Zone ouest-africaine  : le Mali de la transition bientôt en porte-à-faux avec les investisseurs ?

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Au Mali, les effets des sanctions imposées au pays par des institutions sous-régionales se font de plus en plus sentir. Le pays se trouve en difficulté de s’acquitter de ses dus auprès des investisseurs malgré que certains citoyens font encore montre de détermination et de courage.

Mis au ban de l’Afrique de l’Ouest, en raison des sanctions prononcées, le 9 janvier dernier, par des institutions ouest-africaines, le Mali se trouve en difficulté d’honorer ses engagements financiers auprès des investisseurs sous-régionaux.

Par cinq notes adressées aux investisseurs, depuis le 28 janvier dernier, UMOA-Titres, l’agence de coordination régionale des émissions de dettes dans les pays ouest-africains de la zone CFA, tire sur la sonnette d’alarme. Au total, l’État du Mali n’a pas été en mesure de rembourser 53 milliards de francs CFA, au titre du paiement « sur les Obligations Assimilables du Trésor », entre le 28 janvier et le 10 février.

Le 28 janvier, les sommes que le Mali n’a pas pu rembourser s’élevaient à 2,7 milliards de FCFA. Le 31 janvier, le pays s’est trouvé dans l’impossibilité de verser 15,61 milliards de F CFA de crédit. Les 2, 7 et 10 février, le gouvernement malien n’a pas réussi à verser respectivement 5,55 milliards, 1,68 milliard et 27,5 milliards de F CFA.

Selon les précisions d’UMOA-Titres, « Cet incident de paiement intervient dans un contexte où l’État du Mali est soumis à des sanctions prises à son encontre par la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao ».

Tenir à rassurer les investisseurs

Le 1er février, l’exécutif malien faisait déjà état de son impossibilité, « malgré des avoirs suffisants du Trésor public du Mali dans ses livres », à honorer ses engagements en raison de la mise en œuvre des sanctions par la BCEAO. Une pratique que les autorités maliennes de la transition qualifiaient de « violation grave des dispositions » de cette institution monétaire sous-régionale.

Dans un communiqué du 6 février 2022, le gouvernement malien a également reproché à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) « une violation flagrante des textes et procédures qui régissent le fonctionnement de l’Uemoa » par le fait qu’il n’a reçu aucune notification officielle concernant les sanctions adoptées à son encontre. Des sanctions parmi lesquelles figurent le gel des avoirs de l’État malien et des entreprises publiques et parapubliques à la BCEAO, le blocage de tous les transferts de l’État malien passant par les systèmes de paiement de la Banque Centrale.

Malgré tout, le gouvernement rassure les investisseurs : « L’État du Mali, qui a toujours honoré ses engagements sur le marché financier, tient à rassurer les investisseurs de sa volonté et de sa capacité à faire face à ses engagements ».

Interdépendance entre États

Toutefois, force est de reconnaître que malgré la détermination et le courage que font encore montre les citoyens, le panier de la ménagère ressent les effets de ces sanctions. Nonobstant tous les efforts de l’exécutif malien, sur le marché, les produits ont pris de l’ascenseur. Une situation qui a d’ailleurs conduit des travailleurs, notamment les maçons, au chômage.

« L’homme est un animal politique », soutenait déjà Aristote — penseur antique-grec. Un passage met l’accent sur la sociabilité de l’Homme. Un être fait pour vivre en communauté. Toute vie solitaire est, selon lui, assimilable aux anges ou à Dieu. Cette affirmation, reprise plus tard par le Hollandais Baruch Spinoza, « L’homme n’est pas un empire dans un empire », trouve aujourd’hui toute sa quintessence dans ce bras de fer qui oppose les autorités maliennes de la transition à la Cédéao et à l’Uemoa.

Cette situation devra donc faire comprendre aux autorités maliennes que le monde est construit de telle sorte qu’il y ait une interdépendance entre les États. Dans un tel contexte où les intérêts sont intimement liés, les aspirations « souverainistes » ne pourraient réussir à moins d’être un pays développé. Pour des pays en développement, cette aspiration doit être accompagnée par une véritable industrialisation et une souveraineté économique.

La rédaction

Sahel Tribune
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