio-démographique de notre pays, le gouvernement engage les agents recenseurs à se mobiliser. Ces derniers ont bénéficié d’une formation théorique et pratique, du 05 au 25 mai 2022, sur les outils et la méthodologie du dénombrement afin de bien mener les travaux sur le terrain.

Afin de disposer de données socio-démographiques actualisées, nécessaires au cadrage des politiques de développement, les Nations Unies recommandent aux pays membres de réaliser leur RGPH tous les dix ans. Ainsi, au regard de l’importance des données statistiques pour le développement et conformément à cette disposition, le Mali a pris une loi pour institutionnaliser la tenue d’un Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH), tous les 10 ans.

Bakary Fomba

19 juin 2022 0 comments
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Des déplacés à Ménaka
Sécurité

[Témoignages] Ménaka : « Ils ont détruit les habitations et d’autres bâtiments pour nous chasser »

by Sahel Tribune 19 juin 2022
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans un communiqué de presse, publié le 15 juin dernier, Amnesty International déplore la violation des droits humains dans les attaques de l’EIGS survenues dans la région de Ménaka, en mars 2022. Témoignages.  

Au mois de mars 2022, L’EIGS [État Islamique au Grand Sahara] a mené des attaques meurtrières contre certains villages de la région de Ménaka, au Mali. Il s’agit notamment des affrontements entre les combattants de l’EIGS et certains groupes armés signataires de l’Accord d’Alger [Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe Autodéfense Touareg Imghad et Alliés (GATIA)].

« Dans la région de Ménaka, des milliers de personnes fuient leur domicile, car l’EIGS prend délibérément pour cible les civil·e·s, détruit les habitations et les points d’eau, et confisque le bétail, a déclaré Samira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. L’État islamique doit cesser de commettre ces crimes de guerre et toutes les parties au conflit doivent respecter le droit international humanitaire, notamment en protégeant la population civile. »

Amnesty International a recueilli les témoignages de 15 personnes vivant à Menaka, composé des personnes déplacées internes (PDI), leurs familles d’accueil, des militants de la société civile et des travailleurs humanitaires.

« Les tirs se sont poursuivis jusqu’à la tombée de la nuit »

« Les gens affluent en continu à Ménaka depuis mars. Beaucoup de mes proches sont arrivés d’Anchawadi, mais plus de 70 habitants de mon village sont portés disparus depuis les attaques de l’EIGS, raconte Khalil [anonymat], qui a fui Anchawadi. Ils ont détruit les habitations et d’autres bâtiments (magasins, etc.) pour nous chasser d’Inékar et d’Émis-Émis. Ils contrôlent les puits et les points d’eau et prennent le bétail comme bon leur semble. »

D’après le communiqué d’Amnesty International, produit sur la base des témoignages directs, les villages de Tamalat et d’Inchinane ont été pris pour cible lors de ces attaques de l’EIGS.

Adnane, un responsable local de Tamalat, se trouvait dans le village quand des combattants de l’EIGS envahissaient celui-ci en mars. Selon lui, ils ont attaqué sa localité un mardi, entre les prières de Dohr (14 heures) et d’Asr (16 heures). Dès leur arrivée, ils ont immédiatement commencé à tirer sur les civils. « Les tirs se sont poursuivis jusqu’à la tombée de la nuit. J’ai réussi à m’enfuir avec plusieurs villageois, mais de nombreux autres sont toujours portés disparus, se souvient le nommé Adnane. Nous avons entendu dire que les combattants avaient continué d’attaquer d’autres hameaux et points d’eau près de Ménaka. »

Au mois de mars dernier, plus de 703 foyers de Tamalat ont été accueillis à Ménaka, juste après les attaques. La ville est envahie des déplacés actuellement, et un bon nombre de civils sont toujours dispersés dans la nature, ajoute Ahmad, un autre originaire de Tamalat, qui aide les personnes déplacées.

Ibrahim, un autre rescapé de cette attaque, abonde dans le même sens : « Les assaillants sont arrivés dans l’après-midi et ont commencé à tirer, tuant sans distinction femmes, enfants et personnes âgées. Des groupes armés [le MSA] ont tenté de les combattre, mais ils ont été submergés, car les combattants de l’EIGS étaient plus nombreux. Ces derniers ont pris tout notre bétail et tout ce qui leur semblait utile ; de nombreux habitants ont fui à Ménaka, et d’autres en Algérie. Par la suite, nous avons appris que les combattants de l’EIGS étaient postés près des points d’eau, empêchant les gens d’y accéder et confisquant tout le bétail qu’ils pouvaient prendre. »

Protéger la population civile

Mubarak, membre d’une organisation de la société civile, déplore l’insuffisance de l’aide humanitaire aux personnes déplacées. Il précise qu’il y a eu des attaques au cours desquelles des civils ont été tués et des biens saccagés. Pour ses dires, lui aussi, bon nombre des habitants ont rejoint Ménaka alors que d’autres sont jusqu’à présent éparpillés dans le désert ou essaient de trouver refuge au nord.

Le communiqué de presse précise que les villageois, qui avaient été obligés de fuir, ont perdu tous leurs biens dans ce conflit. De ce fait, ils sont en manque d’assistance humanitaire, surtout que les organisations humanitaires sont débordées.

« L’EIGS doit cesser d’attaquer les civil·e·s et de détruire leurs habitations. Nous adressons le même appel à toutes les parties au conflit. Tous les groupes armés, ainsi que les forces armées maliennes et les forces de maintien de la paix de la MINUSMA (ONU), doivent protéger la population civile. Les autorités maliennes et leurs partenaires doivent également coordonner l’aide humanitaire aux personnes déplacées à Ménaka, ainsi qu’à celles qui sont bloquées à Andéramboukane et à Inékar, afin que la population civile dispose d’un accès satisfaisant à l’eau, à la nourriture et à des abris », a déclaré Samira Daoud.

La rédaction


  • Les noms cités ont été modifiés.
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Lancement de la campagne de vaccination en Cote dIvoire
Santé

Covid-19 en Afrique : l’OMS exhorte les États à intensifier la vaccination des groupes à haut risque

by Sahel Tribune 18 juin 2022
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Alors qu’une augmentation « marginale » du nombre de nouveaux cas de Covid-19 a été observée la semaine dernière, après une baisse soutenue pendant trois semaines, l’OMS exhorte les pays africains à intensifier la vaccination des groupes à haut risque. 

L’Afrique totalisait 11 millions  713 mille 285 cas positifs confirmés de Covid-19, jeudi 16 juin 2022, estime le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), qui précise que cette pandémie a causé 253 mille 719 décès dans les 55 pays membres du bloc, tandis que 11 millions  073 mille 375 patients ont été guéris de cette maladie sur le continent.

Les données de juin 2022, provenant de 31 pays sur la vaccination contre la Covid-19 des groupes à haut risque, « montrent une nette amélioration de la situation par rapport à fin décembre 2021, où seulement 33 % des travailleurs de la santé et 10 % des personnes âgées étaient entièrement vaccinés ».

L’agence de l’Union africaine (UA) spécialisée dans les services de santé souligne que « près de 50 % des travailleurs de la santé et des personnes de plus de 60 ans sont entièrement vaccinés contre le virus dans les pays qui ont communiqué des données à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ».

Jeunesse de la population africaine

Avec 45 % de la population du continent âgée de moins de 18 ans, l’Afrique a une démographie majoritairement jeune. La plupart des pays ciblent leurs populations adultes pour une utilisation stratégique des vaccins. Selon le CDC, la « couverture vaccinale des personnes de plus de 18 ans sur le continent est estimée à 34 % » contre 18 % pour la population générale.

L’OMS exhorte les pays où la couverture vaccinale est faible de se concentrer sur les groupes hautement prioritaires — notamment les travailleurs de la santé, les personnes âgées et les personnes présentant des comorbidités. Cette organisation recommande une couverture vaccinale de 90 % pour les travailleurs de la santé et de 80 % pour les personnes âgées de plus de 60 ans.

Selon les propos de Dre Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, tenus lors d’une conférence en ligne animée par APO Group [16 juin dernier], « la jeunesse de la population africaine a aidé le continent à surmonter la pandémie de COVID-19 ». Elle poursuit : « S’il est primordial de protéger les jeunes exposés à un risque élevé de contracter la COVID-19, le fait de concentrer les efforts sur la vaccination des personnes âgées, des travailleurs de la santé et des autres populations vulnérables nous permettra de garder une longueur d’avance sur le virus ».

Pour rappel, l’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie et la Libye figurent parmi les pays africains qui comptent le plus de cas sur le continent, selon le CDC Afrique qui indique que l’Afrique Centrale est la région la moins affectée du continent. 

La rédaction

18 juin 2022 0 comments
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exportations de céréales
Actu

Guerre ukrainienne : la Banque mondiale invite à s’abstenir des interdictions d’exportation

by Chiencoro 17 juin 2022
written by Chiencoro 4 minutes read

Le conflit russo-ukrainien a eu de lourds impacts sur les marchés des produits de base, les chaînes d’approvisionnement. Il a entraîné une inflation mondiale élevée, qui a été accompagnée d’une croissance instable, rappelant celle des années 1970. La Banque mondiale invite à s’abstenir des interdictions d’exportation.

« En venant s’ajouter aux dégâts causés par la pandémie de Covid-19, l’invasion russe de l’Ukraine a accentué le ralentissement de l’économie mondiale, qui entre dans ce qui pourrait devenir une période prolongée de croissance faible et d’inflation élevée », selon les dernières Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale (juin 2022). De 5,7 % en 2021, la croissance mondiale devrait chuter à 2,9 % en 2022, soit moins que les 4,1 % prévus en janvier dernier, selon un communiqué de l’institution financière internationale.

Dynamique de croissance

En Afrique subsaharienne, « après un rebond de 4,2 % en 2021, la croissance […] s’est ralentie cette année en raison de tensions intérieures sur les prix ». En raison de divers facteurs conjugués, les échanges commerciaux et financiers directs avec l’Europe et l’Asie centrale ont été limités dans la région, précise-t-on dans les prévisions régionales du rapport. Toutefois, « la dynamique de croissance s’est poursuivie en Angola et au Nigéria, où les cours élevés du pétrole, la stabilisation de la production pétrolière et la reprise des secteurs non liés aux ressources naturelles ont soutenu l’activité pendant le premier semestre de cette année », note la Banque mondiale.

Bien que « certains des effets de la guerre en Ukraine sur l’économie de l’Afrique subsaharienne » aient pu être contenus, le ralentissement de la croissance mondiale et « les pénuries de nourriture et de carburant liées à la guerre créent de fortes turbulences dans la région, et encore plus dans les pays qui dépendent des importations de blé de Russie et d’Ukraine », notamment la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Madagascar, la Tanzanie.

La croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 3,7 % en 2022 et 3,8 % en 2023, selon le rapport de la Banque mondiale, qui précise que cela correspond aux projections établies au mois de janvier dernier. « Néanmoins, une fois exclues les trois plus grandes économies, la prévision a été revue à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour 2022 et 2023 », précise-t-on avant de poursuivre : « Bien que la hausse des cours des matières premières soit de nature à soutenir la reprise dans les industries extractives, la progression de l’inflation dans de nombreux pays tendra à éroder les revenus réels, affaiblir la demande et accentuer la pauvreté ».

D’énormes risques  

Selon les projections de l’institution monétaire internationale, cette région de l’Afrique « devrait rester la seule région émergente et en développement où les revenus par habitant ne retrouveront pas leur niveau de 2019, même en 2023 ». En conséquence, d’énormes risques sont liés à cette situation dans la région subsaharienne du continent. « Une perturbation prolongée du commerce mondial des céréales et des engrais à la suite de la guerre en Ukraine dégraderait considérablement l’accessibilité financière et la disponibilité des aliments de base dans toute la région », déplore-t-on. Ce n’est pas tout, « l’insécurité et la violence pourraient également assombrir les perspectives de croissance, en particulier dans les pays à faible revenu, tandis que l’augmentation rapide du coût de la vie risque d’envenimer les troubles sociaux ».

La situation actuelle est comparable à celle des années 1970. Cela à trois titres, précise l’édition de juin des Perspectives économiques mondiales. Des perturbations persistantes de l’offre qui alimentent l’inflation, précédées d’une période prolongée de politique monétaire très accommodante dans les principales économies avancées ; des projections de ralentissement de la croissance ; des économies émergentes et en développement vulnérables face à la nécessité d’un durcissement de la politique monétaire pour maitriser l’inflation, précise ce rapport.

Recommandation

Le président de la Banque mondiale, David Malpass, explique que « les marchés regardent vers l’avenir [et qu’] il est donc urgent d’encourager la production et d’éviter les restrictions commerciales ». Selon le patron de l’institution monétaire internationale, les « changements dans les politiques budgétaires, monétaires, climatiques et d’endettement sont nécessaires pour remédier à l’affectation inappropriée des capitaux aux inégalités. »

Pour maitriser les répercussions de la guerre en Ukraine sur l’économie mondiale, le rapport recommande des interventions à l’échelon mondial pour limiter le préjudice subi par les personnes touchées par la guerre, en vue d’amortir le choc de la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires, pour accélérer l’allégement de la dette et pour accélérer la vaccination dans les pays à faible revenu. « Dans le contexte difficile d’une montée de l’inflation, d’une croissance plus faible, d’un resserrement des conditions financières et d’une marge de manœuvre budgétaire limitée, les gouvernements devront réorienter en priorité leurs dépenses vers une aide ciblée aux populations vulnérables », recommande la Banque mondiale en invitant les responsables publics à s’abstenir d’appliquer des mesures génératrices de distorsions telles que les politiques de contrôle des prix, les subventions et les interdictions d’exportation.

Chiencoro Diarra

17 juin 2022 0 comments
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Rapport de la coalition citoyenne pour le sahel
A la UneSécurité

[Rapport] Sahel : huit civils tués chaque jour dans des violences, note la Coalition citoyenne

by Mohamed Camara 17 juin 2022
written by Mohamed Camara 7 minutes read

Dans son nouveau rapport de suivi, publié jeudi 16 juin, la Coalition citoyenne pour le Sahel révèle l’ampleur de la crise sécuritaire dans la région et appelle à une approche radicalement différente basée sur les besoins des population.

Qu’est-ce qui a changé au Sahel ? « Ces 18 derniers mois [depuis avril 2021], le Sahel central a connu de nombreux bouleversements, constate Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center. Un gouvernement de transition en a remplacé un autre au Mali. Un président élu a été renversé au Burkina Faso. La région est devenue un terrain d’affrontement géopolitique avec le redéploiement en cours des forces française Barkhane et européenne Takuba du Mali vers le Niger notamment, et l’arrivée des Russes au Mali. »

Lancé officiellement ce jeudi 16 juin, à l’hôtel Casino du Cap-Vert à Dakar et en visio-conférence, ce nouveau rapport de 40 pages et de quatre piliers essentiels propose des solutions pour répondre plus efficacement à des défis n’étant pas seulement de l’option sécuritaire, mais également d’une profonde crise institutionnelle, politique, sociale et humanitaire — qui frappe les trois pays du centre du Sahel et qui commence à s’étendre dans toute la sous-région.

Cette étude, fruit d’un travail collectif inédit de 49 organisations de la société civile sahélienne et ouest-africaine, soutenues par des ONG internationales, apporte ainsi un éclairage nouveau sur l’ampleur de la crise sécuritaire au Sahel central et l’échec à enrayer la spirale de la violence des stratégies de lutte contre le terrorisme menées depuis dix ans.

Protection des civils

Dans le premier volet de son nouveau rapport, la Coalition citoyenne pour le Sahel déplore les attaques contre les populations civiles : « chaque jour 8 civils ont été tués en moyenne entre avril 2021 et mars 2022 dans des exactions au Sahel central ».

Le rapport ajoute : «2901 civils ont été tués au Mali, au Niger et au Burkina Faso pendant cette période, en hausse de 18% par rapport à l’année 2020. À titre de comparaison, les forces de défense et de sécurité (FDS) ont également payé un très lourd tribu avec 1514 membres tués en opération dans la même période (+37% par rapport à 2020); il y a donc le double de victimes civiles. »

Selon le rapport de suivi 2022, le nombre de civils tués par les Forces de Défense et de Sécurité a diminué de 11% sur la période avril 2021-mars 2022 : «Les décès de civils ou suspects non armés attribués à des membres des forces de défense et de sécurité (FDS) ont chuté de 71% en 2021, avant de repartir dramatiquement à la hausse dans les trois pays début 2022. Sur la période avril 2021-mars 2022, la baisse n’était plus que de 11% par rapport à l’année 2020 ». Malgré cette baisse des exactions des FDS, en partie grâce à la mobilisation des sociétés civiles par des actions de veille citoyenne et de sensibilisation sur le respect des droits humains, les forces militaires déployés dans la région restent cependant soupçonnées d’être responsables de 27% des morts civils entre avril 2021 et mars 2022 contre 35% en 2020. Ces progrès sont en deçà des attentes de la Coalition citoyenne pour le Sahel, qui appelait, en avril 2021, à une baisse d’au moins 50% des attaques contre les civils par les FDS [d’avril à octobre 2021].

Le déchiffrement de nombre de civils tués dans des attaques attribuées à des groupes dits d’autodéfense a chuté de 49% depuis 2020. Ce qui répond aux recommandations de la Coalition, qui avait demandé en avril 2021 une baisse d’au moins 20% des attaques contre les civils par les groupes d’autodéfense d’avril à octobre 2021. Cela peut s’expliquer par la reprise de contrôle de certaines localités par les FDS au Mali ou par une structuration de ces groupes au sein des Volontaires pour La Défense de la patrie au Burkina Faso, ou encore par des lacunes dans la documentation des exactions. À l’opposé de cette tendance régionale, le Niger a connu une augmentation de 185% de décès de civils imputables aux groupes d’autodéfense.

Stratégies politiques

« Au Burkina Faso, au Mali comme au Niger, les autorités ont clairement réaffirmé leur priorité à l’option militaire pour faire face à l’insécurité endémique et à la progression des groupes dits extrémistes, en renforçant les capacités de leurs forces de défense et de sécurité et en intensifiant les opérations militaires. Cependant, la négociation et le dialogue comme solution politique à la crise sont de plus en plus sérieusement envisagés comme une option complémentaire, voire indissociable de l’intervention armée », indique le nouveau document de la Coalition.

Selon un responsable communautaire impliqué dans les efforts de la médiation dans le centre du Mali, cité par le New Humanitarian et repris par le rapport de suivi, « la meilleure chose à faire est que le gouvernement cesse de se battre et entame un dialogue. Les responsables devraient impliquer les chefs religieux et bien sûr nous inclure ». Ces propos illustrent l’ambition des gouvernements de dialoguer avec les groupes radicaux, notamment au Mali, où le premier ministre de la première transition, Moctar Ouane avait évoqué lors d’un point de presse l’ambition du gouvernement malien de négocier avec les groupes armés qualifiés de djihadistes.

« La négociation et le dialogue comme solution politique à la crise sont de plus en plus sérieusement envisagés comme une option complémentaire, voire indissociable de l’intervention armée au Burkina Faso avec la création de « comités locaux de dialogue », mais aussi au Niger. Au Mali, c’est également l’orientation qui avait été définie lors du Dialogue national inclusif en 2019 et de la Conférence nationale d’entente en 2017, a déclaré Niagalé Bagayoko, présidente de l’African Security Secteur Network. Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact de ces annonces sur les niveaux d’insécurité – mais cela va dans le sens des préconisations de la Coalition citoyenne. Nous appelons l’Union africaine et la CEDEAO, ainsi que l’ensemble des partenaires internationaux, à encourager et à soutenir ces efforts en faveur de solutions négociées. »

Transparence et urgences humanitaires

Toujours dans sa nouvelle étude, la Coalition citoyenne pour le Sahel a identifié « les détournements dans le secteur de la défense et de la sécurité constatés dans les trois pays du Sahel central […] comme emblématiques de la profonde crise de gouvernance dans la région, qui nourrit la perception par les populations d’un État plus prédateur que protecteur ».Ainsi, pour la Coalition, « l’enjeu ne consiste pas seulement à restaurer les capacités de l’État et à redéployer ses services dans l’ensemble des territoires sahéliens, mais à refonder sa légitimité ».

Elle note aussi un certain nombre de progrès enregistré sur le front de la transparence dans la gestion des ressources affectées au secteur de la défense et de la sécurité depuis la publication du rapport Sahel : ce qui doit changer. « La lutte contre la corruption a été érigée en priorité par les autorités des trois pays du Sahel central, les enquêtes sur des détournements de fonds ont progressé, le rôle des autorités administratives indépendantes de contrôle a été réaffirmé et des audits ont été annoncés, note-t-elle. Cependant, le risque d’instrumentalisation de procédures judiciaires a été constaté dans les trois pays ».

Par ailleurs, la Coalition invite à répondre également aux urgences et financements humanitaires pour assurer l’accès humanitaire aux populations dans les trois pays du Sahel. « Je lance un appel urgent aux bailleurs, a déclaré Clémentine Tarnagda, directrice de l’Organisation pour de nouvelles initiatives en développement et santé (ONIDS), basée au Burkina Faso. Vous avez la possibilité de sauver des vies. Ne vous détournez pas de notre région, malgré les nombreuses autres crises, comme en Ukraine. »

Mohamed Camara et Sagaïdou Bilal

17 juin 2022 0 comments
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