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Ibrahim Harane Diallo
ActuPolitique

Ibrahima H Diallo : « Le politique n’a pas sa raison d’être s’il ne tient pas compte du bonheur du peuple  »

by Mohamed Camara 10 février 2023
written by Mohamed Camara 6 minutes read

Le 14 janvier 2022, plus de deux millions de Maliens se sont déversés dans les rues, à Bamako et dans les capitales régionales pour contester les sanctions de la CEDEAO, qualifiées « injustes », « illégales » et « inhumaines », contre le Mali. Un embargo infligé après un bras de fer sérieusement tendu entre le Mali et l’organisation sous-régionale autour du délai de la transition.

Pour magnifier cette date de la grande mobilisation du peuple malien, le gouvernement de la transition a institué le 14 janvier comme « Journée nationale de la souveraineté retrouvée », attachée désormais à trois principes essentiels pilotant les autorités de la transition dans l’orientation de l’action publique. À savoir : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des choix de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du Peuple malien dans les décisions prises.

Pour mieux élucider les Maliens sur ces trois principes essentiels qui définissent désormais la gestion de l’action publique au Mali, nous avons eu un entretien avec Ibrahima Harane Diallo, journaliste, politologue, chercheur à l’Observatoire sur la prévention et la gestion des crises et conflits au Sahel (Sahelian peace study center) et chercheur associé à Timbuktu Institut.        

Sahel Kunafoni : comment comprenez-vous la souveraineté ?

Ibrahima H Diallo : la souveraineté est une expression juridique, qui suppose que l’autorité politique d’un État ne relève pas d’un autre sur le plan interne et d’un pouvoir sur le plan international dans la prise de ses décisions, dans la gestion de son territoire. Cette expression a été très populaire en Afrique, notamment en Afrique, au sud du Sahara. N’oublions pas que l’Afrique a été un continent sous la domination occidentale, notamment européenne (France, Angleterre, Italie et Espagne) en moindre mesure.

Pour le cas du Mali, cela suppose que l’État est désormais en mesure de prendre ses propres décisions sans être contraint par un quelconque pouvoir à l’interne. Sur le plan international, il ne soumet ses décisions prises à l’appréciation d’aucun pouvoir extérieur, dans la gestion de son territoire.             

Une simple mobilisation contre les sanctions de l’organisation sous-régionale peut-elle être à l’origine d’une quelconque souveraineté retrouvée ?

Non, je ne pense pas que la mobilisation en tant que telle puisse être à l’origine d’une souveraineté retrouvée. Avant le 14 janvier 2022, le Mali était souverain. Car le pouvoir qui était là avant la transition, le régime de feu Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), n’était pas soumis à un pouvoir interne ou international dans la prise de ses décisions.

Il faut faire la différence entre la collaboration et la soumission. Il y’avait des liens diplomatiques de coopération internationale, soit bilatérale ou multilatérale. Bilatérale, si c’est entre deux États ; multilatérale, si c’est entre plusieurs États, ou au sein d’un organisme régional, sous-régional ou international, comme le cas des Nations Unies.

Toutefois, il convient de noter que cette mobilisation a été une bonne chose. Elle a été une occasion pour les Maliens, dans leur grande majorité, de témoigner leur soutien au pouvoir en place. Généralement, durant les périodes difficiles de l’existence d’une nation, les populations font cette expression de soutien. À ce titre, la journée du 14 janvier a été une journée historique parce qu’elle a permis au peuple malien de s’exprimer librement en termes de soutien ou pas à la transition.

Étant aujourd’hui dans un monde très globalisé et en pleine mutation, pouvons-nous imposer aux autres le respect de sa souveraineté vis-à-vis ?

Bien sûr qu’on peut le faire dans un système globalisé. En se référant à la définition de l’expression, on se rend compte qu’il est bien possible d’imposer le respect de sa souveraineté aux autres. Dans le cadre du système international globalisé, l’État peut accepter librement de laisser une partie de sa souveraineté au profit d’une valeur hautement supérieure et qui intéresse l’ensemble des États au sein du système. Cette volonté délibérée par l’État de laisser une partie de sa souveraineté ne peut pas être analysée comme étant une perte de cette souveraineté ou une difficulté à imposer quoi que ce soit.

On peut décider de délaisser une souveraineté au profit d’un intérêt collectif, comme c’est le cas dans la constitution malienne du 25 février 1992. Dans cette loi fondamentale, le Mali est prêt à perdre une partie de sa souveraineté au profit du panafricanisme.

Comment analysez-vous les trois principes essentiels qui guident les autorités de la transition dans l’orientation de l’action publique ?

J’ai beaucoup apprécié ces trois décisions à savoir, la souveraineté du pays, les intérêts stratégiques de l’État, les intérêts vitaux de la population. C’est vraiment des principes assez importants. Tout État sérieux doit être gouverné sur la base de ces principes parce que le politique n’a pas sa raison d’être s’il ne tient pas compte du bonheur du peuple. Donc le respect des choix stratégiques et des intérêts vitaux des Maliens s’inscrit dans cette logique. Ces principes sont à encourager et à saluer. Après ce pouvoir transitoire, les régimes à venir doivent normalement travailler avec ces principes.

Selon vous les choix stratégiques et les choix de partenaires du Mali étaient-ils remis en cause ou influencés par une force extérieure ?

Je ne pense pas que ce point ait été remis en cause dans le passé. Le précédent régime avait des principes qui régissaient des relations internationales. Il avait coopéré avec les États voisins, avec les pays étrangers, comme la France à travers l’opération Serval, ensuite Barkhane. Il a également coopéré avec les Américains, les opérations militaires dans le nord.

Ces principes n’étaient pas influencés dans une très grande mesure. Mais dans les détails, certains peuvent voir que ces principes avaient été remis en cause. La présence des forces onusiennes et de la force française sur le territoire malien aurait été un obstacle aux prises de décision des autorités, à l’époque, pour aller, seul, faire des opérations sans au préalable recevoir l’ordre de l’équipe qui avait la gestion du système aérien. Dans les détails, il y’avait fréquemment ce genre de situation dans le cadre militaire que beaucoup peuvent concevoir comme une influence sur nos choix stratégiques. Mais je trouve que c’était une volonté délibérée de coopération de ce régime.

Propos recueillis et retranscrits par Mohamed Camara 

10 février 2023 0 comments
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complexe sportif Mohammed VI
ActuSport

Coupe du monde des clubs: le Réal Madrid rejoint  Al Hilal en finale

by Sahel Tribune 9 février 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

C’est sur le large score de 4 buts à 1 que les hommes de Carlo Ancelotti se sont imposés face à El Ahly d’Égypte dans le match comptant pour la deuxième demi finale de la coupe du monde des clubs.

Cette victoire des Merengues leur ouvre la porte de la finale.

Cette large victoire a mis du temps à se dessiner. Il a fallu attendre la 4ème minute, sur une perte de balle de l’international malien, Aliou Dieng pour voir Vinucius Junior ouvrir le score.

Si le premier but a mis du temps à venir, ce ne fut pas le cas du second. Une minute après le retour des vestiaires, Valverde se joue de la défense égyptienne pour inscrire le deuxième but des siens.

Soutenu par le public marocain, les Egyptiens parviennent à recoller au score sur un penalty concédé par Eduardo Camavinga et transformé par Aly Maaloul à la 64ème minute de jeu.

Le penalty de Lucas Modriç qui a été stoppé par le portier de El Ahly n’a pas découragé les joueurs du Réal qui ont inscrit un 3ème but à la 90ème minute sur une action de classe de Rodrygo.

Les 8 minutes d’arrêt de jeu ont été une occasion pour les rentrants de s’illustrer. Le jeune Sergio Arribas d’alourdir le score portant le score à 4 buts à un.

Le samedi prochain, à la première heure, El Ahly jouera contre Flamengo pour la troisième place et le Réal de Madrid lui affrontera El Hilal d’Arabie Saoudite.

MSD

9 février 2023 0 comments
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Maison de réfugiés dans un camp de la région de Mopti
ActuSécurité

Niger : huit réfugiés maliens tués dans une attaque

by Sahel Tribune 9 février 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le 1er février 2023, dans le département de Tillia, dans la région Tahoua, des « individus lourdement armés circulant sur une dizaine de motos sont entrés dans le hameau où ils ont ouvert le feu sur la population constituée principalement d’éleveurs maliens qui ont fui les violences dans leur pays », a indiqué l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, hier, mercredi 8 février 2023, dans un communiqué.

Communiqué de presse : #Niger – "Le HCR condamne l’attaque perpétrée contre un campement de réfugiés maliens dans le département de Tillia (Région de #Tahoua)" pic.twitter.com/Aam1Zlge3h

— UNHCR Niger (@UNHCRNiger) February 8, 2023

Le bilan de cette attaque fait état de neuf (9) personnes tuées, dont huit (8) réfugiés maliens et un ressortissant nigérien. Le HCR souligne également qu’un réfugié malien a été blessé et que six autres personnes sont toujours portées disparues.

Le Niger compte près de 110 000 Maliens réfugiés.  

La rédaction

9 février 2023 0 comments
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Dr. Isabelle Defourny
ActuSécurité

Burkina Faso : Médecin sans Frontière suspend ses activités dans la Boucle de Mouhoum.

by Mohamed Camara 9 février 2023
written by Mohamed Camara 1 minutes read

Suite à « l’assassinat brutal et délibéré », de deux de ses agents, le MSF a annoncé la suspension de ses activités médicales dans la région de la Boucle de Mouhoum, au nord-ouest de Burkina Faso.

Ce mercredi 08 février, dans la matinée, selon le communiqué du MSF, un de ses véhicules « clairement identifiés » et « transportant une équipe médicale de quatre personnes », sur la route de Dedougou et Tougan a été la cible d’un assaut des « hommes armés ».

Le Médecin sans frontière estime qu’il s’agit « d’une attaque délibérée et intentionnelle sur une équipe humanitaire clairement identifiée, dans le cadre de sa mission médicale », explique le Dr Isabelle Defourny, présidente de MSF, élue à la présidence de Médecins Sans Frontières France, en juin 2022.

Les hommes armés ont directement tiré sur l’équipage. Deux agents ont succombé et les deux autres ont pris la fuite. « Les deux victimes, de nationalité burkinabè, étaient employées par MSF en tant que chauffeur, depuis juillet 2021, et superviseur logistique, depuis juin 2020. Ils étaient âgés de 39 et 34 ans, respectivement », précise le MSF dans son le communiqué.

À la suite de cet événement tragique, le MSF a décidé de suspendre ses activités dans la région de la Boucle de Mouhoum.

À rappeler que le Burkina Faso est plongé dans une crise sécuritaire, politique et humanitaire qui a entraîné le déplacement massif de près de deux millions de personnes suite aux violences et combats entre les groupes terroristes et les forces gouvernementales.

Mohamed Camara

9 février 2023 0 comments
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complexe sportif Mohammed VI du Maroc
ActuSport

Complexe sportif Mohammed VI : Les journalistes du continent émerveillés

by Sahel Tribune 8 février 2023
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Plus de 120 journalistes venus d’une trentaine de pays ont visité le complexe sportif Mohammed VI de Salé en marge de la coupe du monde des clubs qui se joue pour la 3ème fois dans le royaume.

La visite de ce complexe sportif de « dernière génération », a été conduite par Omar Khyari, conseillé du président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF).

Au bout de deux heures de visite, les journalistes ont eu un aperçu de ce joyaux architectural construit sur 29,3 hectares à Salé dans la forêt de Maämoura. Situé à 120 Km de Casablanca, ce complexe sportif a été inauguré en décembre 2019 par le Roi Mohammed VI.

¨Pour les équipes nationales africaines qui souhaitent se concentrer

D’un coût de réalisation de 630 millions de dirhams, le complexe est doté d’infrastructures et d’équipements de pointe, conformes aux standards de la FIFA. « Lors de sa visite dans ce complexe, Gianni Infantino, le président de la FIFA a affirmé que c’est une infrastructure dans le top 3 mondial », a dit Omar Khyari.

Ce complexe selon Omar Khyari est le fruit d’un travail de développement entamé en 2014.

Avec ses 4 terrains de football en gazon naturel, trois terrains en gazon synthétique, un terrain couvert, un terrain hybride, une salle de réathlétisation qui peut accueillir des matchs de Futsal, une piscine olympique, deux courts de tennis et un terrain de Beach soccer, le complexe en plus d’accueillir l’équipe nationale A du Maroc, les équipes U23 et 17, est aussi mis à la disposition « des équipes nationales africaines qui souhaitent venir se concentrer ici au Maroc ».

complexe sportif Mohammed VI
Des journalistes du continent africain visite le complexe sportif Mohammed VI. MSD

Selon Omar Khyari, le stade reçoit les équipes nationales dont les pays n’ont pas reçu d’homologation de la CAF. Cette solidarité de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) fait échos à la conviction de son président, Faouzi Lekjâa selon qui « la réussite du football africain ne peut pas être individuelle, elle ne sera que collective ».

Accueillir la CAN 2025

Venu du Mali, Boubacar Thiéro, journaliste au quotidien national l’Essor se dit émerveillé par la qualité de l’infrastructure et les commodités qu’il offre à ses pensionnaires. « Après avoir visité ce complexe, je peux dire que l’exploit du Maroc à la dernière coupe du monde au Qatar n’était pas un hasard.  C’est le fruit d’un travail professionnel et sérieux de la part de la fédération royale marocaine de football. Je pense que c’et exemple doit inspirer », dit-il.

Après avoir été accueilli par Walid Regragui, le sélectionneur des lions de l’Atlas et visiter le complexe sportif Mohammed VI, Zié Diarra du Burkina Faso estime que le Maroc est prêt pour accueilli toutes les compétitions aussi bien continentales qu’internationale à commencer par la Coupe d’Afrique des Nations 2025.

Avec ses 200 pelouses synthétiques aux normes et une vingtaine de stades avec des pelouses naturelles le Maroc, de l’avis des journalistes du continent, ce complexe sportif mérite d’accueillir la CAN  2025.

MSD

8 février 2023 0 comments
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Téléphone mobile
Actu

Numérique : dans un monde hyperconnecté, peut-on passer des jours sans téléphone ?

by Bakary FOMBA 7 février 2023
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Pour faire une pause et prendre du temps pour soi, en laissant son smartphone de côté, et de se déconnecter des réseaux sociaux, la journée mondiale sans téléphone portable a été initiée en 2001, par Phil Marso, écrivain français. Mais depuis 2004, cette journée est passée à trois jours (6 au 8 février).

Du 6 au 8 février de chaque année, le monde célèbre les Journées mondiales sans téléphone portable. Trois jours pendant lesquels le public est invité à réfléchir à l’usage qu’il fait des téléphones portables. Dans un monde où la technologie est omniprésente et où le nombre de téléphones portables augmente de façon exponentielle, cette mission semble être quasiment impossible.

Moment important pour éviter le télésnobisme

Aujourd’hui, le téléphone reste le moyen de communication le plus rapide au monde, et la population mondiale, notamment les jeunes, est devenue de plus en plus dépendante de leurs smartphones. Les réseaux sociaux, les sms, la musique font partie intégrante de leur quotidien.

En effet, les Journées mondiales sans téléphone portable sont des moments importants pour éviter le télésnobisme, une attitude qui consiste à traiter nos semblables comme de simples objets en ayant les yeux et l’esprit rivés dans son téléphone. Malheureusement, cette attitude s’est considérablement installée dans les relations humaines au point d’être l’une des causes majeures de la dislocation des liens sociaux.

Tout en attirant l’attention du public sur cette réification de nos semblables et cette dislocation des liens sociaux, ce rendez-vous annuel apparait comme un moyen de réfléchir à notre relation avec les technologies numériques. Il s’agit, notamment de se souvenir de ce qu’était la vie avant l’avènement du téléphone portable.

Intenable

Cependant, cette occasion de ranger son smartphone et de se concentrer sur des choses plus importantes (relations avec les membres de la famille ou les amis, la lecture ou le fait de prendre du temps pour soi) semble être intenable pour bon nombre de personnes.

« Le téléphone est devenu un outil indispensable dans ma vie. J’y suis toujours attaché, quel qu’en soit le lieu où je me trouve », affirme Oumou Diallo, étudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg) de Bamako. À en croire cette jeune étudiante, « passer 24 h sans mon téléphone portable est quasiment impossible dans la mesure où toutes mes activités y sont liées ».

De même, Karim Djiré, Community manager d’une page Facebook, basé à Bamako, affirme l’impossibilité de se « passer de son téléphone » pendant au moins 24 h. « La réalité de mon travail ne me permet pas de me passer de mes appareils numériques aussi longtemps. Ce sont des outils qui nous servent à gérer nos pages, traiter nos commandes, communiquer avec nos clients », a-t-il laissé entendre.

Effets négatifs

Bien que les smartphones soient des outils très puissants et efficaces dans le quotidien de l’homme, il est à noter tout de même que ces appareils ont leurs effets négatifs.

Selon Siaka Mallé, médecin à Kalaban-coro, quartier du sud-est du district de Bamako, « l’utilisation excessive du téléphone portable est néfaste pour la santé, notamment les yeux ». Pour lui, il serait « nécessaire de réduire le temps passé sur son téléphone portable, afin de préserver une bonne santé ».

Au-delà de cet aspect, faut-il noter que l’utilisation excessive du téléphone reste aujourd’hui l’une des causes majeures de la dégradation des liens sociaux. « Le téléphone nous éloigne de ceux qui sont réellement proches de nous pour nous rapprocher virtuellement de ceux qui sont physiquement loin de nous », déplore Ladji, vieux d’une soixantaine d’années, basé à Kabala. À en croire ce vieux père, le « téléphone portable constitue aujourd’hui l’une des sources de la dégradation des relations humaines ».

Bakary Fomba

7 février 2023 0 comments
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Festival sur le Niger Soirée théâtrale
ActuSeko ni Donko

Ségou’art : duo théâtral sur la vie de Amadou Hampaté Bah

by Mohamed Camara 6 février 2023
written by Mohamed Camara 3 minutes read

En marge des festivités de la 19e édition de Ségou art-Festival sur le Niger, un duo théâtral de Habib Dembélé dit Guimba national, et de Tom Diakité, jouant à la guitare et chantonnant, a tenu en haleine, des spectateurs venus de tous les horizons pour prendre part à cette manifestation artistique et culturelle dans la cité des balazans. Les amoureux de la culture malienne et africaine ont été entrainés dans un voyage sur la vie de Amadou Hampaté Bâ, samedi 4 février 2023, dans la soirée, au Centre Culturel Koré.

En cette soirée du samedi, le Centre culturel Korê est rempli des spectateurs de tout âge, venus s’émerveiller des scènes théâtrales éducatives. Habib Dembélé dit Guimba national, malgré le poids de l’âge qui se fait sentir sur lui, n’a rien perdu de son talent de comédien.

Pour la 19e édition du Festival sur le Niger, il interprète dans une pièce de théâtre la vie de Amadou Hampaté Bâ, l’écrivain légendaire malien. « Dans ce théâtre, nous allons interpréter Amadou Hampaté Bâ, et aussi nous lui donnerons la parole », précise Guimba national au début du spectacle.

Sur un pupitre installé sur la scène théâtrale se tient tantôt Guimba pour lire des passages du patrimoine immatériel de Amadou Hampaté Bâ. Tantôt il danse sous les sonorités de la guitare jouée par Tom Diakité qui chantonne aussi. Guimba déambule des pas de danse sarcastique, tel un militaire, et les citations de l’écrivain vont écho.

Éveiller la sagesse dans les esprits juvéniles

Né à Bandjagara en 1900, Amadou Hampaté Bâ a été un homme qui dédia sa vie à l’écriture jusqu’à la fin de sa vie, à l’âge de 90 ans. Gamin dans les rues de Bandjagara, le jeune Hampaté Bâ devient un élève du sage Thierno Bocar, dont les enseignements de ce dernier l’influencèrent durant toute sa vie. Après son cursus scolaire, qui le conduit à Bamako, il devient agent de la mairie, écrivain en même temps. L’homme consacra sa vie à l’enseignement.

Le premier voyage de Hampaté Bâ en France a eu lieu quand il avait l’âge de 50 ans, à l’occasion duquel il disait « je viens en France quand je connais déjà des choses de la vie ». A son retour au Mali, il anima des émissions radiophoniques sur la culture africaine et outre-mer, publia de nombreux articles sur l’univers culturel africain et surtout sur la tradition orale dans la presse.

De son école de caméléon et son adresse à la jeunesse africaine, Guimba dresse les enseignements de Amadou Hampaté Bâ de façon ordonnée et chronologique pour éveiller la sagesse dans les esprits juvéniles, dira-t-il à la fin du spectacle.

« Informer, guider et encourager les jeunes »

Guimba commente certaines citations de Hampaté Bâ, « pour contextualiser avec l’ère que nous vivons », indique-t-il.

Selon lui, l’écrivain, légendaire conteur et l’expert traditionaliste de l’oralité qu’était Hampaté Bah reste un modèle pour tous les Maliens et Africains, surtout cette nouvelle génération de l’ère numérique.

« Informer, guider et encourager les jeunes à travers la vie de Amadou Hampaté Bâ était l’objectif de ce duo théâtral avec mon ami Tom Diakité », conclut Guimba national.

C’est sous une acclamation de la publique que l’œuvre s’achève.

Mohamed Camara, envoyé spécial à Ségou   

6 février 2023 0 comments
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