Vie de couple ramadanesque : accompagner les nouvelles mariées

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Pendant le mois de ramadan, les nouvelles mariées traversent de dures épreuves dans leur vie de couple. Ce qui nécessite accompagnement au sein de leurs familles.

Quatrième pilier de l’islam, le jeûne est un exercice de foi auquel se livrent tous les fidèles musulmans en état d’observer le mois de ramadan. Pendant ce 9e mois du calendrier lunaire, qui dure entre 29 et 30 jours, les femmes, notamment les nouvelles mariées, sont confrontées à d’énormes difficultés.   

En plus des obligations de l’islam, qui leur recommande l’exemplarité dans le comportement et la prise de parole, elles doivent faire tout ce qui est nécessaire pour leurs maris et belles-familles. « C’est [elles] qui préparent la rupture pour la famille, [elles doivent] apprendre l’islam […], s’habiller très bien et contrôler [leur] démarche pour ne pas attirer l’attention sur elles », explique l’islamologue Baldé Aboubacar, cité dans cet article sur le rôle des femmes durant le mois de ramadan.

« Un choc indescriptible »

Au Mali, comme dans la plupart des pays à forte communauté musulmane, le jeûne est une période assez particulière. Ce mois —   « au cours duquel le Coran a été « descendu » comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement », pour citer le livre saint des musulmans — s’annonce habituellement par de nombreux mariages. Chaque célibataire voulant avoir une compagnie pour la corvée quotidienne de ce mois. Ces jeunes dames, nouvellement mariées, doivent faire face aux contraintes de ce « mois béni » pour les musulmans.

Mois de solidarité, de communion, d’aide aux personnes démunies, le ramadan est la période durant laquelle de nombreux repas sont partagés en famille ou avec la communauté. Plusieurs mets sont alors préparés et servis à la rupture, augmentant ainsi les charges de la ménagère dans les familles musulmanes. Cette situation n’est pas facile à gérer pour certaines jeunes mariées.

Madame Cissé Kadidia Dama est enseignante au fondamental et mère au foyer. Elle explique à Sahel Tribune le changement radical qui est intervenu dans son mode de vie, quelques jours après son arrivée dans sa famille d’accueil. Elle trouve cette situation comme « un choc indescriptible ». À en croire ses propos, elle n’avait jamais « ressenti autant de pressions sur sa personne ».

Le changement de statut social, les nouvelles responsabilités, les préparatifs pour assurer le nécessaire pour la rupture du jeûne constituent une dure épreuve pour la quasi-totalité de nouvelles mariées. Cette année, elles font face à une situation très particulière : la flambée des prix des denrées alimentaires. En effet, en raison de l’embargo sur le Mali, depuis le 9 janvier 2022, le prix de la plupart des produits de première nécessité a pris l’ascenseur. Ce qui met ces jeunes dames dans une situation « inconfortable ».

Accompagner les nouvelles mariées

Des sachets plastiques à la main, Madame Dicko Yèlorè Barri, élève en classe de terminale, revient du marché ce jour-là, désemparée en raison de la flambée des prix. « Tout est cher !, se plaint-elle. Avec la hausse du prix des produits de première nécessité, il est très difficile de se procurer en quantité et en qualité des produits dont on a besoin sans effectuer des va-et-vient entre les nombreux stands du marché ».

Face à cette situation des nouvelles mariées durant ce mois de ramadan, les belles-familles se doivent de les assister et les accompagner dans leur tâche afin d’amoindrir leurs souffrances. C’est ce que pense Aminata Maïga, mère de trois filles, toutes non mariées, belle-mère de deux jeunes dames nouvellement arrivées.

Après trente ans de vie conjugale, cette vieille dame insiste sur l’accompagnement des jeunes mariées par les familles d’accueil et les familles d’origine pour une meilleure gestion de cette période moins facile. « La plupart de ces jeunes dames sont peu expérimentées dans la cuisine, surtout les préparations durant le mois de ramadan », témoigne Aminata Maïga. Pour elle, laisser ces nouvelles mariées toutes seules se débrouiller reviendrait « à accepter et consommer ce qu’elles cuisinent, peu importe la qualité ».

Mikailou Cissé

Mikailou Cissé
Mikailou Cissé
Mikailou Cissé est professeur de philosophie de niveau secondaire au Mali. Après des études de Master à l'Ecole Normale supérieure (ENSUP) de Bamako, quelques mois de stage à Phileingora lui ont suffi pour faire de l'écriture sa passion. Mikailou produit des articles d'analyse sur la politique et la société.

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