Sahel : l’œil des universitaires nigériens sur « espace de crises et de conflits armés »

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Au Niger, des enseignants-chercheurs de l’Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey comptent apporter leur contribution dans la prévention et la résolution des crises et conflits multiformes secouant le Sahel. Ils se sont réunis, le dimanche 24 octobre, en conférence publique, pour débattre du thème « Le Sahel : espace de crises et de conflits armés ».

« Le Sahel est en proie à des conflits armés avec des niveaux d’atrocité inégalée entraînant des crises humanitaires et la fragilisation du tissu social et économique en lien avec l’abandon des zones de cultures et de pâturages et des infrastructures sociales », rappellent nos confrères de l’Agence nigérienne de presse — ANP.

Au cours d’une conférence publique à la Faculté des sciences et techniques de Niamey, le 24 octobre 2021, à l’initiative du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur public (SYNASUP), des universitaires ont dressé le tableau des crises qui secouent la région du Sahel.

Causes diverses

A l’analyse de ces universitaires, on a dans la région des crises qui ont des causes diverses : naturelles (sécheresses, inondations, ennemis des cultures), territoriales (limite des frontières), identitaires (en référence à une communauté), économiques et politiques (post-électorales).

Pour Dr Moussa Zangao, chef du département sociologie à l’UAMD de Niamey, l’espace sahélien reste fragilisé par différents mouvements allant du « banditisme alimentaire » aux groupes se réclamant du djihadisme en passant par des milices et des rébellions, rapporte ANP. À en croire les explications du Dr Zangao, au moins quatre (4) groupes djihadistes évoluent dans la zone sahélienne.

Dans son intervention, il souligne également « l’entrecroisement des enjeux et la multiplicité des acteurs parties prenantes à la situation sécuritaire au Sahel ». Parmi ces enjeux, il évoque l’interconnexion entre le banditisme et le terrorisme, la mauvaise gouvernance en lien avec la corruption, les trafics de toutes sortes, la prolifération des armes et le potentiel minier et énergétique de cette région.

Perspectives

« Le Sahel est le carrefour des bandits, des terroristes, des rebelles, des djihadistes et des groupes dits parallèles, sortes de complices internes », a-t-il indiqué — en tirant la sonnette d’alarme sur le fait que « nos territoires ne nous appartiendront plus », si on n’en prend garde.

Face à cette situation, les universitaires ont donc estimé important que les intellectuels s’engagent en épaulant les décideurs politiques. Outre cette implication, ils invitent à la satisfaction des demandes sociales, au renforcement des forces nationales et à la mise en cause des accords de coopération militaire.

Le but de cette conférence publique, faut-il le signaler, est d’aller vers la création d’un cadre de concertation et d’échanges entre le monde des intellectuels et les responsables politiques. Cela en prélude d’une étude prospective sur la problématique sécuritaire dans l’espace sahélien. Aussi faut-il souligner que cette conférence publique a coïncidé avec la visite d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU dans le pays du Président Mohamed Bazoum.

La rédaction

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