Ménaka : reprise des activités humanitaires par la visite d’une délégation de la présidence

Date:

Share post:

Après la suspension des activités humanitaires pour raison d’insécurité, à Ménaka, l’assistance aux populations vulnérables se reprend. Une délégation de la cellule des œuvres sociales de la présidence était dans la région, les 9 et 10 février 2022.

En cet après-midi du mercredi 9 février, le son du tambour traditionnel des Tamasheq retentissait très fort à Ménaka. Cet instrument musical — tapé en chœur par deux hommes— est joué pour annoncer un fait insolite. Il s’agit de l’arrivée d’un étranger ou l’annonce d’une nouvelle.

Un instrument traditionnel à Ménaka. ©Chiencoro/Sahel Tribune

C’est pourquoi la cour du notable Bajan Ag Hamatou s’est vite remplie de monde en ce jour de mercredi, venu s’enquérir des nouvelles. C’était l’arrivée d’une délégation de la présidence malienne de la transition, laquelle est venue pour porter assistance à 400 ménages démunis de la région de Ménaka.

400 kits alimentaires symboliques

Cette délégation de la présidence, conduite par la conseillère spéciale du chef de l’État, Col. Assan Badiallo Touré, a foulé le sol de cette nouvelle région administrative du Mali pour une visite de deux jours. À travers sa cellule des œuvres sociales, le président Goïta a remis 400 kits alimentaires, composés de 50 kg de riz, 50 kg de mil, 25 kg de sucre et 20 litres d’huile aux personnes démunies des cercles de Ménaka.

La cérémonie de remise symbolique a eu lieu dans le grand terrain de football, près de la place de l’indépendance de la région. « C’est un grand jour pour nous de recevoir une délégation de la présidence, qui a pensé à la population de Ménaka en venant soutenir les familles vulnérables du cercle », s’est réjoui Alaga Ag Salli, président de l’autorité intérimaire du cercle de Ménaka.

Le notable Bajan Ag Hamatou a profité de cette visite de la délégation de la première institution pour apporter certaines précisions dans lesquelles, il explique que, « quelles que soient les difficultés, la tempête, Ménaka, c’est [une partie du] Mali ». Malgré qu’elle soit l’épicentre de toutes les crises que le Mali a connues en cette derrière décennie, la ville de Ménaka s’est toujours démarquée par sa résistance, a-t-il ajouté.

Suspension des activités humanitaires

Il y a juste quelques mois, l’on croyait impossible la tenue d’une telle cérémonie humanitaire dans cette ville en raison de la recrudescence de l’insécurité. En 2018, plusieurs militaires maliens sont morts dans une attaque contre le camp de l’armée malienne à Ménaka. En 2021 également, environ 49 soldats maliens ont été victimes d’une attaque terroriste dans le camp d’Indelimane, dans la localité d’Ansongo, secteur de Ménaka. Aussi faut-il souligner les tirs d’obus qui ont visé le camp de la Minusma de Ménaka en janvier 2022.

Assistance humanitaire fortement compromise par la criminalité à Ménaka
Ménaka : l’assistance humanitaire fortement compromise par la criminalité dans la ville. Crédit photo : Ocha Mali 2020

En raison de cette insécuritéet de l’augmentation de la criminalité dans la région de Ménaka en 2019, plusieurs ONGs internationales se sont vues obligées de suspendre leurs activités dans la région, laissant ainsi près de 148 000 personnes dans le besoin. «La circulation des armes, l’absence d’une justice opérationnelle et la perte d’efficacité des patrouilles favorisent le développement de la criminalité ciblant la population civile et les humanitaires dans les communes de Ménaka et de Tidermene », explique un communiqué de l’ONG Acted.

Cette organisation précisait qu’entre fin juillet et début août 2019, dans la ville de Ménaka, « les ONG ont déploré 7 incidents de braquages et de cambriolages avec violence, intimidations et vols de biens matériels des ONG et de leur personnel ».

« Nous sommes le Mali. Nous resterons le Mali »

L’honorable Bajan, ce descendant du résistant Firhoun, ne tarit point d’éloges de cette ville. « Nous sommes le Mali. Nous resterons le Mali, quelle que soit la couleur que certains voudront nous faire porter. On a voulu nous changer, mais on ne changera pas », a-t-il voulu rassurer en faisant référence surtout à tous ces actes subis par cette région.

Ce geste humanitaire du président de la transition à l’endroit des populations des cercles de Ménaka se situe dans la continuité d’un vaste projet lancé en novembre 2021 à Gao et qui vise à venir en aide à 100 personnes vulnérables dans chaque cercle du Mali. Un programme qui arrive bientôt à son terme.

Chiencoro Diarra

Chiencoro
Chiencorohttps://saheltribune.com
Chiencoro a plusieurs années d'expérience dans la presse écrite et le blogging au Mali. Il est présentement journaliste-reporter à Sahel Tribune.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières publications

Sortie de la 3e cohorte du SNJ : « nous ne faisons que lier l’acte à la parole », dixit le président Goïta

C’est une première au Mali. Les admis de la fonction publique de l’État et des collectivités territoriales, envoyés, il y a six mois, dans le camp de Bapho, à Ségou, pour leur formation militaire obligatoire au service national des jeunes (SNJ), ont achevé leur session avec brio.

Mali : la présence des militaires allemands, une « perte de temps et d’argent »

L’Allemagne remet en cause le déploiement de ses troupes au Mali. Selon le nouveau ministre de la Défense, Boris Pistorius, la présence des militaires allemands sur le sol malien est une «perte de temps et d’argent

« Semaine de la justice » : briser le mur de glace entre les acteurs et les justiciables  

Les activités de la 1re édition de la Semaine de la justice ont été lancées, le 23 janvier 2023, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB). Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des sceaux, Mamoudou Kassogué, a invité à briser le mur de glace qui existe entre les acteurs et les justiciables.

Sahel : la France retirera ses troupes du Burkina d’ici « un mois »

La France retirera ses troupes du Burkina Faso, d’ici « un mois ». L’information a été donnée ce mercredi par une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, qui confirme que la France a reçu la demande du Burkina Faso de retrait de ses troupes déployées dans le pays
%d blogueurs aiment cette page :