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Des kilogrammes de sucre
ExclusifSeko ni Donko

Don de sucre durant le ramadan : la belle initiative personnelle devenue objet de frustration

by Bakary FOMBA 25 avril 2022
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Au Mali, le mois de ramadan ouvre un boulevard à la multiplication des bonnes actions de solidarité. Le don de sucre à l’endroit de la belle-famille, une belle initiative personnelle, issue d’une pratique « coutumière tolérée » par la religion musulmane, est devenu pour certains un objet de frustration. Explication.

A la veille du mois de ramadan, beaucoup de gens s’affairent à mettre les sacs de sucre par tas d’un kilogramme dans leurs familles. Car le mois de ramadan est  aussi celui de la solidarité et de la communion. Un mois au cours duquel les beaux-fils et les belles-filles montrent tout leur attachement à la relation « sacrée » qui lie les deux familles. Cela à travers des remises de sucre et mets spéciaux dont l’objectif est le renforcement de ce lien de mariage.

Initiative personnelle devenue obligation  

Cette pratique remonte à « l’avènement de l’islam dans nos sociétés traditionnelles » et « n’aurait aucun sens avant que le mariage ne soit scellé », selon Ali Fofana, l’adjoint de l’imam d’une mosquée de la ville de Ségou. Pour Gaoussou Sylla, imam à Koulikoro Centre, c’est une « marque d’estime envers » sa belle-famille et nullement une obligation religieuse. Cependant, la pratique est « tolérée » par la religion musulmane, ajoute Gaoussou Sylla.

Cette action de solidarité a fini par s’ancrer profondément dans les cultures pour devenir ainsi une tradition dans certaines contrées. « Auparavant dans la culture de cette zone, même après la mort de tous les membres de la belle-famille, le beau-fils se devait d’obéir à cette tradition en offrant dix noix de cola à la maison vide, en hommage à ses beaux-parents », explique Gnéléni Kanté, âgée d’une soixantaine d’années et vivant à Banco, dans la région de Dioïla. D’après ses explications, c’est ainsi que Dieu investit la « baraka dans les progénitures du beau-fils ».

Certains villages de la région de Ségou font également de cette pratique une obligation pour le gendre. Dans ces localités, la tradition fixe même une quantité à apporter. Dans la commune rurale de Kamiandougou, localité située à une centaine de kilomètres au nord-est de la ville de Ségou, la remise symbolique du sucre à la belle-famille ne semble plus procéder d’une initiative personnelle. Dans la plupart des villages de cette petite commune, cette pratique souffre beaucoup. Elle est devenue un devoir que le beau-fils se doit d’accomplir au risque de perdre sa crédibilité aux yeux de sa belle-famille.

Dette à rembourser

Des sacs de 5 kg de sucre
Des sacs de 5 kg de sucre. © Togola F./Sahel Tribune.

Chaque année, Karim Mallé, un habitant de ladite localité, offre cinq (5) kilogrammes de sucre à sa belle-famille dès le début du « mois béni » des musulmans. Selon ses explications, la quantité à emmener est fixée de cinq à dix kilogrammes. Et ne pas s’en acquitter peut être source d’interpellation et de conflit. D’où toute la frustration de M. Mallé cette année. « Chaque année, j’apporte cinq kilogrammes de sucre à ma belle-famille. Mais cette année, à cause de quelques jours de retard, on me l’a réclamé dans un ton obligatoire », raconte-t-il.

Selon les coutumes de ce village, explique B. S, un autochtone, « si le mois de ramadan vient trouver que le gendre n’a pas les moyens pour offrir du sucre à sa belle-famille, ce serait une dette à rembourser ultérieurement ». Au fur et à mesure que cette dette dure, des mésententes peuvent s’installer dans le foyer, qui pourraient conduire jusqu’au « divorce », précise notre source.

Geste de haute portée sociale

Cette conception de la pratique du don de sucre dans ces villages de la 4e région administrative, parait à l’antipode des objectifs de l’initiative. Ce geste de solidarité, si l’on s’en tient aux explications de l’imam Kalifa Diarra à Kalaban-Coro (quartier périphérique de Bamako), est un geste de haute portée sociale visant à « sauvegarder les bons sentiments, la paix et surtout la cohésion sociale entre les familles des conjoints ».

En plus de maintenir la paix et l’amour entre les belles-familles, ce don « favorise le raffermissement du tissu social entre les membres des deux familles et surtout la parfaite entente dans le couple », indique M. Diarra.

Dr Bréma Ely Dicko est enseignant-chercheur à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de Bamako, département Sociologie-Anthropologie. II explique que ce geste coutumier, « toléré par la religion musulmane, est une marque de considération pour la belle-famille ». Il permet de cimenter la société et, par ricochet, apprend à la jeune génération l’amour du prochain, mais aussi et surtout les valeurs de solidarité et de partage. Des vertus sociales qui fondent les sociétés traditionnelles maliennes.

Selon le sociologue Dicko, cette pratique « fortifie les liens sociaux et est signe de la bonne qualité des relations humaines ». Mais, « il est important que chacun prenne conscience que le don de sucre est une prescription de la culture, mais ne doit pas être une imposition, explique le professeur de sociologie. La femme et ses parents doivent tenir compte de la position financière du mari, mais aussi de sa culture. »

Bakary Fomba

25 avril 2022 0 comments
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Un charnier en Lybie
A la UneSécurité

Découverte d’un charnier à Gossi : les États-majors français et malien donnent leurs versions

by Sahel Tribune 23 avril 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

[Brèves] A Gossi, au nord du Mali, un charnier a été découvert auprès de la désormais ancienne base de la force Barkhane dans la localité, rétrocédée à l’armée malienne le mardi 19 avril 2022. Suite à la publication des images, à la date du 21 avril, par un compte Twitter dénommé « Dia Diarra », les deux Etats-majors français et malien ont donné leurs versions et s’accusent. Par ailleurs, l’armée malienne informe de « l’ouverture d’une enquête afin d’établir toute la lumière sur ledit charnier », sans donner de détails sur le format. Avec TV5 Monde et ORTM.  

Sagaïdou Bilal

23 avril 2022 0 comments
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Création du Comité de suivi-évaluation des ANRs
A la UnePolitique

Mali: création du comité indépendant de suivi-évaluation des ANRs

by Chiencoro 22 avril 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

Malgré le désaccord avec la Cédéao sur la durée de la transition, les autorités maliennes se lancent dans la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la refondation.

Devant les membres du Conseil national de transition (CNT), jeudi 21 avril 2022, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga a déclaré que vingt-quatre (24) mois sont actés désormais comme durée de la transition par les autorités maliennes de la transition. Bien que se disant ouverts à poursuivre les discussions avec les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), les dirigeants maliens ouvrent la voie vers la refondation de l’État.

Création d’un comité indépendant

Le 20 avril dernier, le gouvernement malien a annoncé, à l’issue du conseil extraordinaire des ministres, le lancement du processus de mise en œuvre des conclusions des Assises nationales de la refondation (ANR). La mise en place du Comité indépendant de suivi-évaluation de la mise en œuvre des recommandations des ANR (CINSERE-ANR) a été annoncée dans le communiqué final du Conseil des ministres. Ce comité sera créé auprès du président de la transition, le colonel Assimi Goïta, chargé de désigner par décret ses membres pour cinq (5) ans renouvelables une seule fois.  

La même source précise les missions de cet organe chargé « de mesurer et d’apprécier l’exécution et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la refondation ». En son article 2, le décret du 20 avril du président de la transition portant création, organisation et fonctionnement de ce Comité, précise les autres missions de cet organe : collecter des informations, gérer les bases de données, suivre les indicateurs de résultat, produire et publier des rapports.

Le CINSERE-ANR produira quatre (4) catégories de rapports : des rapports semestriels résumant ses propres activités, un rapport annuel produit et publié au plus tard le 31 mars de l’année suivante et remis au chef de l’État. Il peut également fournir au président un rapport d’étape ou sur les circonstances particulières. Au terme de leur mandat, les membres du Comité devront remettre un rapport de fin de mission.

« Mise en œuvre des principaux axes de la refondation »

Ce décret indique également les critères de désignation des membres de ce Comité constitué de quinze (15) membres « désignés sur des critères de moralité, de probité, de compétences et d’expériences avérées dans des domaines spécifiques, en matière de Refondation de l’État », précise-t-on dans le communiqué du Conseil des ministres du mercredi dernier, qui ajoute qu’il est également doté « d’une équipe d’experts et de personnel d’appui ». Il faut avant tout être de nationalité malienne pour espérer figurer parmi les membres de ce comité indépendant.

Interpellé par les membres du CNT, jeudi 21 avril 2022, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a indiqué qu’à travers la mise en place de ce comité, les autorités transitoires sont « dans la phase de mise en œuvre des principaux axes de la refondation ».

Notons que le CINSERE-ANR n’est pas le seul point qui annonce la volonté des autorités maliennes de prendre leurs responsabilités en main. Le gouvernement a annoncé, mercredi 20 avril, la création d’une commission chargée de la mise en place d’un système intégré de « gestion de ressources humaines prenant en compte les données biométriques du RAVEC au profit des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales ». Une recommandation des Assises nationales qui a pour objectif de « maîtriser les effectifs des fonctionnaires et agents publics et de rationaliser les dépenses publiques salariales ».

C’est donc parti pour une transition de 2 ans au Mali, après les premiers 18 mois écoulés. Cette prolongation est annoncée malgré une absence de consensus avec la Cédéao, après trois mois d’intenses discussions.

Chiencoro Diarra

22 avril 2022 0 comments
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Présence russe de plus en plus demandée
AnalysesSécurité

Crise sécuritaire : l’influence russe bat son plein dans certains pays africains

by Chiencoro 22 avril 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

Certains pays du Sahel et d’ailleurs en Afrique, confrontés à l’insécurité croissante, multiplient de nouveaux partenariats dits stratégiques en matière de sécurité avec la Russie.

Confrontés aux crises sécuritaires, liées notamment à l’activisme de plusieurs groupes terroristes et certains phénomènes, les pays du Sahel et d’ailleurs en Afrique multiplient de nouveaux partenariats dits stratégiques en matière de sécurité. De nouveaux partenariats susceptibles ou jugés susceptibles de leur permettre de mieux faire face à cette insécurité croissante dont les conséquences socio-politico-économiques ne sont plus un secret de polichinelle.

C’est dans cette optique que certains pays se tournent vers la Russie et sa puissance militaire. C’est le cas du Cameroun, qui fait face à de nombreuses crises sécuritaires dans ses régions anglophones et à l’est de ses frontières. Le 12 avril 2022, à travers son ministre délégué à la présidence en charge de la Défense, Joseph Beti Assomo, le Cameroun et la fédération de la Russie, à travers le Général d’armée Sergueï Choïgou, ont paraphé un nouvel accord de coopération militaire.

Selon Africa Presse, cet accord de 13 pages vient renforcer les relations bilatérales entre ces deux État.

Le contenu de l’accord

Ces deux pays disent qu’ils revendiquent les mêmes principes de « souveraineté, égalité, du respect mutuel des intérêts et non-intervention dans les affaires intérieures… » Ce qui approuve, selon eux, « l’importance du dialogue en matière de sécurité internationale et régionale, de stabilité et de compréhension mutuelle dans le domaine de la politique de défense des États Parties. »

En son article 2, ce document indique que les deux pays conviennent entre autres de l’échange d’opinions et d’informations en matière de politique de défense et de sécurité internationale, de développement des relations dans le domaine de la formation conjointe et l’entraînement des troupes, d’enseignement militaire, de médecine, de topographie ou encore d’hydrographie militaire. L’échange d’expériences, de maintien de la paix et d’interaction dans des opérations de soutien à la paix sous l’égide des Nations unies, font également partie des dispositifs de cet accord comprenant en 15 articles.

Cet accord, à en croire Africa Presse, a une durée de cinq ans renouvelables. Il entre « entre en vigueur trente (30) jours après la réception par voie diplomatique de la dernière notification écrite relative à l’accomplissement par les Parties des procédures internes requises. »

D’autres pays

Comme au Cameroun et en Centrafrique, l’influence russe va crescendo dans d’autres pays en Afrique. Au Mali, un nouvel accord de défense a été signé en 2019 avec la Russie. Avec les nouvelles autorités de transition, un nouvel accord ou un amendement de cet accord de 2019 aurait été obtenu avec Moscou. Ce qui est sûr : Bamako réceptionne ces derniers mois de nouveaux équipements russes au profit de l’armée malienne, dans le cadre d’un partenariat dit de « sincère et historique ».

Au Burkina Faso, un autre pays victime d’insécurité, la présence russe est de plus en plus réclamée par certains. Pour l’Occident et les organisations internationales et sous-régionales, cette influence croissante russe n’est pas sans crainte.

Chiencoro Diarra

22 avril 2022 0 comments
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Une nouvelle mariée à la tâche
Exclusif

Vie de couple ramadanesque : accompagner les nouvelles mariées

by Mikailou Cissé 21 avril 2022
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Pendant le mois de ramadan, les nouvelles mariées traversent de dures épreuves dans leur vie de couple. Ce qui nécessite accompagnement au sein de leurs familles.

Quatrième pilier de l’islam, le jeûne est un exercice de foi auquel se livrent tous les fidèles musulmans en état d’observer le mois de ramadan. Pendant ce 9e mois du calendrier lunaire, qui dure entre 29 et 30 jours, les femmes, notamment les nouvelles mariées, sont confrontées à d’énormes difficultés.   

En plus des obligations de l’islam, qui leur recommande l’exemplarité dans le comportement et la prise de parole, elles doivent faire tout ce qui est nécessaire pour leurs maris et belles-familles. « C’est [elles] qui préparent la rupture pour la famille, [elles doivent] apprendre l’islam […], s’habiller très bien et contrôler [leur] démarche pour ne pas attirer l’attention sur elles », explique l’islamologue Baldé Aboubacar, cité dans cet article sur le rôle des femmes durant le mois de ramadan.

« Un choc indescriptible »

Au Mali, comme dans la plupart des pays à forte communauté musulmane, le jeûne est une période assez particulière. Ce mois —   « au cours duquel le Coran a été « descendu » comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement », pour citer le livre saint des musulmans — s’annonce habituellement par de nombreux mariages. Chaque célibataire voulant avoir une compagnie pour la corvée quotidienne de ce mois. Ces jeunes dames, nouvellement mariées, doivent faire face aux contraintes de ce « mois béni » pour les musulmans.

Mois de solidarité, de communion, d’aide aux personnes démunies, le ramadan est la période durant laquelle de nombreux repas sont partagés en famille ou avec la communauté. Plusieurs mets sont alors préparés et servis à la rupture, augmentant ainsi les charges de la ménagère dans les familles musulmanes. Cette situation n’est pas facile à gérer pour certaines jeunes mariées.

Madame Cissé Kadidia Dama est enseignante au fondamental et mère au foyer. Elle explique à Sahel Tribune le changement radical qui est intervenu dans son mode de vie, quelques jours après son arrivée dans sa famille d’accueil. Elle trouve cette situation comme « un choc indescriptible ». À en croire ses propos, elle n’avait jamais « ressenti autant de pressions sur sa personne ».

Le changement de statut social, les nouvelles responsabilités, les préparatifs pour assurer le nécessaire pour la rupture du jeûne constituent une dure épreuve pour la quasi-totalité de nouvelles mariées. Cette année, elles font face à une situation très particulière : la flambée des prix des denrées alimentaires. En effet, en raison de l’embargo sur le Mali, depuis le 9 janvier 2022, le prix de la plupart des produits de première nécessité a pris l’ascenseur. Ce qui met ces jeunes dames dans une situation « inconfortable ».

Accompagner les nouvelles mariées

Des sachets plastiques à la main, Madame Dicko Yèlorè Barri, élève en classe de terminale, revient du marché ce jour-là, désemparée en raison de la flambée des prix. « Tout est cher !, se plaint-elle. Avec la hausse du prix des produits de première nécessité, il est très difficile de se procurer en quantité et en qualité des produits dont on a besoin sans effectuer des va-et-vient entre les nombreux stands du marché ».

Face à cette situation des nouvelles mariées durant ce  mois de ramadan, les belles-familles se doivent de les assister et les accompagner dans leur tâche afin d’amoindrir leurs souffrances. C’est ce que pense Aminata Maïga, mère de trois filles, toutes non mariées, belle-mère de deux jeunes dames nouvellement arrivées.

Après trente ans de vie conjugale, cette vieille dame insiste sur l’accompagnement des jeunes mariées par les familles d’accueil et les familles d’origine pour une meilleure gestion de cette période moins facile. « La plupart de ces jeunes dames sont peu expérimentées dans la cuisine, surtout les préparations durant le mois de ramadan », témoigne Aminata Maïga. Pour elle, laisser ces nouvelles mariées toutes seules se débrouiller reviendrait « à accepter et consommer ce qu’elles cuisinent, peu importe la qualité ».

Mikailou Cissé

21 avril 2022 0 comments
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Camp de réfugiés dans la région de Mopti
ExclusifSécurité

A Mopti, sur les cendres froides du malheur des veuves et orphelins déplacés

by Sahel Tribune 20 avril 2022
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Sur les sites spontanés de Medina-coura et Barbé II abritant des centaines de déplacés internes, à Mopti, nombreux sont les veuves et les orphelins qui manquent pratiquement de tout. Reportage.

Il était 16 heures, ce jour-là, quand nous nous sommes rendus à Tibo. C’est un sous-quartier de Medina-coura, en périphérie à environ cinq km de Mopti. A Tibo, se trouve un site spontané accueillant des personnes déplacées internes.

Des cases construites en paillettes, des arbres, des points d’eau potable et quelques têtes de bovins. Non encore clôturé, cet endroit ne passe pas inaperçu, notamment pour les usagers de la route principale, encore en chantier, reliant Mopti ville et Medina-coura.

Parmi les personnes ayant trouvé refuge sur cet espace, figurent des veuves et orphelins. C’est le cas de Pindou Diakité, âgée de 30 ans, teint clair et mère de deux enfants. Après la mort de son mari, Amadou, elle a quitté Sio, localité près de Sofouroulaye, à une vingtaine de km de Mopti. Par qui ? Elle pointe un doigt accusateur à l’encontre des éléments de groupes qualifiés de terroristes opérant dans la zone. Depuis trois ans, elle habite dans ce camp. « Je vis ici [à Tibo] chez des proches avec mes deux enfants âgés de 11 et 5 ans », fait remarquer la veuve Pindou, en fulfulde.

Depuis que les régions du centre (Ségou, Mopti) sont devenues un foyer d’instabilité, les populations fuient les violences liées notamment aux conflits locaux et l’activisme des groupes qualifiés de terroristes. Elles viennent se mettre à l’abri sur des sites dans les grandes villes comme Sikasso, Ségou, Bamako et Mopti.

🚨📊

Dernière mise à jour infographique sur l’évolution des déplacements forcés au 🇲🇱 Mali & ses pays voisins.

Le nombre des personnes contraintes de fuir s’accroît 📈 en raison de l’insécurité, des conflits, & des effets du changement climatique.

+ déplacement = + de besoins pic.twitter.com/b62Waw2bo8

— UNHCR Mali (@UNHCRMali) December 17, 2021

Au niveau de la Direction régionale du développement social et l’économie solidaire de Mopti, à Sévaré, il est difficile d’avoir des chiffres exacts sur le nombre total des veuves et orphelins, parmi les personnes déplacées internes. A ce jour, il n’existe pas de données sur leur nombre total — à part le cas des veuves vivant sur les sites officiels s’élevant à 38 personnes. Il n’y a pas non plus d’actions spécifiques en leur faveur. Cependant, à en croire Mme Sylla Fadimata Maïga, gestionnaire de sites au niveau de la Direction régionale, « à chaque fois qu’on fait des distributions, on les priorise ».

La division protection sociale de la Direction régionale de développement social et de l’économie solidaire estime à 39 le nombre de sites accueillant les déplacés internes, dont 12 sites de regroupement. Ce qui couvre, en tout, vingt-sept mille cent vingt-cinq ménages pour un total de sept-cent soixante-trois mille quatre cent quatre-vingt-seize individus.

Un site parmi d’autres

Dans le camp de Tibo, le cas de Pindou Diakité n’est pas isolé. D’autres veuves, plus d’une dizaine, sont venues majoritairement de villages situés dans la région de Bandiagara. Ou encore de localités du cercle de Djenné. Elles sont toutes principalement confrontées, avec leurs enfants, à des problèmes de nourriture. Les enfants ne sont pas encore inscrits à l’école, pas plus que des documents d’état civil n’ont été établis pour eux, selon le responsable du site.

« J’ai besoin de nourriture et d’argent pour pouvoir prendre soin de moi et de mes enfants », confie Pindou qui affirme n’avoir jamais reçu d’aide autre que celle de ses proches. La seule activité génératrice de revenus que certaines mènent pour subvenir à leurs besoins, tant bien que mal, est la vente de lait.

Dans la commune de Mopti, Tibo est un site parmi d’autres abritant des déplacés internes. A quelques km de Sévaré, près du poste de contrôle, se trouve le site de Barbe II. Contrairement à Tibo, la vue de ce site est moins troublante.

On y voit des maisons construites en ciment ou encore en chantier, des cases couvertes de bâches UNHCR [Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés]. Dans le décor également : des panneaux solaires, des antennes paraboliques, un puits au milieu de la concession, près d’une maison de type RHU [Refuges House Unit ou encore unité de logement pour les réfugiés], un hangar aménagé pour servir de parking à moto, deux autres faisant respectivement office de mosquée et de lieu d’échanges des hommes, des moutons attachés à quelques endroits, des poubelles ainsi que d’autres kits sanitaires comme ceux de lavage de mains.

« Cela fait trois ans, que j’ai quitté mon village pour venir ici. Avec l’aide de mes proches, j’ai acquis ce terrain sur fonds propre », nous apprend Issa Dicko, responsable du site et marabout parlant plusieurs langues comme le fulfulde, le dogoso, le sonrhaï, le bamanankan et un français approximatif. « Je suis le premier à occuper cet espace. Nous avons tout abandonné et sommes venus nous y installer pour sauver nos vies », a ajouté celui qui héberge, selon ses propres chiffres, 262 ménages ayant fui les violences.

« Mon mari n’a pas pu surmonter cet épisode douloureux »

Aïssata Adjango et Kadidia Iro Hogon font partie de ces 262 ménages. Aïssata est originaire du village de Sélikanda, dans la commune de Sokoura (Bankass). Pour sauver leurs vies, son mari et elle ont été contraints de rallier Sévaré avec leurs six petits-enfants. A ses dires, ils ont tout laissé derrière eux au village.

« Nous avons reçu un ultimatum de quitter le village. Nous sommes ici à l’abri des attaques. Nous avons laissé nos maisons, nos champs et tous nos biens là-bas », raconte Aïssata, 60 ans, assise sur une natte en plastique sous le hangar, la voix émue.

« Quand nous sommes venus ici, en raison de la situation difficile dans laquelle nous nous sommes retrouvés, mon mari n’a pas pu surmonter cet épisode douloureux. », a-t-elle ajouté, en larmes. Leurs six enfants ont tous migrés vers la Côte d’Ivoire laissant ainsi Aïssata toute seule avec ses petits-enfants inscrits dans une école franco-arabe de Barbé II.

Pour M. Mahamadou Talata Maïga, chargé des cours de psychologie à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), perdre un parent proche, surtout en ce qui concerne les veuves et orphelins déplacés, n’est jamais facile au sein d’une famille. Du point de vue psychologique, il y a, selon ses explications, le risque de traumatisme qui va les suivre pendant longtemps. Ce qui n’est pas sans conséquences : la détresse, la dépression, le sentiment d’abandon et celui de culpabilité pour certains. « Psychologiquement parlant, tous ces sentiments conjugués [mettent] effectivement ces populations mal à l’aise », explique M. Mahamadou Talata Maïga, qui estime que le premier niveau de prise en charge psycho-sociale est d’abord au niveau communautaire.

Maison de réfugiés dans un camp de la région de Mopti
Une maison de type RHU, refuges house unit ou unité de logement pour les réfugiés, construite par l’UNHCR [Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés] sur le site de Barbé II. ©Sagaidou Bilal/Sahel Tribune.

« Nous vivons ensemble en symbiose et en solidarité vu les difficultés qui nous ont réunis », témoigne un déplacé. Malgré les efforts du gouvernement malien, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) ainsi que d’autres ONG œuvrant dans l’humanitaire, le besoin alimentaire et financier se fait beaucoup sentir chez plus d’une veuve. Beaucoup sont sans activités génératrices de revenus.

« Nous avons eu différentes aides de la part du gouvernement malien, des ONG, fait savoir Issa Dicko, le responsable du site Barbe II. Mais nous souffrons, car nous manquons de tout. Nous avons des besoins sur le plan alimentaire, sanitaire et éducatif. »

Selon les chiffres du gouvernement malien et ses partenaires, Mopti est géographiquement la localité où se trouve le plus de personnes dans le besoin : 1,6 millions d’individus.

Dans le centre du Mali, fortement touché par la crise sécuritaire sans précédent que traverse le pays depuis 2012, les besoins, surtout alimentaires et financiers, sont quasi-permanents chez les personnes déplacées internes. Surtout au niveau des veuves, qui traversent des réalités socio-économiques assez dures après la perte de leurs conjoints.

Sagaïdou Bilal

20 avril 2022 0 comments
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L’Ambassadeur Maman Sambo Sidikou
Sécurité

La Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel appelle à « faire taire les armes »

by Bakary FOMBA 18 avril 2022
written by Bakary FOMBA 1 minutes read

Pour que « règne la force du droit » dans la région du Sahel, la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), à travers une déclaration datée du 13 avril 2022, dont Sahel Tribune a eu copie, appelle à la « vigilance de chacun d’entre nous » et « à faire taire les armes ».

Depuis près d’une décennie, la région du Sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Burkina Faso et Niger) traverse de multiples crises (sécuritaire, sociales, politiques). Qui ont porté un coup dur à la solidité des institutions au service de valeurs irréfutables. Ces multiples crises ont profondément affecté ainsi la sacralité de certaines valeurs sociales de la région sahélienne.

« La protection de la vie humaine et l’attention portée aux plus faibles sont des impératifs moraux dont l’utilité n’est plus à démontrer pour qui veut renforcer le socle de notre vivre ensemble », a déclaré l’Ambassadeur Maman Sambo Sidikou, Représentant de l’Union Africaine pour le Sahel et le Mali (MISAHEL).

Bakary Fomba

18 avril 2022 0 comments
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